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Publié le 30 Novembre 2015

Vaporisateur personnel : sauver des vies grâce à la nicotine !

Mise à jour avec les nouvelles préfaces.

Mille messages pour la vape, un livre pour l’Histoire

Le tabagisme est un fléau qui pourrait être évité. Ce n'est pas la nicotine qui tue. Pour sauver des vies il faut que les fumeurs arrêtent d'inhaler de la fumée. L'arrivée du vaporisateur personnel est une vraie révolution dans le domaine de l'arrêt du tabac. Scientifique de formation et tabacologue, c'est la première fois que j'assiste à un tel phénomène ! Les fumeurs arrêtent de fumer dans le plaisir et non plus la souffrance, et en plus ils en parlent entre eux sur les réseaux sociaux. Ce sont les fumeurs eux-mêmes qui l'ont découvert et essayé, on ne leur a pas imposé. Malheureusement, les autorités de toutes sortes s'opposent au développement de l'utilisation du vaporisateur, car ils n'ont rien compris au phénomène. Nos législateurs viennent d'entériner la proposition de loi de santé, tout comme l'ont fait les députés européens avec la Directive tabac en 2014, en imposant des restrictions drastiques à l'utilisation du vaporisateur, sans demander leur avis aux utilisateurs eux-même. Pourtant depuis un certain nombre d'années, dans le domaine de la réduction du risque (VIH, drogues injectées) il existe un slogan qui a marqué les esprits : « rien pour nous, sans nous ». Même si cela semble vain, les vapoteurs ont encore envie de faire entendre leurs voix, et je les soutiendrai sans relâche pour qu'ils soient enfin entendus.

Vap'You : Mille messages pour la vape à Marisol Touraine

Le blog de Marisol Touraine où vous pouvez lui laisser un message, lui dire comment la vape vous a libéré du tabac : Question d’actualité du 24 novembre sur la loi de santé

Message de Vap'You : Rejoignez-nous sur twitter pour diffuser massivement les témoignages de vapoteurs, et tenter de toucher la presse et les parlementaires.
>> Consigne : rendez-vous sur le compte https://twitter.com/LaissezNsVaper/media qui accueille tous les témoignages et retweetez les message avec l’option « citer » et en y insérant bien le ‪#‎MST1000‬ et le lien vers la page de Marisol Touraine http://bit.ly/1XpQarv.
>> Vous pouvez aussi interpeller vos contacts, commenter, liker ou même retweeter les autres tweet que vous voyez passer, etc… Toujours courtois bien sûr !

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Publié le 12 Octobre 2015

Traduction du blog du Dr Konstantinos Farsalinos.

Une nouvelle étude a été publiée par un groupe de chercheurs espagnols dans la revue Current Environmental Health Reports (accès gratuit au texte intégral ici). L'étude a fait une revue de la littérature et a également fait une étude d'observation dans la maison d'un vapeur, celle d'un fumeur et deux maisons où l'on ne fume ni ne vape, afin de comparer les niveaux d'exposition aux PM2,5 (particules fines).

Dans le résumé de l'étude, ils présentent les résultats de leur étude observationnelle ainsi : "Dans l'étude d'observation, la concentration médiane de PM2.5 était de 9,88 µg/m3 dans la maison où l'on vape et 9,53 et 9,36 µg/m3 dans les maisons sans fumée ni vape, avec des pics de PM2,5 simultanées aux bouffées d'e-cigarette". Curieusement cependant, dans la partie de conclusion du résumé, ils mentionnent: "Conclusion. Tant l'examen de la littérature que l'étude d'observation indiquent que l'e-cigarette utilisée dans des conditions habituelles émettent des substances toxiques, y compris des particules PM2,5 ".

Il semble que la conclusion soit contraire aux conclusions de leur petite étude observationnelle. En effet, le graphique qui montre la concentration de PM2,5 dans les foyers montre clairement que les niveaux dans la maison de vapeur de les maisons de non-fumeurs sont pratiquement indiscernables, à part quelques très petits pics au moment de la prise des bouffées d'e-cigarette. Dans le même temps, les niveaux de PM2,5 dans la maison du fumeur étaient environ 60 fois plus élevées.

Une nouvelle étude indique que l'e-cigarette émet des toxines dans l'environnement, mais les auteurs n'en trouvent pas vraiment...

Il est facile d'identifier les différences énormes, non seulement sur les niveaux de fond, mais aussi sur les pics associés avec les cigarettes de tabac (A, B et C), par rapport aux pointes minimes lors de la prise bouffées d'e-cigarette (astérisques).

La revue de la littérature a inclus une étude de Schober et al., La seule étude jusqu'à présent qui a trouvé des hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP) émis dans l'environnement par l'utilisation d'e-cigarette. J'ai soumis une lettre à l'éditeur au sujet de cette étude, dans laquelle j'ai expliqué qu'une erreur méthodologique importante était qu'ils ont évalué les niveaux environnementaux de base sur un autre jour que celui de l'utilisation d'e-cigarette, et j'ai fourni des références qui montrent que les niveaux de HAP peuvent changer de façon significative d'un jour à l'autre ou même au cours d'une même journée. En outre, certaines des études présentées dans la revue ont évalué le contenu en aérosol expiré d'e-cigarette dans de petites chambres de verre (volume 8-10L), qui est bien sûr un volume très faible par rapport à un volume de plusieurs m3 d'une pièce où l'aérosol exhalé est dispersé dans des conditions réalistes.

L'étude espagnole est un exemple classique et évident d'une mauvaise interprétation des résultats d'une étude. Leur conclusion devrait être que les niveaux de PM2,5 dans la maison d'un vapeur se distinguent à peine de ceux de la maison d'un non-fumeur, et sont significativement plus faible que les niveaux mesurés dans la maison d'un fumeur. En outre, ils ignorent encore une fois que la composition des particules est d'une importance vitale dans la détermination de tout risque. Les particules des produits de combustion comme celles émises par les cigarettes et qui sont associées à la pollution de l'environnement sont très différents des micro-gouttelettes de PG, VG, de l'eau et de la nicotine qui composent les émissions d'e-cigarette.

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Publié le 9 Octobre 2015

Les méfaits ou l'euphorie ? Réglementer les stupéfiants, l'alcool et la nicotine.

Cet article (en anglais) de Clive Bates* est paru dans le journal Politique internationale

C'est avec son accord que je vous propose quelques extraits.

L'introduction commence ainsi :

Les drogues récréatives représentent une très grande industrie mondiale, peut-être deux trillions de dollars par an. Le marché est estimé à 1000 milliards de dollars pour l'alcool, 800 milliards pour la nicotine et 330 milliards pour les drogues illicites. Ces estimations sont des approximations, mais elles donnent une idée de l'immense échelle de l'entreprise d'approvisionnement et, bien sûr, la demande et la volonté (ou le désespoir) à payer pour l'expérience de l'utilisation de drogues récréatives. L'utilisation de certaines drogues récréatives telles que la caféine est tellement omniprésente qu'elle n'est souvent même pas considérée comme une drogue. Les divers cadres politiques pour gérer les risques et les avantages de ce vaste commerce sont vétustes, et loin d'offrir les meilleurs résultats globaux de bien-être.

Puis il continue en développant les politiques émergentes sur la réduction des risques et des méfaits :

L'idée importante est que de nombreuses drogues, y compris les «drogues dures» peuvent être utilisées de façon relativement sûre si elle sont utilisées avec modération. Cela ne veut pas dire qu'il faut négliger les caractéristiques addictives ou la tolérance à certaines drogues, ce qui signifie que des doses plus importantes deviennent nécessaires pour maintenir un effet. Et je ne cherche pas à minimiser les effets de l'intoxication en termes de sécurité ou comme une cause de violences. Cependant, une grande partie des dangers pour l'individu découle de la méthode d'administration de la drogue et des conditions dans lesquelles elle est obtenue. Quelques exemples sont présentés ci-dessous pour éclairer cet argument.

Il parle successivement des drogues associées aux rave parties (ecstasy), des drogues injectées, de l'alcool, puis de la nicotine. Je vais ici traduire la partie sur la nicotine :

Nicotine

L'exemple le plus fort de la fausse confusion entre l'usage de drogue et le préjudice est le cas de la nicotine. Il y a plus d'un milliard de fumeurs dans le monde, consommant environ six billions (1012) de cigarettes par an. Fumer provoque des maladies et une mort prématurée, principalement par le cancer, les maladies cardiovasculaires et les maladies respiratoires. L'Organisation mondiale de la santé estime que 100 millions de personnes sont mortes de maladies dues au tabac au 20e siècle et, selon les tendances actuelles, un milliard mourront prématurément au 21e siècle. Toutefois, l'agent psychoactif primaire du tabac, la nicotine, n'est pas en soi particulièrement nocif. Il fournit aux utilisateurs le contrôle de l'humeur et de l'anxiété (expliquant sa popularité dans les périodes de guerre), l'amélioration de la concentration et peut même avoir des effets protecteurs contre certaines maladies. Cependant, c'est le système de délivrance dela nicotine - les particules de fumée et de gaz toxiques provenant de la combustion de matière organique - qui cause la plus grande partie des méfaits à l'utilisateur. On sait depuis quatre décennies que: "les gens fument pour la nicotine, mais meurent du goudron". Comme pour les seringues sales [ndlt: référence aux échanges de seringues pour les drogues injectées, citée dans un paragraphe précédent], s'il est possible de trouver un système d'administration propre pour la nicotine, alors une grande partie de la morbidité pourrait être éliminée, si il est adopté de façon généralisée comme une alternative à la cigarette.

Le Collège royal britannique des médecins a effectué la synthèse des données scientifiques sur le tabac et le tabagisme depuis son rapport révolutionnaire sur le tabagisme et la santé de 1962. Dans son rapport de 2007, son œuvre majeure sur la «réduction des risques», le Collège royal des médecins a mis en avant les options à risque réduit pour les utilisateurs de nicotine:

Ce rapport met en avant les stratégies de réduction des risques visant à protéger les fumeurs. Il démontre que les fumeurs fument principalement pour la nicotine, que la nicotine elle-même n'est pas particulièrement dangereuse, et que si la nicotine pouvait être délivrée sous une forme qui est acceptable et efficace comme substitut aux cigarettes, des millions de vies pourraient être sauvées.

Cette réflexion est à la base du soutien pour l'utilisation de tabac non fumé comme le snus, du tabac mis dans un sachet et placé entre la lèvre et la gencive, la nicotine est absorbée directement dans la circulation sanguine. Le snus est largement utilisé en Scandinavie et dans une moindre mesure aux États-Unis. Il est susceptible d'être au moins 98% moins risqué que de fumer, en prenant en compte tous les sites de cancer, et il est la raison pour laquelle la Suède a les taux les plus bas de tabagisme et de maladies dues au tabac dans le monde. L'utilisation du snus fournit une preuve convaincante du concept de réduction des risques et des méfaits par l'intermédiaire un système d'administration de nicotine alternative.

Cela a également fait que de nombreux experts ont accueilli l'émergence de l'e-cigarette et d'autres technologies de vaporisation comme une opportunité plutôt qu'une menace, bien que beaucoup d'activiste de la lutte antitabac soient souvent opposés à ces technologies, croyant que leur but est d'attirer et "d'accrocher" de nouveaux utilisateurs. Le poids de la preuve est fortement du côté de ceux qui y voient un grand potentiel, avec une bonne réglementation il n'y a aucune preuve pour suggérer un quelconque «effet passerelle» et les éléments de preuve font plutôt penser que les cigarettes électroniques sont une alternative au tabagisme, même pour les jeunes utilisateurs. C'est ce qu'a conclu un rapport d'expert pour le gouvernement par l'agence anglaise de la santé publique [ndlt: cet article ayant été écrit en mai 2015, il n'a pas pu faire référence au rapport du Public Health England, paru en août dernier, mais à celui de l'an dernier].

Fumer tue, et des millions de fumeurs en vie aujourd'hui mourront prématurément de leur tabagisme, sauf qu'ils arrêtent de fumer. Ce fardeau retombe principalement sur les plus défavorisés dans la société. La prévention des décès et des invalidités exige des mesures qui aident le plus grand nombre possible de fumeurs actuels à cesser de fumer. La possibilité de passer à la cigarette électronique comme une source alternative et beaucoup plus sûr de nicotine, comme un choix de vie personnelle plutôt qu'un service médical, a un énorme potentiel pour atteindre les fumeurs actuellement réfractaires aux approches existantes. L'émergence de la cigarette électronique et l'arrivée probable de dispositifs contenant de la nicotine plus efficaces, actuellement en développement, fournit une alternative radicale au tabac, et les preuves à ce jour suggère que les fumeurs sont prêts à utiliser ces produits en nombre substantiel.

Les cigarettes électroniques, et d'autres dispositifs délivrant de la nicotine, offrent donc de larges avantages potentiels pour la santé, mais maximiser les bénéfices tout en minimisant les méfaits et les risques pour la société exige une réglementation appropriée, une surveillance attentive, et la gestion des risques. Toutefois, la possibilité d'exploiter ce potentiel dans les politiques de santé publique, en complément des politiques globales de lutte antitabac existante, ne devrait pas être manquée.

Le défi majeur pour la poursuite du développement de produits plus sûrs délivrant de la nicotine sera le cadre réglementaire émergent aux États-Unis et dans l'Union européenne, et la direction fixée par l'Organisation mondiale de la Santé. Cela nécessitera une compréhension claire, chez les utilisateurs et les décideurs politiques, des risques relatifs impliqués dans les différentes façons de prendre la nicotine. La principale différence est entre les produits comportant une combustion et ceux qui ne comportent pas de combustion, mais juste une vaporisation de la nicotine: la différence de risque est de 1 à 2 ordres de grandeur. Les avantages potentiels de la construction de cette vision dans les politiques de santé sont extrêmement grands.

Clive Bates propose ensuite des pistes pour une réglementation rationnelle des drogues :

  • Évitez des objectifs irréalistes. Nous devrions accepter qu'une société sans drogue ou sans risque est impossible et peu souhaitable, et les efforts pour y parvenir seront extrêmement nuisible, comme ils l'ont toujours été dans le passé.

  • Focaliser les objectifs sur les méfaits et le bien-être. L'objectif des politiques devrait être de gérer l'utilisation des drogues récréatives de façon à maximiser le bien-être et réduire les méfaits, tout en respectant les libertés individuelles et les choix personnels. [...]

  • Développer une justification claire de l'intervention. Les choix politiques doivent être fondés sur une justification claire de l'intervention du gouvernement, largement basés sur : la prévention des dommages à des tiers; la réduction des méfaits pour les utilisateurs sans empêcher l'utilisation; et la limitation de l'adoption par les nouveaux utilisateurs, mais médiés par le respect de la liberté individuelle et le droit de se livrer à des comportements à risque s'ils ne nuisent pas à autrui.

  • Évaluer tous les coûts, les risques et les avantages pertinents. Le cadre politique doit être fondé sur un examen nuancé des risques et des avantages de l'usage des substances psychoactives et des risques et des avantages des interventions politiques, en prenant attentivement en compte l'impact des conséquences imprévues, mais prévisible, de politiques mal conçues.

  • La réglementation doit être proportionnelle au risque. Là où les utilisateurs ont un éventail d'options pour obtenir des effets fonctionnels similaires, un soin particulier doit être pris afin d'assurer que la réglementation ne faussent pas le choix ou favorise des options plus risquées. [...]

  • Appliquer les principes de bonne réglementation. Les mesures réglementaires doivent être fondées sur les preuves, proportionnées au risque, et non discriminatoire, tout en étant soumises à la justification et à la remise en cause afin d'être modifiées en réponse à de nouvelles informations. Ce sont des tests qui devraient être appliqués à la réglementation de tout marché de la consommation, et il n'y a aucune raison de ne pas les appliquer aux drogues récréatives.

  • Considérez la situation non seulement le produit. Les décideurs doivent tenir compte de la situation dans laquelle les drogues récréatives sont utilisées, qui peuvent aller de siroter du vin dans un restaurant parisien haut de gamme, à la misère d'une fumerie de crack mexicain. Les préjudices sont souvent définis par le contexte, et peuvent être atténués par l'amélioration de la situation dans laquelle les drogues sont utilisées.

  • Aider les consommateurs à faire des choix grâce à une bonne communication. Dans la communication des risques, il est nécessaire, mais il ne suffit pas, de dire simplement la vérité. Les communicateurs de risques doivent dire la vérité mais aussi prendre soin d'assurer que la communication est correctement comprise et basée sur une compréhension scientifique réaliste des risques.

  • Engager les consommateurs comme des parties prenantes. Beaucoup de consommateurs ont des connaissances et des idées qui ne sont pas appréhendées par la littérature scientifique, et il y a beaucoup de jugements de valeur dans l'élaboration des politiques qui ont besoin d'être informés par les personnes directement touchées. Le mantra "Rien pour nous sans nous", qui trouve son origine dans le discours politique sur la réponse au HIV/sida doit résonner dans les oreilles de ceux qui font la politique sur les drogues récréatives.

Enfin il termine avec un chapitre sur les jeunes :

Compte tenu de l'émotion, de la peur et de la colère qui entoure cette question, les idées discutées ci-dessus représentent un ordre du jour extrêmement difficile pour quiconque prend des décisions, même si une large reconnaissance est à gagner pour les dirigeants qui finiront par les mettre en œuvre. Les arguments contre les interdictions et pour une réglementation éclairée, axée sur les risques, sont extrêmement forts. Cependant, les opposants à cette direction dans la pensée politique ont ce qu'ils considèrent comme un argument puissant de force majeure qui remplace tout: "pensez aux enfants".

Bien sûr, nous devons penser aux enfants. Mais nous ne devons pas laisser la société adulte être mise en forme par des tentatives excessives de contrôler le comportement des jeunes ou de les isoler de la vie adulte. Quand il s'agit de parler de drogues récréatives, nous devons reconnaître que beaucoup de jeunes grandissent avec un appétit pour le risque, sont hostiles à l'autorité, recherchent des expériences d'adultes pour se lier avec l'autre, et ainsi de suite. Tout comme la disponibilité de la contraception pour les adolescents peut sembler cautionner le sexe chez les adolescents, elle offre une meilleure stratégie que l'abstinence prônée par des mots comme "seul le vrai amour attend" suivie par d'inévitables grossesses chez les adolescentes.

Beaucoup peut être fait pour décourager l'usage de drogues chez les adolescents, mais trop de découragement ou de blocage stimulera une opposition de principe à l'autorité imposées par les adultes. Pour obtenir les meilleurs résultats en matière de bien-être, nous devrions traiter les jeunes avec respect et essayer de réduire les risques auxquels ils sont exposés, par une approche similaire à l'approche éclairée de l'utilisation de drogues récréatives chez l'adulte. La réaction à l'augmentation de l'utilisation d'e-cigarettes par les adolescents aux Etats-Unis a fourni un aperçu fascinant des divisions de la santé publique. Pour certains, c'est une tragédie et il y a urgence, exigeant une intervention réglementaire énergique. Pour d'autres, y compris moi, c'est un triomphe, car elle est accompagnée d'une baisse record du tabagisme chez les adolescents - il semble que la technologie bien moins nocive de délivrer de la nicotine, qu'est l'e-cigarette, est en train de remplacer le moyen le plus dangereux de prendre de la nicotine : le tabagisme.

*Clive Bates a eu une carrière diversifiée dans le secteur privé, public et associatif, notamment en tant que Directeur de Action on Smoking and Health (Action sur le tabagisme et la santé) au Royaume-Uni et en tant que membre fondateur de la Transform Drug Policy Foundation. Il dirige maintenant Counterfactual, une société de conseil et de plaidoyer des approches novatrices pour le développement durable.
Cet article a été écrit sans financement et a été initialement publié dans un numéro spécial de la Revue politique française, Politique Internationale - Numéro spécial: La santé publique et la politique fiscale. Septembre 2015. Paris, France.

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Publié le 16 Septembre 2015

Evidence about electronic cigarettes: a foundation built on rock or sand? Les preuves sur la cigarette électronique : basées sur le roc ou sur le sable ?

The original publication can be found here (paywall) / la publication originale est disponible ici (seulement aux abonnés): BMJ article

Prof Ann McNeill, Professor of Addictions, UK Centre for Tobacco and Alcohol Studies, National Addiction Centre, Institute of Psychiatry, King's College London, UK.

McKee and Capewell recently criticised Public Health England’s position on e-cigarettes (EC) [1] and our report underlying it [2], in a Lancet letter [3], the media [4], and now again in this BMJ article [5]. Their statement ‘directors of public health and the wider community desperately need advice on EC that is evidence based and free from any suspicion of influence by vested interests’ [5] is offensive.

We have an extensive track record of research dedicated to understanding smoking behaviour and helping smokers stop smoking, published hundreds of primary research articles on smoking, nicotine, and EC and have many years of clinical experience in smoking cessation treatments. During that time we have not taken any funds from the tobacco or EC industry. In contrast, McKee and Capewell are not experts in this field – they have carried out no tobacco dependence, smoking cessation, or EC research - but they have a history of warning smokers and health professionals about EC dangers [6-10]. This may explain their interest in trying to undermine the message that vaping is much safer than smoking and that the public misperception of the relative dangers needs to be corrected.

Several responses to their earlier accusations and inaccuracies have been published [11-14] which were ignored in their latest ‘analysis’. Space constraints allow us to address only a few errors in this latest piece.

1. Defining the role of e-cigarettes.

The analysis states that EC supporters ‘focus narrowly on existing smokers, comparing the device effects with those of smoking conventional cigarettes’ while EC opponents compare vaping with non-smoking and believe that it should be discouraged because of ‘concern about the uptake of EC among people, especially children and adolescents, who would not otherwise smoke and about their long term health effects’.

Comparing vaping with smoking is not a narrow focus. The fundamental task of tobacco control is to reduce death and disease caused by smoking. Switching from smoking to vaping avoids most of the risks of smoking (notwithstanding potential long-term effects) and smokers should be
encouraged to do so. The charge that EC should not be promoted because there is no clear
evidence that they are more effective than current stop-smoking medications is a non-sequitur.
EC currently are much more popular than other treatments and hence have much wider reach and potential for a major public health impact.

We share concerns about uptake of smoking and EC use among children (discussed below). Our
report carefully examined the relevant evidence and noted the continuing decline in cigarette
smoking, which is the only test of whether EC are ‘renormalising’ smoking that matters.

2. Dual use

McKee and Capewell’s statement that we rarely used this term is inaccurate. We did, additionally
making this clear statement ‘As per existing NICE guidance, all smokers should be supported to stop smoking completely, including ‘dual users’ who smoke and use EC’. These ‘dual users’ should not be castigated – most of them are trying to stop smoking and need clear messages about how they can best achieve that goal. In contrast to McKee and Capewell, our report provided some advice about how best to do that.

3. Health effects and quality of evidence

The estimate of relative risk is a matter of logic. Risky chemicals in tobacco smoke are either absent from EC vapour or present at levels much below 5%, and the key chemicals present in EC only are not expected to pose serious health risks. We explained this previously [11] and the accusations about the work of Nutt and colleagues and conflict of interests have been addressed elsewhere [15]. The authors highlight the dangers of formaldehyde - our report covered this false alarm extensively.

4. Gateway effect

The danger of EC luring children to smoking seems to be the core of the authors’ opposition to EC. They present as evidence for this a study suggesting that the same young people who try vaping also try smoking [16]. The authors of this paper acknowledged that their study provided no evidence of causation. EC have not promoted smoking or vaping in children in Great Britain. Daily vaping in non-smokers is extremely rare [17].

Conclusions

We believe that there are much stronger grounds for criticising the stance of McKee and Capewell than for attacking the PHE position. The evidence of relative safety of EC and of the lack of any gateway effect is much stronger than any evidence to the contrary; misinforming smokers and health professionals about the relative risks of smoking and vaping is wrong; and discouraging smokers from using EC is irresponsible, however much the safe-sounding ‘precautionary principle’ is invoked. Overall however, we agree, as stated clearly in our report, that there remain areas of uncertainty and that ongoing careful monitoring of EC safety and of its population impact is necessary. If problems emerge, regulatory solutions need to be ready.

References
1 Public Health England: E-cigarettes: a new foundation for evidence-based policy and practice. PHE publications gateway number: 2015260
2. McNeill A, Brose LS, Calder R, Hitchman SC, Hajek P, McRobbie H. E-cigarettes: an evidence
update. A report commissioned by Public Health England 2015
3. McKee M, Capewell S. Electronic cigarettes: we need evidence, not opinions. Lancet Lond Engl. Published Online First: 4 September 2015. doi:10.1016/S0140-6736(15)00146-4
4. Boseley S. Public Health England under fire for saying e-cigarettes are 95% safer. The Guardian. 2015.http://www.theguardian.com/society/2015/aug/28/public-health-england-und...
(accessed 14 Sep2015).
5 McKee M, Capewell S. Evidence about electronic cigarettes: a foundation built on rock or sand? BMJ Published Online First: 2015. doi:10.1136/bmj.h4863
6 McKee M. E-cigarettes and the marketing push that surprised everyone. BMJ 2013;347:f5780. doi:10.1136/bmj.f5780
7 McKee M. Electronic cigarettes: peering through the smokescreen. Postgrad Med J 2014;90:607–9. doi:10.1136/postgradmedj-2014-133029
8 McKee M. Electronic cigarettes: proceed with great caution. Int J Public Health 2014;59:683–5. doi:10.1007/s00038-014-0589-z
9 Diethelm P, McKee M. Nicotine: not just an unregulated poison but now a potential chemical
weapon. Eur J Public Health. 2011 Dec;21(6):681. doi: 10.1093/eurpub/ckr148.
10 BMJ Investigation Examines Bitter Dispute over E-cigarettes in the Public Health Community - ScienceNewsline. http://www.sciencenewsline.com/articles/2015062423580006.html
(accessed 14 Sep2015).
11 McNeill A, Brose LS, Calder R, et al. E-cigarettes: the need for clear communication on relative risks. Lancet Lond Engl Published Online First: 31 August 2015.
doi:10.1016/S0140-6736(15)00079-3
12 O’Connor R, Fenton K. E-cigarettes: spelling out the available evidence for the public.
Lancet Lond Engl Published Online First: 2 September 2015. doi:10.1016/S0140-6736(15)00107-5
13 Britton J. E-cigarettes, Public Health England, and common sense. Lancet Lond Engl. Published Online First: 4 September 2015. doi:10.1016/S0140-6736(15)00145-2
14 Polosa R. E-cigarettes: Public Health England’s evidence based confusion? Lancet Lond
Engl Published Online First: 4 September 2015. doi:10.1016/S0140-6736(15)00133-6
15 Nutt D, Hulbert J. Blinded by smoke? Why do e-cigarettes provoke such irrational reactions?
Drug Science, independent committee on drugs. 2015.
http://drugscience.org.uk/blog/2015/08/27/blinded-smoke-why-do-e-cigaret... accessed 14 Sep2015).
16 Leventhal AM, Strong DR, Kirkpatrick MG, et al. Association of Electronic Cigarette Use With
Initiation of Combustible Tobacco Product Smoking in Early Adolescence. JAMA 2015;314:700–7. doi:10.1001/jama.2015.8950
17 West R, Brown J. Smoking in England 2007-2014. 2015.
http://www.smokinginengland.info/latest-statistics/ (accessed 14 Sep2015).

Competing interests: HM was an investigator on a 2008 study of e-cigarettes sponsored by
manufacturer Ruyan Group and conducted independently at University of Auckland. He has no links with any tobacco or e-cigarette manufacturers. The other authors declare no competing interests.

Traduction:

McKee et Capewell ont récemment critiqué la position de l'organisme de Santé publique anglais (PHE) sur la cigarette électronique (C) [1] et notre rapport le sous-tendant [2], dans une lettre au Lancet [3], auprès des médias [4], et maintenant à nouveau dans cet article du BMJ [ 5]. Leur déclaration selon laquelle " l'administration de la santé publique et de la communauté au sens le plus large a désespérément besoin de conseils sur la CE qui soient basés sur les preuve et soient libres de tout soupçon d'influence par des intérêts particuliers »[5] est une offense.

Nous sommes des chercheurs qui avons un bilan reconnu dans le domaine de la recherche dédiée à la compréhension du tabagisme et à l'aide à l'arrêt des fumeurs, nous avons publié des centaines d'articles de recherche sur le tabagisme, la nicotine, et la CE, et nous avons de nombreuses années d'expérience clinique dans le traitement de la dépendance tabagique. Pendant ce temps, nous n'avons reçu aucun subside de l'industrie du tabac ou de la CE. En revanche, McKee et Capewell ne sont pas des experts dans ce domaine - ils n'ont effectué aucune recherche sur la dépendance au tabac, le sevrage tabagique, ou la CE - mais ils n'ont fait qu'avertir les fumeurs et les professionnels de la santé sur les dangers de la CE [6-10]. Cela peut expliquer leur intérêt pour tenter de saper le message que la vape est beaucoup plus sûre que de fumer et que la perception erronée du public des dangers relatifs doive être corrigée.

Plusieurs réponses à leurs accusations et inexactitudes antérieures ont été publiées [11-14] qui ont été ignorées dans leur dernière «analyse». Les contraintes d'espace nous permettent d'aborder seulement quelques erreurs dans cet lettre.

1. Définir le rôle de la cigarette électronique.

L'analyse indique que les personne soutenant la CE se " focalisent sur les fumeurs actuels, en comparant les effets de la CE avec ceux du tabagisme » tandis que les opposants à la CE comparent la vape avec le fait de ne pas fumer, et estiment que l'on devrait décourager son utilisation en raison de « préoccupé par l'adoption de la CE par les gens, surtout les enfants et les adolescents, qui n'aurainet pas décidé de fumer autrement, ainsi que sur les effets sur la santé à long terme ».

Comparer la vape et le tabagisme n'est pas une focalisation restrictive. La tâche fondamentale de la lutte antitabac est de réduire la mortalité et les maladies causées par le tabagisme. Passer du tabagisme à la vape évite la plupart des risques du tabagisme (nonobstant les effets potentiels à long terme) et les fumeurs devraient être encouragés à le faire. L'hypothèse selon laquelle la CE ne devraitt pas être encouragée parce qu'il n'y a pas de preuve claire qu'elle soit plus efficace que les médicaments d'aide à l'arrêt est un non-sens. La CE est actuellement beaucoup plus populaire que les autres traitements et a donc une portée beaucoup plus large et un potentiel d'un impact majeur sur la santé publique.

Nous partageons leurs préoccupations au sujet de l'adoption du tabagisme et de l'utilisation de la CE par les enfants (ci-dessous). Notre rapport a examiné attentivement les éléments de preuve pertinents et a noté un déclin continu de la cigarette, qui est le seul critère qui compte pour déterminer si la CE " renormalise '' l'acte de fumer.

2. Double utilisation

La déclaration de McKee et Capewell selon laquelle nous avons rarement utilisé ce terme est inexacte. Nous avons, en outre, fait cette déclaration claire " Selon les recommandations de NICE, tous les fumeurs devraient être encouragés à arrêter de fumer complètement, y compris les double utilisateurs qui fument et qui utilisent la CE." Ces utilisateurs mixtes ne devraient pas être fustigés - la plupart d'entre eux tentent d'arrêter de fumer et ont besoin de messages clairs sur la façon dont ils peuvent le mieux atteindre cet objectif. Contrairement à McKee et Capewell, notre rapport a fourni des conseils sur la meilleure façon de le faire.

3. Effets sur la santé et qualité de la preuve

L'estimation du risque relatif est une question de logique. Les substances chimiques à risque présentes dans la fumée de tabac sont soit absentes de la vapeur de CE ou présentes à des niveaux bien inférieurs à 5%, et les substances chimiques clés présentes dans la CE ne sont pas censées présenter de graves risques pour la santé. Nous l'avons expliqué précédemment [11] et les accusations sur le travail de Nutt et ses collègues et les conflits d'intérêts ont été abordées ailleurs [15]. Les auteurs mettent en évidence les dangers du formaldéhyde - notre rapport a couvert cette fausse alarme abondamment.

4. Effet passerelle

Le danger selon lequel la CE leurre les enfants vis à vis du tabagisme semble être au cœur de l'opposition des auteurs envers la CE. Ils présentent comme preuve une étude suggérant que les mêmes jeunes gens qui essaient de vaper essaient aussi de fumer [16]. Les auteurs de cette étude ont reconnu que leur étude n'a fourni aucune preuve d'un quelconque lien de causalité. La CE n'a pas promu le tabagisme ou la vape chez les enfants britanniques. L'utilisation de la CE par les non-fumeurs est extrêmement rare [17].

Conclusions

Nous pensons qu'il ya des raisons beaucoup plus fortes pour critiquer la position de McKee et Capewell que pour attaquer la position du PHE. La preuve de la sécurité relative de la CE et de l'absence de tout effet de passerelle sont beaucoup plus fortes que tous les éléments de preuve du contraire; désinformer les fumeurs et les professionnels de la santé sur les risques relatifs du tabagisme et de la vape est mal; et décourager les fumeurs d'utiliser la CE est irresponsable, malgré l'évocation du «principe de précaution».

Dans l'ensemble cependant, nous sommes d'accord, comme indiqué clairement dans notre rapport, qu'il reste des zones d'incertitude et que la surveillance attentive continue de la sécurité de la CE et de son impact sur la population est nécessaire. Si des problèmes surgissent, des solutions réglementaires doivent être prêtes.

Science Media Centre Roundup

Expert reaction to article questioning the evidence on the safety and efficacy underpinning PHE’s recommendation of e-cigarettes as an aid to quitting smoking, as published in the BMJ*

Les réactions des experts à l'article publié dans le BMJ

Prof Linda Bauld, Professor of Health Policy, University of Stirling, and CRUK/BUPA Chair in Behavioural Research for Cancer Prevention, Cancer Research UK, said:

“This analysis repeats views that have already been made by these public health colleagues regarding the recent Public Health England report on e-cigarettes. Their views have been previously published in the Lancet and several national newspapers. Their arguments against the PHE report and related evidence can be easily critiqued. Whether intentional or not, instead of promoting public health, the very considerable influence and energy of these colleagues is discrediting the work of the leading nicotine and tobacco researchers who authored the PHE report. This approach merely plays into the hands of the tobacco industry, who will be delighted to see this latest example of public health ‘in-fighting’. Meanwhile, smokers whose lives could be saved by switching to e-cigarettes, a less harmful alternative to tobacco, will be deterred from doing so by this latest attempt to create confusion. As leading clinicians, I would like to see McKee and Capewell focussing on how to prevent premature death and disease. In my opinion this analysis will just confuse members of the public, not serve them."

“On content, this analysis raises questions about the effectiveness of e-cigarettes for smoking cessation, querying the findings of the Cochrane review, but then goes onto say that ‘where there is uncertainty about risks… and harmfulness’. Yet the Cochrane review made clear that, in the studies reviewed, none found that smokers who used electronic cigarettes had increased health risks to smokers who did not use electronic cigarettes. Other evidence in the PHE report supports this conclusion. The analysis also asserts that e-cigarettes could be a gateway to tobacco smoking, yet neither the PHE report nor indeed a subsequent American study found evidence of a causal link between young people experimenting with electronic cigarettes and then using tobacco. In my opinion, careful and measured assessment of existing evidence on this topic is needed to inform the public, instead of creating alarm based on assertions not supported by studies to date.”

Traduction:

"Cette analyse répète les points de vue qui ont déjà été faites par ces collègues de santé publique concernant le récent rapport de Santé publique anglais sur les e-cigarettes. Leurs points de vue ont déjà été publiés dans le Lancet et plusieurs journaux nationaux. Leurs arguments contre le rapport PHE et les données connexes peuvent être facilement critiquées. Intentionnelle ou non, au lieu de promouvoir la santé publique, l'influence considérable et l'énergie de ces collègues est de discréditer le travail des principaux chercheurs travaillant sur la nicotine et le tabac qui ont rédigé le rapport du PHE. Cette approche joue simplement le jeu de l'industrie du tabac, qui sera ravie de voir ce dernier exemple de "combat" de la santé publique. Pendant ce temps, les fumeurs dont les vies pourraient être sauvées par le passage à l'e-cigarette, une alternative moins nocive pour le tabac, seront dissuadés de le faire par cette dernière tentative de créer la confusion. Comme d'éminents cliniciens, je voudrais voir McKee et Capewell mettre l'accent sur la façon de prévenir les décès prématurés et les maladies. À mon avis, cette analyse servira juste à semer le doute dans la population, et non pas à la servir."

"Sur le contenu, cette analyse soulève des questions sur l'efficacité des e-cigarettes pour le sevrage tabagique, interrogeant les conclusions de la revue Cochrane, mais poursuit en disant que «lorsqu'il existe une incertitude sur les risques ... et la nocivité ». Pourtant, la revue Cochrane a dit clairement que dans les études examinées, aucune n'a constaté que les fumeurs qui ont utilisé la cigarette électronique n'ont augmenté leur risque de santé par rapport aux fumeurs qui ne l'utilisaient pas. Les autres éléments de preuve du rapport du PHE appuient cette conclusion. L'analyse affirme également que les cigarettes électroniques peuvent être une passerelle vers le tabagisme, mais ni le rapport du PHE, ni une étude américaine subséquente n'a trouvé des preuves d'un lien de causalité entre l'expérimentation des jeunes avec l'e-cigarette et l'utilisation subséquente de tabac. Selon mon opinion, l'évaluation prudente et mesurée des preuves existantes sur ce sujet est nécessaire pour informer le public, plutôt que de créer une alarme basée sur des affirmations non étayées par les études publiées à ce jour "

Prof Robert West, Professor of Health Psychology, UCL, said:

“The PHE report was produced in an attempt to pull together the available evidence and clarify some misunderstandings that had been created by widespread dissemination of incorrect reading of the available data."

“Unfortunately the BMJ analysis piece, by public health figures who had been involved in the original misunderstandings, will probably confuse the public and policy makers and further undermine the credibility of public health science. This topic requires careful, reflective analysis and research, not propaganda.”

Traduction:

"Le rapport du PHE a été produit dans une tentative de rassembler les éléments de preuve disponibles et de clarifier certains malentendus qui avaient été créés par une large diffusion de la lecture incorrecte des données disponibles."
"Malheureusement, l'article d'analyse du BMJ, par des personnalités de la santé publique qui avaient été impliquées dans les malentendus d'origine, n'apportera probablement qu'une confusion parmi le public et les décideurs, et ne servira qu'à miner davantage la crédibilité des scientifiques de santé publique. Ce sujet nécessite une analyse précise et attentionné, et des recherches, mais pas de la propagande."

Prof Paul Aveyard, Professor of Behavioural Medicine, University of Oxford, said:

“ In my opinion, McKee and Capewell appear unable to see the forest for the trees. While they pick individual studies, the totality of evidence is clear. We have many years of scientific understanding to draw on that tells us about the safety of nicotine and its effectiveness in helping people quit smoking. Electronic cigarettes are devices to deliver the nicotine that people who smoke need without the harmful constituents of cigarettes. Electronic cigarettes themselves are new, but the science they draw on is well-established. "

“ The key facts are that electronic cigarettes have become much the most popular aid to help people stop smoking. During this same period, smoking prevalence has fallen, while the success rate of quit attempts has risen. Reassuringly, the prevalence of smoking in young people is at an all-time low. "

“ McKee and Capewell invoke the precautionary principle to suggest greater restrictions on electronic cigarettes. Instead, the precautionary principle suggests that we should not change policy when all the indications are that electronic cigarettes are supporting people to stop smoking. ”

Traduction:

" Selon moi, McKee et Capewell semblent incapables de voir l'arbre qui cache la forêt. Alors qu'ils choisissent seulement certaines études, la totalité de la preuve est claire. Nous avons de nombreuses années de compréhension scientifique pour affirmer ce que nous disons à propos de la sécurité de la nicotine et de son efficacité à aider les gens à arrêter de fumer. La cigarette électronique est un dispositif qui fournit de la nicotine aux fumeurs qui en ont besoin, sans les constituants nocifs de la fumée de cigarette. La cigarette électronique est récente, mais la science sur son usage est bien établie. "

" Les faits principaux sont que la cigarette électronique est devenue l'aide la plus populaire pour aider les gens à arrêter de fumer. Au cours de cette même période, la prévalence du tabagisme a diminué, tandis que le taux de succès des tentatives d'arrêt a augmenté. Fait rassurant, la prévalence du tabagisme chez les jeunes est à son plus bas niveau. "

" McKee et Capewell invoquent le principe de précaution pour suggérer de plus grandes restrictions sur la cigarette électronique. Au lieu de cela, le principe de précaution suggère que nous ne devrions pas modifier la politique lorsque tous les indicesmontrent que la cigarette électronique aide les gens à arrêter de fumer. "

John Britton, Professor of Epidemiology, UK Centre for Tobacco and Alcohol Studies, Division of Epidemiology and Public Health , University of Nottingham, said:

I was invited by the BMJ to review an earlier draft of this manuscript. This published version is much improved on the authors original submission, but a number of criticisms still pertain which, in the order in which they arise in the text, are as follow:

1. McKee and Capewell are concerned that many smokers use electronic cigarettes alongside
smoking (‘dual use’) rather than quitting completely. Their position is at odds with NICE guidance
on tobacco harm reduction (PH45[1]) which encourages dual use not because cutting down on
smoking reduces hazard (it doesn’t) but because people who do so are more likely to quit.

2. Products that deliver nicotine are effective cessation aids. That is why the UK Medicines and
Healthcare Products Regulatory Agency does not require clinical trial data for new nicotine products, only evidence that they deliver nicotine. Early generation electronic cigarettes delivered low doses of nicotine. Newer devices do rather better. Those that deliver nicotine are effective.

3. The precautionary principle, in relation to treatments for smoking, requires not that alternatives to smoking are not harmful, but that they are less harmful than continued smoking. The PHE review concludes that electronic cigarettes are much less hazardous than smoking, so the recommendation that smokers use them is entirely consistent with the precautionary principle.

4. McKee and Capewell allude to serious methodological flaws in many studies of electronic
cigarettes, and conflicts of interest among a proportion of authors involved in generating this
evidence. However the reality is that all evidence has imperfections, and the job of the scientist is
to make the best interpretation of what is available. This is what PHE has tried to do. It is true that
many people researching electronic cigarettes have been funded by electronic cigarette companies to study their products, but this does not necessarily represent a conflict of interest: doing contract work for companies doesn’t invariably turn decent people into liars.

5. I share McKee and Capewell’s concerns over the funding of the MCDA study which generated
the 95% estimate for harm relative to tobacco cigarettes. I was invited to take part in that study and declined for reasons that included uncertainty over this matter. However, whether the estimate of reduction in risk of 95% is valid, or whether the true figure is greater or less than 95%, matters less than the self-evident fact that long-term use of electronic cigarettes is likely to be substantially less hazardous than smoking tobacco. Encouraging smokers of tobacco cigarettes to switch to electronic cigarettes therefore makes sense.

6. Renormalisation of smoking, and gateway progression to smoking among children, are legitimate concerns. However, UK surveys are consistent in demonstrating that use of electronic cigarettes among young people is confined almost entirely to those who are already experimenting with or are regular smokers, and hence is likely to reduce rather than add to smoking uptake. There is no evidence that renormalisation is occurring.

7. From what is known of the content of electronic cigarette vapour, harm to bystanders is likely to be negligible. Discouraging use in enclosed spaces is therefore justifiable for reasons of courtesy or preference, but not on the grounds of any appreciable health risk.

8. There is no excuse for inaccurate or misleading product labels, or for failing to protect children
against accidental ingestion of nicotine, but these concerns are easily remedied and should not be used to undermine the potential contribution that electronic cigarettes can make. An electronic cigarette with an inaccurate label is far less of a hazard than a tobacco cigarette.

9. The tobacco industry strongly opposes all restrictions on its business, and especially the
restrictions imposed by the new EU Tobacco Products Directive (TPD [2]). That the tobacco industry chose to oppose some of the provisions for electronic cigarettes does not however mean that electronic cigarettes are bad for public health.

10. I agree that electronic cigarettes should be regulated to ensure that they are safe, and effective, and have in the past supported the view that light touch medicines regulation may be the best way to achieve that. Subsequent experience indicates however that I was wrong, and that the complexity and cost of the medicines licensing route is unsuited to the rapid development and innovation that is occurring in the nicotine market, and at present at least is counterproductive to public health. Requiring medicines licensing would remove all currently available electronic cigarettes from the market, and drive hundreds of thousands of users back to tobacco.

In my view McKee and Capewell fundamentally misunderstand the health potential of electronic
cigarettes, which offer smokers, for the first time, a population-level consumer-led solution to an
otherwise lethal dependence on tobacco smoking. In producing their report, PHE are attempting
to ensure that an innovation with the potential to save millions of lives is capitalised upon, rather
than discarded through misplaced and inappropriate precaution.

References

1. National Institute for Health and Care Excellence. Tobacco: harm-reduction approaches to smoking (PH45). NICE: http://www.nice.org.uk/nicemedia/live/14178/63996/63996.pdf; 2013 (accessed 12 June 2013)
2. European Parliament and Council. Directive 2014/40/EU of the European Parliament and of the Council of 3 April 2014 on the approximation of the laws, regulations and administrative provisions of the Member States concerning the manufacture, presentation and sale of tobacco and related products and repealing Directive 2001/37/EC. Official Journal of the European Union: http://eur-lex.europa.eu/legal-content/EN/TXT/PDF/?uri=OJ:JOL_2014_127_R... 2014

Competing interests: I chair the Public Health England (PHE) Tobacco Control Implementation Board , co-authored a 2013 report on electronic cigarettes for PHE, chair the Royal College of Physicians Tobacco Advisory Group, and am a member of the board of trustees at Action on Smoking and Health. I am director of the UK Centre for Tobacco and Alcohol Studies.

Traduction:

J'ai été invité par le BMJ à examiner une version antérieure de ce manuscrit. Cette version publiée a été beaucoup améliorée par les auteurs par rapport à la soumission originale, mais un certain nombre de critiques demeurent. Selon l'ordre dans lequel elles apparaissent dans le texte, mes critiques sont les suivantes:

1. McKee et Capewell craignent que de nombreux fumeurs utilisent la cigarette électronique en même temps que de fumer (« double usage ») plutôt que d'arrêter complètement. Leur position est en contradiction avec les recommandations sur la réduction des risques tabagiques (PH45 [1]), qui encouragent le double usage, non pas parce que cela réduit les risques (ce n'est pas la cas), mais parce que les gens qui le font sont plus susceptibles d'arrêter de fumer.

2. Les produits qui délivrent de la nicotine sont des aidesà l'arrêt effecaces. Voilà pourquoi le Royaume-Uni et l'agence du médicament n'ont pas besoin de données d'essais cliniques pour les nouveaux produits délivrant de la nicotine, la seule preuve nécessaire est qu'ils diffusent de la nicotine. Les cigarettes électroniques de première génération délivraient de faibles doses de nicotine. Les nouveaux appareils font un peu mieux. Ceux qui diffusent de la nicotine sont efficaces.

3. Le principe de précaution, par rapport aux traitements réservés aux fumeurs, ne nécessite pas que les alternatives au tabagisme ne soient pas nocives, mais qu'elles soient moins nocives que continuer de fumer. La revue du PHE conclut que la cigarette électronique est beaucoup moins dangereuses que de fumer, de sorte que la recommandation que les fumeurs l'utilise est entièrement compatible avec le principe de précaution.

4. McKee et Capewell font allusion à de graves lacunes méthodologiques dans de nombreuses études sur la cigarette électronique, et des conflits d'intérêt parmi certains auteurs impliqués dans la génération de cette preuve. Cependant la réalité est que toutes les preuves ont des imperfections, et le travail du scientifique est de faire la meilleure interprétation de ce qui est disponible. Ceci est ce que le PHE a essayé de faire. Il est vrai que beaucoup de gens faisant de la recherche sur la cigarette électronique ont été financés par les fabricants de cigarettes électroniques pour étudier leurs produits, mais cela ne représente pas nécessairement un conflit d'intérêt: faire un travail sous contrat pour des entreprises ne transforme pas toujours les honnêtes gens en menteurs.

5. Je partage les préoccupations McKee et Capewell à propos du financement de l'étude ADM qui a généré l'estimation de 95% de réduction des risques par rapport aux cigarettes. J'ai été invité à participer à cette étude et j'ai refusé pour des raisons telles que l'incertitude sur cette question. Toutefois, que l'estimation de la réduction du risque de 95% soit valable, ou que le chiffre réel soit supérieur ou inférieur à 95% importe moins que le fait que l'utilisation à long terme d'une cigarette électronique est susceptible d'être beaucoup moins dangereux que le fait de fumer. Encourager les fumeurs de cigarettes à passer à la cigarette électronique est donc logique.

6. La renormalisation du tabagisme, et l'effet passerelle vers le tabagisme chez les enfants, sont des préoccupations légitimes. Cependant, les enquêtes au Royaume-Uni démontrent que l'utilisation de la cigarette électronique parmi les jeunes est confinée presque exclusivement à ceux qui ont déjà essayé de fumer ou qui sont des fumeurs réguliers, et donc est susceptible de réduire plutôt que d'ajouter à l'adoption du tabagisme. Il n'y a aucune preuve que la renormalisation soit en cours.

7. Selon ce qu'on connait de la composition de la vapeur de cigarette électronique, la nuisance à autrui est susceptible d'être négligeable. Décourager l'utilisation dans des espaces clos est donc justifié pour des raisons de courtoisie ou de préférence, mais pas sur les motifs d'un risque appréciable pour la santé.

8. Il n'y a aucune excuse pour que les étiquettes des produits soient inexactes ou trompeuses, ou pour avoir omis de protéger les enfants contre l'absorption accidentelle de nicotine, mais ces préoccupations sont facilement résolues et ne doivent pas être utilisées pour porter atteinte à la contribution potentielle que la cigarette électronique puisse faire. Une cigarette électronique avec une étiquette erronée est beaucoup moins risquée qu'une cigarette de tabac.

9. L'industrie du tabac s'oppose fermement à toutes les restrictions de son activité, et notamment les restrictions imposées par la nouvelle directive sur les produits du tabac de l'UE (TPD [2]). Que l'industrie du tabac ait choisi de s'opposer à certaines des dispositions concernant la cigarette électronique ne signifie cependant pas que la cigarette électronique soit mauvaise pour la santé publique.

10. Je suis d'accord que la cigarette électronique soit réglementée afin d'assurer qu'elle soit sûre et efficace, et j'ai soutenu dans le passé le point de vue qu'une réglementation inspirée de celle du médicament puisse être la meilleure façon d'y parvenir. L'expérience depuis a montré que je me suis trompé, et que la complexité et le coût d'une réglementation inspirée de celle du médicament est inadaptée au développement et à l'innovation rapide qui se produit dans le marché de la nicotine, et à l'heure actuelle au moins, est contre-productive pour la santé publique. Réclamer une réglementation inspirées du médicament supprimerait toutes les cigarettes électroniques actuellement disponibles sur le marché, et conduirait des centaines de milliers d'utilisateurs à un retour vers le tabac.

À mon avis McKee et Capewell méconnaissent fondamentalement le potentiel de santé de la cigarette électronique, qui offre pour la première fois aux fumeurs une solution de large échelle, et menée par les consommateurs, qui est une alternative à la dépendance létale qu'est le tabagisme. Dans la production de son rapport, le PHE tentent de veiller à ce qu'une innovation ayant le potentiel de sauver des millions de vies soit capitalisée, plutôt que rejetée au profit d'un principe de précaution inapproprié.

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Publié le 13 Septembre 2015

Message aux sénateurs, aux députés et à tous les décideurs au niveau gouvernemental

Merci de prendre le temps de lire ces quelques lignes avant de prendre les décisions qui vous incombent lors du vote de la loi de santé, et de la transposition de la Directive européenne sur les produits du tabac.

Le vaporisateur personnel (appelé à tort "cigarette électronique") est une chance unique de réduire considérablement le tabagisme et ses ravages dans notre pays. L'Angleterre vient de nous montrer la voie à suivre, merci de considérer les arguments exposés ci-dessous avant de prendre vos décisions.

La France, mauvaise élève pour la réduction du tabagisme

Les chiffres de vente de tabac du mois de juillet (OFDT) le prouve encore une fois, le dénigrement systématique du vaporisateur personnel et le manque de clairvoyance du gouvernement français font que les fumeurs ne font pas confiance à la vape pour arrêter de fumer, et que certains utilisateurs sont retournés au tabac.

Les ventes de tabac qui avaient reculé au cours des deux dernières années, sont revenues deux ans en arrière.

Une semaine décisive pour la santé publique en France
Une semaine décisive pour la santé publique en France

Cette semaine, une note de synthèse réalisée par Pierre Kopp pour l'OFDT, nous montre que le coût social des drogues, et en particulier du tabac (120 milliards d'Euros) est trois fois plus élevé que celui de la dernière estimation de 2006.

Selon ce rapport : "...33 % du déficit budgétaire français serait constitué par le poids négatif des drogues sur les finances publiques.Les recettes de taxation sont inférieures au « coût des soins » (respectivement [pour l'alcool et le tabac] 8,5 et 25,9 milliards d’euros). La taxation sur les alcools ne représente que 37 % du coût des soins des maladies engendrées par l’alcool tandis que les taxes sur le tabac sont également insuffisantes à couvrir le coût des soins engendrés par ce dernier et représentent 40 % des recettes de taxation."

Quand l'Angleterre recommande le vaporisateur pour venir à bout du tabagisme

Au mois d'août, un rapport publié par l'organisme de santé publique anglais (PHE) faisait le point sur les connaissances scientifiques actuelles et recommandait à son gouvernement de prendre en compte que :

  • le vaporisateur aide les fumeurs à arrêter de fumer, et les données scientifiques montrent qu'elle est au moins 95% moins nocive que la cigarette

  • c'est une intervention qui a un faible coût et peut même atteindre les populations les moins favorisées, celles qui fument le plus, ainsi que les patients psychiatriques

  • pour qu'il puisse y avoir un impact important en termes de santé publique, il faut que la réglementation soit appropriée et proportionnée

  • et que les professionnels de santé et les travailleurs sociaux délivrent un message clair et honnête sur les risques relatifs du vaporisateur par rapport aux cigarettes

Ce rapport (version courte) montre clairement qu'en Angleterre l'utilisation du vaporisateur a augmenté régulièrement depuis 2011, alors que la prévalence tabagique a continué de baisser tant chez les jeunes que chez les adultes pour atteindre un niveau qui devrait faire pâlir nos dirigeants (<20% de fumeurs adultes contre 34% en France selon le dernier Baromètre santé).

Une semaine décisive pour la santé publique en France
Une semaine décisive pour la santé publique en France
Une semaine décisive pour la santé publique en France
Une semaine décisive pour la santé publique en France

Le rapport (version complète) montre aussi que le vaporisateur est devenu le moyen le plus utilisé par les fumeurs pour arrêter de fumer (2 fois plus que les substituts nicotiniques). Mais il insiste aussi sur le fait que les campagnes médiatiques de dénigrement ont largement entamé la confiance des utilisateurs et des fumeurs susceptibles de l'utiliser.

Une semaine décisive pour la santé publique en France
Une semaine décisive pour la santé publique en France

L'assourdissant silence des autorités françaises

L'avantage de l'Angleterre est qu'elle dispose d'une enquête mensuelle (smoking in England) sur le tabagisme, ce qui malgré tous mes efforts n'a jamais été mis en place en France, où les données sont rares (sauf pour les ventes de tabac, de médicaments d'aide à l'arrêt et des données de tabacologie) et au mieux actualisées tous les cinq ans.

A la suite de la publication du rapport anglais, l'AIDUCE, la Fédération addiction, le RESPADD et SOS addictions ont fait un communiqué commun demandant au gouvernement de revoir et compléter son programme de lutte contre le tabac. Aucune réaction publique. La Ministre de la Santé campe sur ses positions. Pas un mot sur le rapport anglais, mais beaucoup de battage médiatique sur le paquet neutre et sur la nouvelle campagne de Tabac Info Service, qui ignore totalement, et dénigre même le vaporisateur auprès des fumeurs qui posent la question.

Pendant ce temps aussi, les débats sur la loi de Santé reprennent au Sénat où l'on voit fleurir des amendements très favorables aux buralistes, mais guère à la santé publique. L'AIDUCE a informé directement le Sénat, espérons que tous nos sénateurs auront bien lu cette lettre.

Les médecins ne sont pas assez écoutés

Il y a deux jours, Paris Match pose la question : "A trois jour de l'examen du projet de loi de Santé au Sénat, la France va-t-elle suivre le pionnier anglais sur le front de la lutte contre le tabac ?" en interrogeant le Dr Presles (Conseil scientifique de l'Aiduce et de SOS addictions) et le Dr Lowenstein (président de SOS addictions).

Dr presles, tabacologue "L'étude anglaise tord le cou à toutes les rumeurs sur la nocivité de la cigarette électronique"

"En France, 60% des fumeurs croient que la cigarette électronique est plus dangereuse que le tabac"

Dr Lowenstein, addictologue "En France, nous sommes paralysés par le principe de précaution"

Pourtant le corps médical n'est plus aussi frileux qu'il l'a été ces dernières années, et nombre de médecins défendent maintenant le rôle très important que peut jouer le vaporisateur dans la réduction du risque tabagique. On pourra ainsi lire le blog de Jean-Yves Nau, journaliste et docteur en médecine, ou encore regarder la dernière émission de Allô Docteurs sur ce sujet.

La communauté scientifique n'est pas assez écoutée

Dernièrement, l'Association internationale d'études sur le cancer du poumon (IASLC) a pris position lors de la 16ème conférence mondiale sur le cancer du poumon (Denver, Colorado). Parmi 5 mesures, la dernière concerne le vaporisateur personnel:

"Adopter des mesures politiques qui reconnaissent les différences probables du risque de cancer du poumon des produits alternatifs délivrant de la nicotine. Adopter des politiques qui favorisent les formes (non combustibles) moins dangereuses que la cigarette serait une incitation forte pour les personnes qui fument à s'éloigner des cigarettes, qui à son tour aurait un impact profond sur les taux de cancer du poumon au niveau mondial dans les décennies à venir."

Pourtant, les études de peu de rigueur scientifique continuent d'alimenter les gros titres dans les médias. Alors que les scientifiques qui démontrent clairement la considérable réduction du risque que représente le vaporisateur ne sont pas écoutés.

En voici quelques exemples:

Déclaration scientifique sur la Directive tabac européenne

A critique of a World Health Organization-commissioned report and associated paper on electronic cigarettes

expert reaction to new study on e-cigarette use in US adolescents

Formaldehyde in e-cigarette aerosol: a public call for the NEJM paper to be retracted

La demande de rétraction de la Lettre du NEJM est basée sur une contre-expérience démontrant que la méthodologie utilisée n'était pas adéquate.

Récemment, une étude publiée et réalisée par le Conseil espagnol de la recherche scientifique, démontre clairement que la vape passive n'existe pas, au contraire du tabagisme passif (voir le commentaire de l'étude par le Dr Farsalinos).

La diabolisation de la nicotine

Enfin, la diabolisation de la nicotine qui a cours depuis plus de 30 ans dans toutes les campagnes anti-tabac fait que les fumeurs eux-mêmes en ont peur, et que même ceux qui sont passés à la vape ont souvent tendance à vouloir baisser trop vite leur taux de nicotine, quand ils ne veulent pas commencer à vaper avec un liquide sans nicotine. Le risque de rechute est évident.

Pourtant, la nicotine n'est ni plus ni moins qu'un psychostimulant similaire à la caféine, aux doses que s'administrent les fumeurs ou les vapeurs. Pour les anglophones, je recommande ces vidéos du Prof Hajek, l'un des auteurs du rapport anglais (PHE).

La nicotine possède pourtant des effets bénéfiques

De plus, la nicotine agit sur de nombreuses régions du cerveau et a même le potentiel d'améliorer la condition de patients atteints de maladies neurologiques ou psychiatriques.

Je travaille sur la nicotine depuis 32 ans, et j'ai publié plusieurs articles à ce sujet, dès 1998 je publiais une revue de la question : Nicotine: abused substance and therapeutic agent (un article en français similaire), en 2007 une étude pilote dans la maladie de Parkinson, en 2011 une revue sur la réduction du risque : Tobacco, nicotine and harm reduction, en 2014 un petit article en anglais sur les effets positifs de la nicotine.

Cette semaine un blog faisait aussi une revue de la question : The Secret Health Benefits of Nicotine They Don’t Want You To Know.

Sans oublier que pendant près de 150 ans on a fait croire à tout le monde, y compris les scientifiques que la dose mortelle de nicotine était ridiculement faible, heureusement Bernd Mayer, un toxicologue autrichien, a rétabli la vérité dans un article publié en 2014, où il indique que la dose létale n'est pas de 30 à 60 mg de nicotine, mais plutôt de 500 à 1000 mg.

Et pourtant la vape sauve des vies

Une semaine décisive pour la santé publique en France

Comme le rappelle ce site sur la réduction du risque tabagique.

L'utilisation du vaporisateur réduit l'exposition des fumeurs aux substances toxiques, même chez ceux qui ne sont pas encore vapeurs exclusifs.

Les témoignages de ce type fleurissent sur les réseaux sociaux : A 50 ans, j’apprends que j’ai une BPCO (bronchopneumopathie chronique obstructive).

Combien de temps encore devrons-nous attendre pour que les autorités compétentes prennent enfin les bonnes décisions pour enfin agir efficacement contre le tabagisme et offrir enfin aux fumeurs une information claire et honnête sur les risques relatifs de la vape et de la cigarette ?

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Publié le 1 Septembre 2015

et à tous ceux qui doutent encore du bienfait de la vape, en particulier nos autorités et les journalistes qui ne trouvent rien de mieux que de la dénigrer pour faire de l'audience.

Pour une fois, les invitées n'étaient pas là pour faire potiche, mais pour dire tranquillement ce qu'elles avaient à dire, sans être interrompues à la mode médiatique.

Partagez cette vidéo autour de vous pour rassurer tous les fumeurs, et les autres, à qui on fait croire que le vaporisateur personnel ne peut pas être une solution au tabagisme. La révolution est en marche, et elle se fera quels que soient les moyens utilisés pour l'enrayer. Car comme toute révolution, c'est de la base qu'elle vient, pas d'en haut.

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Publié le 26 Août 2015

Les associations françaises de lutte contre les addictions et l'Aiduce interpellent le gouvernement

Après l’avis du service de santé publique anglais, les associations françaises de lutte contre les addictions et les usagers de la cigarette électronique demandent au gouvernement de revoir et compléter le programme de lutte contre le tabac.

La lecture de la version courte du rapport anglais (6 pages et quelques schémas) est très claire :

https://www.gov.uk/government/uploads/system/uploads/attachment_data/file/454517/Ecigarettes_a_firm_foundation_for_evidence_based_policy_and_practice.pdf

Le communiqué de presse des associations françaises:
http://www.aiduce.org/cp_les_associations_interpellent_le_gouvernement/

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Publié le 21 Mai 2015

Rappel

Au mois de janvier, une Lettre publiée dans le NEJM a provoqué une réaction démesurée dans la presse. Il faut rappeler, qu'une Lettre est d'un format très court, au contraire d'un article scientifique, et ne permet pas de détailler la méthodologie utilisée. Or, c'est bien là le problème.

Comme le rappelait à l'époque le Dr Farsalinos : "Selon les renseignements donnés par l'auteur dans un échange de courriels, l'atomiseur avait une résistance de 2,1 Ohm. Cela signifie qu'à 3,3 volts, la puissance délivrée était d'environ 5,5 watts, et qu'à 5 volts elle était de 12 watts. Il est plus qu'évident que les résultats montrant des niveaux très élevés de formaldéhyde sont le résultat d'une surchauffe. Le manque d'expérience sur les e-cigarettes, et aucun contact avec les utilisateurs peuvent entraîner de telles résultats erronés et irréalistes, ce qui peut créer la confusion et la désinformation, tant dans la communauté scientifique, que chez les utilisateurs et les utilisateurs potentiels d'e-cigarette. Enfin, il est extrêmement important que chaque étude évaluant la chimie de la vapeur d'e-cigarette se doit de mentionner en détail l'équipement utilisé."

Le Dr Farsalinos a donc réalisé une autre étude afin de démontrer que les conditions utilisées dans l'étude américaine n'étaient pas réalistes.

L'article sera disponible gratuitement pendant 1 mois sur le site d'Addiction.

Les aldéhydes (dont fait partie le formaldéhyde) sont émis dans la vapeur de vaporisateur personnel (VP) lorsque le liquide subit une dégradation due à une trop forte température. Cependant, ce phénomène est connu de tous les vapeurs sous le nom de "dry hit" ou "dry puff" (bouffée sèche), et bien évidemment dès qu'ils le détectent, ils n'inhalent pas cette bouffée (ce que visiblement les auteurs de la Lettre au NEJM ignoraient). Ce phénomène se produit lorsque la résistance (coil) n'est pas suffisamment alimentée en liquide, ce qui provoque une surchauffe de la résistance (ou encore lorsque le flux d'air est insuffisant).

Afin de démontrer ce phénomène, le Dr Farsalinos a réalisé une étude avec deux conditions d'alimentation de la résistance en liquide, et à 4 puissances (Watts) différentes. Pour cela il a monté un Kayfun Lite plus, avec soit 2 mèches (wick) de silica de 3 mm (A1), soit 1 seule mèche (A2), le premier (A1) étant censé délivrer plus de liquide à la résistance, et donc moins susceptible de produire de "dry hit" à forte puissance. L'atomiseur A2 représente le type d'atomiseurs courants du marché, tels que ceux utilisés dans l'étude américaine. Les atomiseurs ont été testés sur une Hana Modz DNA 40 a 4 niveaux de puissance: 6,5 W, 7,5 W, 9 W et 10 W. Le liquide utilisé était constitué de 45% de PG, 45% de VG, 8% d'eau et 2% de nicotine (20 mg/ml). Ce choix de liquide a été fait, car selon une étude, il est susceptible de produire plus d'aldéhydes que du 100% PG ou 100% VG (Kosmider, L., Sobczak, A., Fik, M., Knysak, J., Zaciera, M., Kurek, J. et al. Carbonyl compounds in electronic cigarette vapors: effects of nicotine solvent and battery output voltage. Nicotine Tob Res 2014; 16: 1319-1326.).

Mais d'abord, demander aux intéressés !

Avant de commencer l'étude des émissions dans la vapeur, le Dr Farsalinos a demandé à 7 vapeurs confirmés de prendre 4 bouffées de 4 s toutes les 30 s, sur chaque atomiseur, aux 4 niveaux de puissances étudiés. Ils ont tous rapporté un phénomène de "dry hit" avec l'atomiseur A2 à 9 W et 10 W (mais pas à puissance plus faible), mais aucun avec l'atomiseur A1 quelle que soit la puissance.

Puis des mesures on été réalisées avec une machine à vaper. Trois séries de 60 bouffées ont été analysées séparément. Les analyses de la vapeur sont les suivantes (notez que les valeurs présentées pour la vapeur correspondent à 10 bouffées):

Les émissions d'aldéhydes sont bien dues au phénomène de surchauffe

La plupart des études précédentes n'ont pas contrôlé ces facteurs importants.

C'est la première étude qui quantifie les émissions d'aldéhydes à différentes puissances (W) dans des conditions normales et de "dry hit", déterminées à l'avance par des vapeurs confirmés. Elle démontre qu'il est effectivement possible de générer des émissions d'aldéhydes avec le VP, mais que cela ne se produit que dans les conditions de "dry hit". Au contraire, en conditions d'utilisation normale (avec une alimentation en liquide et en air correcte), les émissions d'aldéhydes sont minimes, même à des puissances élevées, et bien inférieures à celles de la fumée de cigarette.

Les nouvelles générations de batteries ou de Mods peuvent être utilisées à de fortes puissances, et sont recherchées par les vapeurs confirmés, mais elles sont en général associées à des atomiseurs qui ont la capacité d'apporter suffisamment de liquide à la mèche. Il n'existe donc pas de puissance absolue au-delà de laquelle les conditions de surchauffe se produisent [ndlr: cela va rassurer les chasseurs de clouds et ceux qui utilisent des drippers]. Il suffit d'adapter le bon atomiseur sur la bonne batterie ou le bon Mod.

Ce que cette étude montre aussi, c'est qu'il n'est pas possible de faire des mesures d'émissions dans la vapeur de VP, sans auparavant faire tester les conditions employées par des utilisateurs. Cela vaut aussi pour la durée des bouffées, ou l'intervalle entre deux bouffées.

Toujours, demander aux intéressés !

Les chercheurs qui font se genre d'études ne sont pas tous des experts de la vape, et c'est bien ce qu'on leur reproche. Avant de se lancer dans ces études, il faut savoir de quoi l'on parle et connaître le matériel. En particulier, il est absurde de ne tenir compte que du voltage délivré par le VP. L'énergie délivrée à une résistance s'exprime en Joule (J), et est définie par la puissance (W) multiplié par le temps (s) (E=J x s). La puissance (W) est définie par le voltage au carré divisé par la résistance (Ohms) ou V2/R. Beaucoup d'études se sont limitées à rapporter uniquement le voltage (comme l'étude américaine citée au début de ce post), alors qu'il faudrait présenter la puissance (W), car cela tient compte de la valeur de la résistance, ainsi que la durée de la bouffée (ce qui permet de calculer l'énergie délivrée en Joule).

[ndlr: Il est à noter, qu'une nouvelle génération de Mods (sous format box électronique) est en train de voir le jour, elles permettent de contrôler et de limiter la température atteinte par la résistance, et permettrons d'éviter ce phénomène de "dry hit".]

Voilà qui devrait rassurer les utilisateurs et les autorités

Il ne s'agit pas de dire que le risque de vaper est nul, mais qu'il est minime. Selon une étude récente sur l'exposition au formaldéhyde dans l'air ambiant, il a été déterminé qu'une limite de 0.1 ppm (125 µg/m3) protège même les personnes les plus susceptibles, tant des effets irritants que d'un quelconque risque de cancer (Golden, R. Identifying an indoor air exposure limit for formaldehyde considering both irritation and cancer hazards. Crit Rev Toxicol 2011; 41: 672-721.). Considérant un volume respiratoire quotidien d'environ 20 m3 d'air, cette limite de 0.1 ppm représente l'équivalent de plus de 2500 bouffées* par jour [ndlr: soit 4 à 10 fois le nombre de bouffées prises par un vapeur quotidiennement]. De même, l'OMS préconise une limite pour le formaldéhyde de 80 ppb (100 µg/mL), ce qui représente une exposition quotidienne équivalente à plus de 2000 bouffées*. Pour les autres aldéhydes, les limites acceptables sont moins claires, et diffèrent selon les organisations. Il existe donc peut-être un risque résiduel à l'exposition aux aldéhydes associée à l'utilisation du VP, mais dans tous les cas ce risque est minuscule comparé à celui de la cigarette.

La conclusion du Dr Farsalinos, est qu'il peut effectivement se produire des émissions d'aldéhydes dans un VP, mais seulement dans les conditions de "dry hit", et que les utilisateurs connaissent bien ce phénomène et n'y sont donc pas exposés lors d'une utilisation normale de leur matériel, même lorsqu'ils utilisent des VP de dernières générations pouvant délivrer de forte puissances.

 

* les valeurs de formaldéhyde retrouvées dans le tableau correspondent à 10 bouffées, donc dans 1 bouffée il y a moins de 1 µg de formaldéhyde dans les conditions normales d'utilisation.

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Publié le 18 Mai 2015

Conférences grand public sur le VP

En 2015, je vais faire 5 conférences publiques sur le thème:

Cigarette électronique : une révolution dans le sevrage tabagique ?

La première de ces conférences a eu lieu à Rennes le 9 avril (voir le résumé par Yvon Rolland ici)

La seconde aura lieu à Paris demain, le 19 mai au Crowne Plazza République, 10 place de la République à 19h45.

Conférences grand public sur le VP
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Publié le 25 Mars 2015

Le Débat Du Soir sur Radio Notre Dame ce soir de 18h30 à 19h30 sur le thème: "Au sujet des amendements de la loi santé et de la directive européenne contre la cigarette électronique : pourquoi s'attaquent-elle à la cigarette électronique ? la cigarette électronique n'est-elle pas une solution face au tabac ?

Emission animée par Alexandre Meyer, avec Brice Le Poutre, Président de l'AIDUCE, Gérard Mathern, Pneumologue et Tabacologue, Jacques Le Houezec, Scientifique et Tabacologue

Pour ré-écouter le Débat: http://www.aiduce.org/interview-radio-notre-dame/

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