Articles avec #reglementation tag

Publié le 30 Juillet 2013

Voici un article (en anglais) auquel j'ai participé qui critique la médicalisation de la e-cigarette. Il est en accès libre (il suffit de s'enregistrer) sur le site du Lancet :

http://www.thelancet.com/journals/lanres/article/PIIS2213-2600%2813%2970124-3/fulltext

Nous l'avons transmis à l'OMS qui a récemment publié de nombreuses prises de positions opposées à la e-cigarette.

Un contre argument, plutôt faible, a été associé à notre article:

http://www.thelancet.com/journals/lancet/article/PIIS2213-2600%2813%2970160-7/fulltext

La conclusion de notre article traduite ici:

"En conclusion, puisque les cigarettes électroniques sont des produits de consommation courante qui entrent en compétition avec les cigarettes, bien plus dangereuses et qui ne sont pas réglementées comme médicament, une réglementation médicale obligatoire n'est pas nécessaire pour la santé publique et peut même la mettre en danger en limitant la possibilité pour les e-cigarettes de se substituer aux cigarettes conventionnelles sur le marché. Une réglementation excessive pourrait protéger le monopole de vente des cigarettes et entraîner plus de maladies et la mort de millions de fumeurs qui seraient empêchés de passer aux générations futures de cigarettes électroniques. Pour la première fois dans l'histoire du contrôle du tabac, une possibilité réelle d'éliminer le tabagisme se fait jour, et cela pourrait se passer avec un investissement minime, voire nul, de la part des gouvernements. Les réglementaires du médicament devraient cesser le feu !"

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Publié le 21 Juin 2013

Pourquoi vouloir faire de la e-cigarette un médicament? Pas la peine il est déjà en route... Un inhalateur pulmonaire de nicotine va être testé dans une étude en Nouvelle-Zélande.

716 fumeurs vont être recrutés et suivis pendant 7 mois. La moitié recevra l'inhalateur avec de la nicotine et l'autre moitié un placebo. Tous les fumeurs porteront aussi un patch de nicotine et devront réduire progressivement leur consommation de cigarettes pendant 1 mois avant d'arrêter complétement.

Cet inhalateur deviendra donc un médicament pour l'arrêt du tabac, et les médecins pourront le prescrire. Laissons donc à la e-cigarette son statut de produit de consommation courante, pour atteindre les fumeurs qui ne seront toujours pas prêts à franchir le seuil du cabinet du médecin ou de la pharmacie.

http://www.stuff.co.nz/national/health/8822875/Nicotine-inhaler-gives-instant-hit

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Publié le 20 Juin 2013

Cette étude est très importante, car elle est la première à analyser précisément la façon dont les utilisateurs de e-cigarette vapotent, et à évaluer la quantité de e-liquide utilisée.

Pour cela, 45 vapoteurs expérimentés et 35 fumeurs, de 20 à 45 ans, ont été recrutés. Les vapoteurs, tous anciens fumeurs, vapotaient quotidiennement des e-liquides avec des concentrations de nicotine allant de 6 mg/ml à 12 mg/ml. Ils vapotaient en moyenne depuis 7 mois et utilisaient 5 ml de e-liquide chaque jour. Les fumeurs n'avaient jamais utilisé de e-cigarette. Ils étaient tous abstinents depuis la veille au soir (au moins 8h) de e-cig pour les uns, et de cigarettes pour les autres.

La e-cigarette utilisée dans l'étude était une eGo-T munie d'un atomiseur Epsilon (clearomiseur), considérée comme une e-cig de seconde génération. Un e-liquide à 9 mg/ml a été utilisé pour l'étude.

Les vapoteurs ont utilisé la e-cig ad libitum (à volonté) pendant 20 minutes, pendant qu'ils étaient filmés afin, par la suite, d'analyser image par image pour déterminer les caractéristiques topographiques du vapotage (durée d'allumage de la diode déclenchant la batterie, durée d'inhalation, durée d'exhalaison). Les fumeurs ont aussi été filmés en fumant 2 cigarettes (7 mg de goudron, 0,7 mg de nicotine, selon la machine à fumer), puis un autre jour, en vapotant pendant 10 minutes (après avoir reçu des instructions concernant l'utilisation de la e-cig). Les images vidéos étaient prisent à 25 images/secondes, ce qui donne une précision d'analyse image par image de 40 ms.

Afin de minimiser les biais d'évaluation, seules 10 bouffées de cigarette ou de e-cig consécutives ont été analysées dans les 2 groupes. Les 3 premières bouffées n'étaient pas analysées, afin de laisser un temps d'adaptation aux utilisateurs, les bouffées analysées ont été les bouffées 4 à 13.

Pour déterminer la quantité de e-liquide utilisé par les vapoteurs (pas par les fumeurs), le clearomiseur était pesé avant utilisation, puis après 5 minutes et 20 minutes de vapotage. Le temps de 5 minute a été utilisé car il représente à peu près le temps nécessaire pour fumer une cigarette, les 20 minutes ont été choisies car elles représentent le temps d'utilisation d'un inhaleur de nicotine (substitut nicotinique) pour délivrer 4 mg de nicotine.

Les résultats montrent que la durée de la bouffée de e-cig prise par les vapoteurs est significativement (p<0,001) plus longue (4,2 +/- 0,7 s) que la bouffée de cigarette ou de e-cig prise par les fumeurs (2,1 +/- 0,4 s et 2,4 +/- 0,5 s, respectivement). A l'inverse, la durée de l'inhalation est significativement (p<0,001) moindre avec la e-cig chez les vapoteurs (1,3 +/- 0,4 s) que chez les fumeurs (2,2 +/- 0,4 s et 2,0 +/- 0,4 s, respectivement). Par contre, aucune différence n'a été observée sur la durée d'exhalaison (1,7 +/- 0,5 s ; 1,8 +/- 0,4 s et 1,7 +/- 0,3 s, respectivement).

Les vapoteurs ont pris 13 bouffées en 5 minutes et 43 bouffées en 20 minutes (soit 1 bouffée toutes les 20 à 30 s), ce qui correspond à 62 mg (ou 0,05 ml) et 219 mg (ou 0,18 ml) de e-liquide (la quantité de e-liquide consommée est significativement corrélée au nombre et à la durée des bouffées, et aucun effet dû à l'âge, l'historique du tabagisme ou à la durée d'utilisation d'une e-cig quotidiennement, n'a été observé). Selon ces données, et la concentration à 9 mg/ml du e-liquide utilisé, les e-cig, dans ces conditions d'utilisation, ont délivré 0,46 +/- 0,12 mg de nicotine en 5 minutes et 1,63 +/- 0,41 mg de nicotine en 20 minutes.

Afin de comparer avec la consommation de cigarettes, et en estimant qu'une cigarette délivre environ 1 mg de nicotine au fumeur en 5 minutes (c'est la mesure moyenne observée dans les études), il a été estimé avec ces données qu'il faudrait un e-liquide dosé à 21 mg/ml de nicotine pour délivrer 1 mg au vapoteur. Et pour délivrer 4 mg de nicotine en 20 minutes (similaire à l'inhaleur), il faudrait un e-liquide dosé à 24 mg/ml de nicotine.

Cette étude permet de définir un "standard" de la topographie d'utilisation de la e-cigarette pour les futures études chez les vapoteurs. En effet, utiliser la norme ISO retenue pour analyser la fumée de cigarette (1 bouffée de 2 s toutes les 60 s), sous-estimerait le mode de consommation des vapoteurs. Les auteurs proposent donc de retenir les paramètres mesurés dans cette étude, soit une bouffée de 4 s toutes les 20 à 30 s, à condition d'utiliser des e-cig de dernière génération, plus performantes que les anciennes qui ne supportaient pas cette fréquence, et en particulier chauffait trop, produisant un effet désagréable (dry puff, ou bouffée sèche due à la surchauffe ou à l'arrivée trop lente du e-liquide sur la résistance).

Enfin, les auteurs concluent en faisant la critique de la proposition contenue dans la révision de la Directive européenne sur les produits du tabac, de limiter les e-liquides sans autorisation de mise sur le marché à 4 mg/ml. Cette étude démontre clairement, pour la première fois, que pour satisfaire les besoins d'un fumeurs commençant à vapoter, une concentration de 20 à 24 mg/ml de nicotine est nécessaire. Il est intéressant de noter qu'empiriquement, c'est à peu près la limite proposée par l'ANSM en France (20 mg/ml), qui pour l'instant est toujours en vigueur. Cette étude permet enfin de se reposer sur des données réelles, qui manquaient jusqu'à présent, afin de pouvoir proposer aux vapoteurs des e-liquides suffisamment dosés pour leur permettre d'abandonner rapidement la cigarette, ce qui a été observé dans certaines études où la concentration de nicotine utilisée était en moyenne de 18 mg/ml.

Pouvoir proposer aux fumeurs une alternative crédible et considérablement moins nocive que le tabac permettra d'appliquer au plus grand nombre une réduction du risque tabagique significative, et aura un impact énorme sur la santé publique.

Farsalinos KE et al. Int J Environ Res Public Health. 2013 Jun 18;10(6):2500-14. Article en libre accès : http://www.mdpi.com/1660-4601/10/6/2500

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Publié le 12 Juin 2013

Suite au projet d’amendement visant à « rendre explicite l’assimilation de la cigarette électronique à un produit du tabac » et à encadrer sa vente dans le cadre du monopole des buralistes, l’Aiduce a envoyé ce soir une lettre aux députés.

Pour rappel, ce projet sera examiné demain (jeudi 13 juin) par la commission des Affaires économiques, saisie au fond :
http://www.aiduce.fr/lettre-de-laiduce-aux-deputes-amendement/

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Publié le 12 Juin 2013

Le MHRA anglais (agence du médicament) indique son intention d'obliger les e-cigarettes à obtenir une autorisation de mise sur le marché, mais attend les décisions de la Commission européenne sur la Directive tabac, et donc rien ne pourra être effectif avant 2016.

http://www.mhra.gov.uk/Safetyinformation/Generalsafetyinformationandadvice/Product-specificinformationandadvice/Product-specificinformationandadvice%E2%80%93M%E2%80%93T/Nicotinecontainingproducts/index.htm

ASH reprend cette décision et indique que la e-cigarette reste donc pour le moment un produit de consommation courante et peut être utilisée dans les lieux publics.

http://www.ash.org.uk/information/facts-and-stats/ash-briefings

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Publié le 6 Juin 2013

AIDUCE : Le rapport OFT sur les cigarettes électroniques : une analyse pertinente plombée par des recommandations fumeuses et sans fondement scientifique

http://www.aiduce.fr/le-rapport-oft-sur-les-cigarettes-electroniques-une-analyse-pertinente-plombee-par-des-recommandations-fumeuses-et-sans-fondement-scientifique/

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Publié le 5 Juin 2013

C'est le titre de cet article du Daily mail online, après la sortie des recommandations cliniques pour l'aide à l'arrêt de NICE qui met l'accent sur la réduction du risque tabagique.

E-cigs 'are the safer option': New guidelines urge doctors to advise products for smokers finding it difficult to quit

Avec ces nouvelles recommandations de NICE (Institut National pour l'Excellence en santé et en soin), l'Angleterre devient officiellement le premier pays à prôner la réduction du risque tabagique, avec la possibilité pour les fumeurs d'utiliser les substituts nicotiniques pour s'arrêter, mais aussi pour ceux qui n'y arrivent pas ou ne le désirent pas, de les utiliser à long-terme pour réduire leur consommation de tabac.

S'il n'est pas démontré (par manque d'études) que la réduction de consommation a un effet bénéfique sur la santé à long-terme, il est par contre démontré que les personnes qui s'engagent dans un processus de réduction ont plus de chances de s'arrêter de fumer un jour.

Ce qui est encourageant, c'est que malgré la focalisation de ces recommandations sur les substituts nicotiniques, l'article et son titre insistent sur la e-cigarette, sans la dénigrer, bien au contraire. Le vent commencerait-il à tourner en faveur du vaporisateur personnel? L'opinion publique et les utilisateurs commencerait-ils à être entendus?

Il y a tout de même un petit bémol quand on lit ces recommandations entre les lignes. On ne parle pas vraiment de substituts nicotiniques, mais de "produits contenant de la nicotine ayant une autorisation de mise sur le marché" (licensed nicotine-containing products), et ceci tout au long de ces recommandations. Pourquoi ce langage?

Probablement pour se préparer à l'arrivée d'autres produits contenant de la nicotine, que les classiques substituts nicotiniques. Et que pourraient-ils être?

La e-cigarette, ou vaporisateur personnel, bien sûr !

En effet, aucune recommandation particulière n'est donnée à son propos dans ce rapport de NICE, qui indique que le MHRA (l'équivalent de notre ANSM, agence du médicament) n'a pas encore statué sur la e-cigarette ou les autres produits contenant de la nicotine - on évoque un gel de nicotine), mais que l'on attend une décision pour le printemps 2013 (sic! va falloir qu'ils se dépêchent). Mais le fait d'utiliser partout dans ce rapport, et même dans les commentaires sur ce rapport, ce terme de "produits contenant de la nicotine ayant une autorisation de mise sur le marché", semble indiquer la volonté du MHRA d'opter pour un statut de médicament, plutôt que pour celui de produit de consommation courante.

Cela risque de provoquer la colère des vapoteurs d'outre-Manche et de les mobiliser, tout comme les vapoteurs français se mobilisent après que notre Ministre de la Santé ait assimilé vapotage et tabagisme de façon irresponsable la semaine dernière (des pétitions ont été lancées dans de nombreux pays européens, voir celle de l'AIDUCE, l'association indépendante des utilisateurs de la cigarette électronique).

Cet article du Daily mail online est tout de même encourageant, car il présente la e-cigarette comme une alternative crédible pour favoriser la réduction du risque tabagique. Espérons que nos journalistes français s'en inspirent, car pour l'instant on ne peut pas dire que la e-cigarette soit présentée de façon objective dans les médias.

D'autres articles anglais vont dans le même sens:

http://uk.news.yahoo.com/cigarettes-nice-changes-guidance-smokers-104023396.html#LB1LGgC

http://m.guardian.co.uk/society/2013/jun/04/e-cigarettes-health-revolution-smokers

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Publié le 5 Juin 2013

Enfin une Institution française qui présente la e-cigarette de façon plus pondérée !
L'INCa, l'Institut du Cancer, vient de publier une analyse basée sur le rapport Dautzenberg. Quelle différence avec la Ligue contre le cancer !!!

http://www.e-cancer.fr/prevention/facteurs-de-risque-et-de-protection/tabac/espace-grand-public/gros-plan-sur-la-cigarette-electronique

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Publié le 31 Mai 2013

Nous souhaitons faire connaître notre désaccord avec les propos de Mme la Ministre de la Santé concernant la e-cigarette.

Ce communiqué à été envoyé à la Direction Générale de la Santé et à des journalistes.

Jacques Le Houezec
Jean-François Etter
Gérard Mathern

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Publié le 31 Mai 2013

Interdire le vaporisateur personnel dans les lieux publics est une erreur stratégique pour la santé publique que nous risquons de payer cher en vies humaines.

Selon la Ministre "nous devons appliquer les mêmes mesures que celles qui sont appliquées pour le tabac"

http://www.franceinfo.fr/player/reecouter

http://tempsreel.nouvelobs.com/sante/20130531.OBS1443/touraine-veut-interdire-la-cigarette-electronique-dans-les-lieux-publics.html

Ceci est en totale contradiction avec "[c'est] un bon instrument pour arrêter de fumer "

La Ministre en prenant cette décision, non fondée scientifiquement, veut faire plaisir aux associations anti-tabac qui n'ont rien compris de la chance que représente le vaporisateur personnel pour lutter contre le tabagisme. Cela risque de créer une image de "nocivité" de ce produit, "puisque la Ministre de la santé l'a interdit" alors qu'au contraire c'est un moyen unique d'offrir aux fumeurs une porte de sortie du tabagisme (et non pas une porte d'entrée pour les jeunes, assertion dénuée elle aussi d'évidence scientifique, d'autant que du coup on ne fait rien de concret pour empêcher l'initiation au tabagisme).

C'est la lutte contre le tabac qui doit être renforcée, et isolée de l'influence politique des lobbies du tabac (industrie et buralistes), mais pas la lutte contre le vaporisateur personnel que les fumeurs ont eux-même choisi sans qu'on leur force la main. Et s'ils l'ont choisi c'est que justement ce produit est très efficace pour arrêter de fumer. Les vapoteurs ne veulent pas être assimilés au tabac qu'ils ont choisi de quitter. En voulant appliquer "les mêmes mesures que celles qui sont appliquées pour le tabac" on assimile ce produit au tabac dans la tête des gens au lieu de clairement dire que c'est une chance pour les fumeurs qui n'ont pas encore réussi à arrêter avec les moyens que proposent les tabacologues.

La lutte contre le tabagisme doit utiliser tous les moyens qui sont à sa disposition (comme le recommande la Convention cadre de l'OMS, mais qui a pris elle aussi une position négative contre le vaporisateur personnel). Aucune mesure (prix, interdiction de publicité, interdiction de fumer, favoriser l'arrêt...) prise individuellement n'est efficace, c'est l'ensemble des mesures qui le sont. Le vaporisateur personnel doit aussi faire partie de ces moyens pour augmenter encore l'impact de la lutte contre le tabac.

Si cette décision de l'interdire dans les lieux publics et de l'assimiler au fait de fumer (dixit Marisol Touraine: "faire en sorte que la cigarette électronique ne puisse pas être fumée dans un lieu public") est effectivement prise (il est encore temps de ne pas le faire!), la responsabilité des morts qui n'auront pu être évitées sera portée par ceux qui ont pris cette décision.

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