Articles avec #tabagisme tag

Publié le 11 Juin 2013

Publié le 11 Juin 2013

C'est le titre d'un article du "Market Intelligence Center" que l'on peut lire ici (pour les anglophones) : http://www.marketintelligencecenter.com/articles/283636 (article in English, see my comment below)

En voici une traduction:

__________________

" De tous les cancers, le cancer du poumon est sans doute le plus facile à éviter. C'est assez facile... ne fumez pas, et réduisez considérablement le risque de développer un cancer du poumon, ou si vous êtes fumeurs, il faut arrêter de fumer pour diminuer ce risque.

Ça paraît simple... mais la réalité l'est nettement moins. La nicotine est fortement addictive, et comme peut l'attester tout fumeur ou ex-fumeur, arrêter de fumer n'est pas si simple. La plupart des fumeurs peuvent en plaisanter en disant qu'ils l'ont fait des centaines de fois, mais à chaque fois pour seulement 1 jour ou 2.

Les aides pour arrêter de fumer incluent les patchs et les gommes à la nicotine, mais celle qui semble promise à un bel avenir, c'est la e-cigarette, ou e-cig en raccourci.

Les promoteurs de la e-cig soulignent que vaporiser un liquide à base de nicotine ne pose pas le problème du risque de cancer dû aux milliers de substances contenues dans la cigarette conventionnelle, mais n'est pas non plus sans aucun danger. On ne sait pas avec certitude s'il existe un risque quelconque lié à la consommation de nicotine pure, mais il est de toute façon minime par rapport au risque de contracter un cancer du poumon.

L'industrie de la e-cig croît rapidement, et avec les millions de fumeurs du monde entier, il n'est pas surprenant de voir l'industrie du tabac s'y intéresser. Altria (MO), qui contrôle environ 50% du marché américain va s'y engager et va l'annoncer mardi. Le second acteur américain, Reynolds American (RAI) s'y met aussi, et va lancer sa propre marque de e-cig dans le Colorado, avant de l'étendre au reste du pays, et la compagnie 3ème sur le marché américain, Lorillard (LO) a déjà acquis la marque Blu.

La question est de savoir si les nouveaux fumeurs vont ou non se tourner vers la e-cig, ou si le marché est limité seulement aux fumeurs actuels qui envisagent d'arrêter de fumer. Tout va dépendre de la liberté de publicité, et ce que les études à venir diront du risque associé à la e-cig.

S'il est démontré qu'elles ne provoquent pas de cancer, le marché sera beaucoup plus rentable, parce que les fumeurs pourront passer à ce nouveau produit sans aucune intention d'arrêt.

Le temps nous dira de quelle taille ce marché pourra être, mais avec les millions de fumeurs qui essayent d'arrêter de fumer chaque jour, il est tout à fait évident pour les compagnies de tabac d'investir dans ce domaine. Après tout, ce sont eux les maîtres de l'addiction, et ils envisagent donc de profiter financièrement de ces mêmes gens qui essayeront de se libérer de cette dépendance.

Je pense que plus il y aura de compagnies qui vendent des e-cig, et mieux ce sera... mais j'espère vraiment que les compagnies de tabac vont se planter. Elles ont fait preuve de tellement peu d'éthique en vendant leurs cigarettes, et ont nié pendant des décennies les dangers du tabac. Je pense que ces nouvelles startups qui n'ont pour but que d'aider les fumeurs, devraient être les seules à réussir, pas les compagnies de tabac qui ont fait des milliards de profits en vendant un produit dont ils savaient qu'il tuait leurs consommateurs."

De: Michael Fowlkes

______________________________

Pourquoi ne pas envisager que tous les vapoteurs du monde boycottent les e-cigarettes vendues par les compagnies de tabac, et ne favoriser que les petites compagnies qui se sont développées sans l'aide de celles-ci ? Ce serait peut-être un moyen de gagner le support des associations de contrôle du tabac, si négatives jusqu'à présent sur le rôle que pourrait jouer la e-cigarette pour dénormaliser le tabac ?

What if vapers from all over the world start to boycott e-cigs from tobacco companies, and favour only those made by startup companies independent from Big Tobacco ? It could win the support from the tobacco control community, who until now is very negative about e-cigs, as it could play a big role in denormalising tobacco.

Jacques Le Houezec

Voir les commentaires

Publié le 11 Juin 2013

L'article annonçant que les e-cigarettes était une option plus sûre selon le rapport NICE, a été modifié dès le lendemain. Y aurait-il eu des pressions ?

David Dorn, de vapour trail TV a twitté une copie du titre original que voici ci-dessous. Il y a de quoi se poser des questions sur le pourquoi d'une telle auto(??)-censure, non ?

La page originale du Dailymail online du 4 juin !

Voir les commentaires

Publié le 6 Juin 2013

AIDUCE : Le rapport OFT sur les cigarettes électroniques : une analyse pertinente plombée par des recommandations fumeuses et sans fondement scientifique

http://www.aiduce.fr/le-rapport-oft-sur-les-cigarettes-electroniques-une-analyse-pertinente-plombee-par-des-recommandations-fumeuses-et-sans-fondement-scientifique/

Voir les commentaires

Publié le 5 Juin 2013

C'est le titre de cet article du Daily mail online, après la sortie des recommandations cliniques pour l'aide à l'arrêt de NICE qui met l'accent sur la réduction du risque tabagique.

E-cigs 'are the safer option': New guidelines urge doctors to advise products for smokers finding it difficult to quit

Avec ces nouvelles recommandations de NICE (Institut National pour l'Excellence en santé et en soin), l'Angleterre devient officiellement le premier pays à prôner la réduction du risque tabagique, avec la possibilité pour les fumeurs d'utiliser les substituts nicotiniques pour s'arrêter, mais aussi pour ceux qui n'y arrivent pas ou ne le désirent pas, de les utiliser à long-terme pour réduire leur consommation de tabac.

S'il n'est pas démontré (par manque d'études) que la réduction de consommation a un effet bénéfique sur la santé à long-terme, il est par contre démontré que les personnes qui s'engagent dans un processus de réduction ont plus de chances de s'arrêter de fumer un jour.

Ce qui est encourageant, c'est que malgré la focalisation de ces recommandations sur les substituts nicotiniques, l'article et son titre insistent sur la e-cigarette, sans la dénigrer, bien au contraire. Le vent commencerait-il à tourner en faveur du vaporisateur personnel? L'opinion publique et les utilisateurs commencerait-ils à être entendus?

Il y a tout de même un petit bémol quand on lit ces recommandations entre les lignes. On ne parle pas vraiment de substituts nicotiniques, mais de "produits contenant de la nicotine ayant une autorisation de mise sur le marché" (licensed nicotine-containing products), et ceci tout au long de ces recommandations. Pourquoi ce langage?

Probablement pour se préparer à l'arrivée d'autres produits contenant de la nicotine, que les classiques substituts nicotiniques. Et que pourraient-ils être?

La e-cigarette, ou vaporisateur personnel, bien sûr !

En effet, aucune recommandation particulière n'est donnée à son propos dans ce rapport de NICE, qui indique que le MHRA (l'équivalent de notre ANSM, agence du médicament) n'a pas encore statué sur la e-cigarette ou les autres produits contenant de la nicotine - on évoque un gel de nicotine), mais que l'on attend une décision pour le printemps 2013 (sic! va falloir qu'ils se dépêchent). Mais le fait d'utiliser partout dans ce rapport, et même dans les commentaires sur ce rapport, ce terme de "produits contenant de la nicotine ayant une autorisation de mise sur le marché", semble indiquer la volonté du MHRA d'opter pour un statut de médicament, plutôt que pour celui de produit de consommation courante.

Cela risque de provoquer la colère des vapoteurs d'outre-Manche et de les mobiliser, tout comme les vapoteurs français se mobilisent après que notre Ministre de la Santé ait assimilé vapotage et tabagisme de façon irresponsable la semaine dernière (des pétitions ont été lancées dans de nombreux pays européens, voir celle de l'AIDUCE, l'association indépendante des utilisateurs de la cigarette électronique).

Cet article du Daily mail online est tout de même encourageant, car il présente la e-cigarette comme une alternative crédible pour favoriser la réduction du risque tabagique. Espérons que nos journalistes français s'en inspirent, car pour l'instant on ne peut pas dire que la e-cigarette soit présentée de façon objective dans les médias.

D'autres articles anglais vont dans le même sens:

http://uk.news.yahoo.com/cigarettes-nice-changes-guidance-smokers-104023396.html#LB1LGgC

http://m.guardian.co.uk/society/2013/jun/04/e-cigarettes-health-revolution-smokers

Voir les commentaires

Publié le 5 Juin 2013

Enfin une Institution française qui présente la e-cigarette de façon plus pondérée !
L'INCa, l'Institut du Cancer, vient de publier une analyse basée sur le rapport Dautzenberg. Quelle différence avec la Ligue contre le cancer !!!

http://www.e-cancer.fr/prevention/facteurs-de-risque-et-de-protection/tabac/espace-grand-public/gros-plan-sur-la-cigarette-electronique

Voir les commentaires

Publié le 31 Mai 2013

Nous souhaitons faire connaître notre désaccord avec les propos de Mme la Ministre de la Santé concernant la e-cigarette.

Ce communiqué à été envoyé à la Direction Générale de la Santé et à des journalistes.

Jacques Le Houezec
Jean-François Etter
Gérard Mathern

Voir les commentaires

Publié le 31 Mai 2013

Interdire le vaporisateur personnel dans les lieux publics est une erreur stratégique pour la santé publique que nous risquons de payer cher en vies humaines.

Selon la Ministre "nous devons appliquer les mêmes mesures que celles qui sont appliquées pour le tabac"

http://www.franceinfo.fr/player/reecouter

http://tempsreel.nouvelobs.com/sante/20130531.OBS1443/touraine-veut-interdire-la-cigarette-electronique-dans-les-lieux-publics.html

Ceci est en totale contradiction avec "[c'est] un bon instrument pour arrêter de fumer "

La Ministre en prenant cette décision, non fondée scientifiquement, veut faire plaisir aux associations anti-tabac qui n'ont rien compris de la chance que représente le vaporisateur personnel pour lutter contre le tabagisme. Cela risque de créer une image de "nocivité" de ce produit, "puisque la Ministre de la santé l'a interdit" alors qu'au contraire c'est un moyen unique d'offrir aux fumeurs une porte de sortie du tabagisme (et non pas une porte d'entrée pour les jeunes, assertion dénuée elle aussi d'évidence scientifique, d'autant que du coup on ne fait rien de concret pour empêcher l'initiation au tabagisme).

C'est la lutte contre le tabac qui doit être renforcée, et isolée de l'influence politique des lobbies du tabac (industrie et buralistes), mais pas la lutte contre le vaporisateur personnel que les fumeurs ont eux-même choisi sans qu'on leur force la main. Et s'ils l'ont choisi c'est que justement ce produit est très efficace pour arrêter de fumer. Les vapoteurs ne veulent pas être assimilés au tabac qu'ils ont choisi de quitter. En voulant appliquer "les mêmes mesures que celles qui sont appliquées pour le tabac" on assimile ce produit au tabac dans la tête des gens au lieu de clairement dire que c'est une chance pour les fumeurs qui n'ont pas encore réussi à arrêter avec les moyens que proposent les tabacologues.

La lutte contre le tabagisme doit utiliser tous les moyens qui sont à sa disposition (comme le recommande la Convention cadre de l'OMS, mais qui a pris elle aussi une position négative contre le vaporisateur personnel). Aucune mesure (prix, interdiction de publicité, interdiction de fumer, favoriser l'arrêt...) prise individuellement n'est efficace, c'est l'ensemble des mesures qui le sont. Le vaporisateur personnel doit aussi faire partie de ces moyens pour augmenter encore l'impact de la lutte contre le tabac.

Si cette décision de l'interdire dans les lieux publics et de l'assimiler au fait de fumer (dixit Marisol Touraine: "faire en sorte que la cigarette électronique ne puisse pas être fumée dans un lieu public") est effectivement prise (il est encore temps de ne pas le faire!), la responsabilité des morts qui n'auront pu être évitées sera portée par ceux qui ont pris cette décision.

Voir les commentaires

Publié le 16 Mai 2013

Lettre ouverte de AIDUCE à la LNCC

Le site web de l’AIDUCE n’étant pas encore prêt, veuillez trouver ci-dessous, pour information, la lettre ouverte qui a été envoyé a la ligue contre le cancer, suite à sa prise de position contre la cigarette électronique.

"Madame, Monsieur,

Dans ce texte, vous affirmez entre autres que le statut actuel des vaporisateurs électroniques n’est pas satisfaisant, que l’on peut douter que ce soit une réelle aide à l’arrêt du tabac, que cet horrible produit ne participe pas à la « dénormalisation du tabac », que de « nombreuses réserves ont été émises quant aux composants des cigarettes électroniques et leur toxicité potentielle », et, la cerise sur le gâteau, qu’elle précède souvent l’entrée en tabagie des jeunes.
Votre verdict est sans appel : vous entendez recommander son retrait du marché. Rien de moins.

Malgré tout le respect et l’admiration que nous devons à votre noble cause, l’AIDUCE ne peut que s’opposer fermement à votre prise de position sur la cigarette électronique. Nous déplorons en effet que cette dernière soit bien étroite, partisane et s’appuie sur une démonstration souvent faussée. Nous allons donc le démontrer point par point.

Tout d’abord, avançons quelques chiffres, histoire de bien poser le débat. Comme vous le savez certainement, les statistiques officielles indiquent que le tabac provoque chaque année la mort de plus de 60 000 personnes en France et 5 millions dans le monde. Sans compter, bien évidemment, la cohorte de maladies et autres complications que peut entraîner le tabac. La ligue contre le cancer est bien placée pour le savoir.

A contrario, aucun cas de décès n’est imputé à la cigarette électronique à ce jour. Aucun cas de cancer déclaré non plus. On peut donc s’étonner que ce produit suscite autant votre courroux et on se peut aussi se demander pourquoi vous souhaitez intervenir sur ce sujet qui, de prime abord, ne concerne pas directement la ligue contre le cancer.

Vous écrivez que de très nombreuses réserves ont été émises sur les composants des cigarettes électroniques et leur toxicité potentielle. Cependant, vous citez peu d’études, ce qui contraste singulièrement avec l’expression «nombreuses réserves». Qui plus est, la plupart de vos sources sont relativement anciennes. De plus, vous passez bien vite sur les études plus favorables à la cigarette électronique, notamment celles qui concluent que le risque lié aux vaporisateurs électroniques semble sensiblement moins élevé que celui lié au tabac. Vous omettez d’ailleurs de préciser les références de ces études. C’est fortement regrettable.

Les utilisateurs de ces produits électroniques viennent du tabac. Aussi savoir si les vaporisateurs personnels sont des réducteurs de risque par rapport aux conséquences reconnues du tabac a du sens pour nombre d’utilisateurs. Si j’utilise un vaporisateur sur une courte période après avoir abandonné le tabac, aurais-je un gain sur le plan de la santé ou au contraire vais-je subir des effets désastreux ? Et si j’utilise ce produit sur du long terme, quels sont les effets ou les risques identifiés ? Quel gain ou risque supplémentaire j’encours par rapport au tabac ? Le fait d’utiliser un produit sans combustion et ne distillant pas monoxyde de carbone et goudron, est-il un progrès par rapport à la fumée de cigarette ?

Mais, outre le fait d’être subjectif dans le choix des études référencées, il vous arrive de traduire à votre avantage certains propos. C’est très certainement la conséquence d’une lecture distraite, espérons-le.
Par exemple, vous citez la fiche toxicologique de l’INRS relative au propylène glycol. Fort bien. Vous écrivez : « le propylène-glycol (représentant 80 à 90% de la composition de la cartouche de recharge) qui, présentant peu de risques dans des conditions d’utilisation normales, est considéré par l’INRS comme toxique lors d’une consommation à chaud, en aérosol et en utilisation prolongée. »
Or, voici ce qu’en dit l’INRS :
« le propylène glycol présente peu de risques dans les conditions normales d’utilisation. Toutefois, des mesures de prévention sont nécessaires dans certaines situations, en particulier si le produit est utilisé à chaud, s’il peut y avoir formation d’aérosols, également s’il existe un risque d’exposition cutanée prolongée ou étendue ».
L’INRS semble beaucoup plus prudente que vous quant à une éventuelle toxicité du propylène glycol.

Vous affirmez qu’il n’est pas certain que les vaporisateurs électroniques soient efficaces pour arrêter le tabac, estimant que les études sur ce sujet sont contradictoires. Bien que nous n’ayons pas les mêmes données que vous, nous n’allons pas entrer dans de soporifiques et fumeuses querelles de chiffres. Permettez-nous simplement de constater que l’intérêt des fumeurs pour ce produit, l’engouement qu’il suscite depuis son apparition en Europe en 2008, la croissance forte et continue du marché par le simple bouche à oreille, et ce, malgré tous les appels à la prudence, malgré les recommandations de ne pas l’utiliser émanant d’organismes comme le vôtre, malgré les jugements sévères voire subjectifs distillés par certains professionnels de la santé, contraste furieusement avec vos doutes. Il y a un décalage tellement saisissant entre votre questionnement et les retours de bon nombre d’utilisateurs ! Il existe un tel fossé entre votre perplexité et ce que nous vivons au quotidien ! Et puis, entre nous, si ce produit n’était qu’un gadget de plus, un bidule sans réel effet sur l’arrêt du tabac, un simple phénomène de mode, il est évident que vous ne seriez pas obligés de demander son retrait du marché. Le phénomène finirait par se dégonfler de lui-même, comme une vulgaire baudruche.

Vous terminez votre démonstration en indiquant la cigarette électronique précède souvent l’entrée en tabagie des jeunes. Cette affirmation balaye d’un revers de main tout ce que l’on sait sur le tabac et oublie tous les aspects historiques et sociologiques liés à la cigarette classique. Depuis l’apparition de cette dernière, des générations entières l’ont essayé, se sont adonnés à ce « plaisir », en sont souvent devenus dépendants, alors que la cigarette électronique n’existait même pas. Ils l’ont fait parce que c’était à la mode, parce que leurs idoles s’affichaient ostensiblement avec une cigarette aux lèvres, parce que des proches fumaient, parce que leurs copains ou copines les incitaient, ou bien parce qu’ils l’ont voulu, tout simplement. Aujourd’hui, plus d’un milliard d’êtres humains fument. Combien ont commencé par la cigarette électronique, comme votre phrase peut le laisser penser incidemment. Combien de jeunes arborent fièrement une cigarette électronique à la sortie des lycées ?
Toujours concernant les mineurs, sachez que, alors qu’on ne leur demandait rien, par simple souci de responsabilité, les forums les plus importants sur le sujet ont interdit leur accès aux mineurs, des sites de vente sur internet et des magasins physiques ont interdit la vente à ces derniers. Certes, cela reste perfectible mais ce phénomène existe et atténue grandement vos propos alarmistes. Il y a aussi des gens responsables dans le milieu des vaporisateurs électroniques.

Au début de votre prose, vous affirmez aussi que « le produit échappe à toute réglementation ». Nous sommes navrés de devoir vous reprendre mais le propos est inexact. D’ailleurs, plus loin dans le texte, vous indiquez que le produit n’est soumis à aucune réglementation spécifique, ce qui est déjà un peu plus proche de la réalité. En fait, sauf cas particuliers précisés par l’ANSM, les vaporisateurs personnels sont soumis à la réglementation des produits de consommation courante. Ils sont donc placés sous le contrôle de la DGCCRF, comme vous l’écrivez. De plus, des contrôles ont déjà eu lieu, notamment des saisies exercées par les douanes. Bien évidemment, vous êtes libres de penser que ce statut est très loin d’être adapté aux vaporisateurs électroniques, que les contrôles sont totalement insuffisants. Vous pouvez demander un statut spécifique (même si on peut se demander si la classification des produits à la vente est de votre ressort), mais de là à asséner des contre-vérités, il y a une marge.

Abordons maintenant ce qui nous paraît être le point central de votre démonstration et qui, à notre avis, éclaire votre position. En effet, vous écrivez que la cigarette électronique ne participe pas à la « dénormalisation du tabac ». Expression un tantinet intellectualisée derrière laquelle se cache une philosophie. Peut-être même une idéologie. Pire même : on pourrait presque parler de dogme. Cette expression signifie que tout ce qui rappelle la cigarette doit être pourchassé, combattu voire interdit. Même si ce n’est pas une cigarette. C’est ainsi que l’on a interdit les cigarettes au chocolat. C’est comme cela aussi qu’il est aujourd’hui difficile de visionner un film dans lequel des acteurs fument. Il ne faudrait pas que les spectateurs puissent être tentés d’en griller une. On combat tout ce qui rappelle la cigarette alors même que cette dernière continue à être disponible dans tous les bureaux de tabac, liberté individuelle oblige.

Voilà donc où nous en sommes en France : parce qu’un produit ressemble vaguement à une cigarette et en reproduit certains aspects, parce qu’elle ne s’intègre pas dans votre schéma de pensée dogmatisante, il faut donc demander son retrait, même temporaire. Parce que les vaporisateurs personnels ne participent pas à la « dénormalisation du tabac », vous êtes prêts à renvoyer sans sourciller plus de 500000 personnes vers le tabac, qui resterait accessible, lui.

Croyez-vous que les vapoteurs obligés de repousser la porte des bureaux de tabac participeront alors à la « dénormalisation du tabac » ? Est-il normal que la ligue contre le cancer soit prête à renvoyer des anciens fumeurs de tabac vers leur ancien vice comprenant des dizaines de substances toxiques ou cancérigènes avérées ?

Tant pis, direz-vous certainement, ils n’ont qu’à se tourner vers les méthodes de sevrage classiques : patchs, gommes et autres champix. Nombre d’entre eux ont essayé maintes fois ces méthodes en pure perte ? Pas grave, ils recommenceront ! Ils échoueront peut-être encore, il n’y a pas de raison, mais, au moins, ce sera avec des méthodes qui participent à la « dénormalisation du tabac ». Et puis, en désespoir de cause, ils finiront peut-être à adhérer à votre ligue. Vous pourrez fêter dignement un prétendu recul de la mode tabagique et votre victoire idéologique. Votre dogme aura alors triomphé. En apparence seulement et à quel prix. L’enfer est décidément pavé de bonnes intentions.

Nous, utilisateurs des vaporisateurs électroniques, nous venons de la tabagie pour une immense majorité d’entre nous. Loin de participer à relancer la vente du tabac comme vous le prétendez, nous montrons au contraire qu’une autre voie est possible.

Bien sûr, nous ne déclarons pas que les vaporisateurs électroniques sont une solution miracle susceptible de convenir à tous les fumeurs. D’autres méthodes existent : l’arrêt sans substitut, les méthodes proposées par les laboratoires pharmaceutiques et les méthodes alternatives. Il ne nous appartient pas de juger quelle est la meilleure. Tout simplement, les vaporisateurs électroniques nous conviennent et nous ne demandons rien à personne. Que vous le compreniez ou pas, ils représentent un formidable espoir pour des millions de fumeurs qui n’ont jamais réussi à se débarrasser du tabac. C’est une possibilité supplémentaire laissée aux fumeurs avec ses qualités et ses défauts.

Bien évidemment, nous comprenons que les vaporisateurs électroniques fassent débat. Nous acceptons sans aucun problème que des acteurs de la santé puissent ne pas approuver ou ne pas recommander leur utilisation en l’absence de données scientifiques sur les effets à long terme. Nous sommes ouverts à des discussions sur la mise en place éventuelle d’un statut spécifique. Nous sommes aussi favorables à plus d’études sur le vapotage, afin d’être mieux informés, et à plus de contrôles, afin d’être mieux protégés.

Mais nous nous opposerons à tout retrait du marché sans autres certitudes que celles, bien discutables, que vous avancez. Sous le prétexte que notre choix ne reçoit pas votre assentiment, nous ne sommes pas disposés à nous laisser imposer votre diktat. Si votre combat est de lutter contre le cancer, le nôtre est de ne pas le contracter.

Veuillez agréer l’expression de nos salutations distinguées.

Pour L’AIDUCE ,
Son Président,
Brice LEPOUTRE

PS: Nous avons également joint en annexe un document de 73 pages regroupant les études sur la cigarette électronique et ses composants."

Voir les commentaires

Publié le 13 Mai 2013