Articles avec #tabagisme tag

Publié le 3 Mai 2013

Contacté il y a plusieurs semaines par Romain Verley, le journaliste qui a fait le reportage, j’avais l’espoir que cette émission pourrait enfin parler de la e-cigarette de façon objective en posant les vrais problèmes.

E-cigarette : la fin du tabac ?

Je suis plutôt déçu du résultat. Décryptage:

Le reportage commence d’emblée sur la présentation de la e-cigarette par un vendeur qui visiblement ne connaît rien à l’affaire. Il emploie le terme de « brûleur » à la place de vaporiseur ou cartomiseur, bref en utilisant ce terme il balaye d’un coup l’intérêt même de la e-cigarette. Un « brûleur », sous-entend qu’il y a une combustion! Or, c’est justement le point de départ de tout l’intérêt de la e-cigarette, le fait qu’il n’y ai plus de combustion, mais seulement une vaporisation par chauffage. Plus question de milliers de substances nocives contenue dans la fumée de cigarette, mais au contraire une simple vaporisation de la nicotine, la substance addictive que les fumeurs recherchent en fumant des cigarettes. Vaporisée, la nicotine produit le plaisir recherché par le vapoteur, mais n’est pas accompagnée du monoxyde de carbone ou des gaz oxydants (toxiques pour les systèmes pulmonaire et cardiovasculaire), ou des goudrons (substances cancérigènes) causant le cancer.

Deuxième contre-vérité: « avec un flacon comme ça, on a l’équivalent de 7 paquets de cigarettes », ça ne veut rien dire. On ne mentionne pas le fait qu’il existe plusieurs dosages de nicotine, voire des liquides sans nicotine, et qu’il n’existe pas réellement de calcul magique pour affirmer ce que ce monsieur dit. Même les vapoteurs confirmés seraient bien embarrassés de donner une équivalence exacte.

Ensuite vient le reportage dans l’usine Dekang en Chine. Elle a l’avantage de montrer que la fabrication n’est pas aussi « amateur » que l’on veut bien le dire habituellement. Par contre, aucun mot sur les fabricants français, il existent pourtant, mais cela aurait été bien moins exotique ! Quant à la toxicité éventuelle, il aurait mieux fallu demander l’avis des experts en santé que celui des fabricants que l’on peut toujours mettre en doute. Mais il faut faire de l’audience, alors on interroge l’inventeur chinois.

Et puis arrive l’incontournable Professeur français, qui évite soigneusement de nommer le produit, même s’il reconnaît que « ça » est beaucoup moins dangereux. Mais tout de suite derrière… il faut éviter que les non fumeurs l’utilise ! Est-ce vraiment la question primordiale? Et puis on aborde la question du vapotage passif. Il y aurait selon ce reportage des gens qui se plaignent que la vapeur passive, et on se demande si cela est nocif. Et il ne peut pas s’empêcher de parler « de vapeur et de fumée », il y tient à sa fumée. Pourtant avec la e-cigarette il n’y a pas de fumée, mais cela donne une connotation qui permet de classer le produit parmi les produits du tabac. Ce qu’il n’est pas. On dit même « pas d’étude référente sur le sujet ». Pourtant je n’ai pas rêvé, le Professeur a bien publié récemment une étude qui tend à montrer qu’il n’y a pas de vapotage passif (Bertholon JF, Becquemin MH, Roy M, Roy F, Ledur D, Annesi Maesano I, Dautzenberg B. Comparaison de l’aérosol de la cigarette électronique à celui des cigarettes ordinaires et de la chicha.). Mais l’étude n’est pas d’une grande qualité, et est très mal rédigée.

Puis vient le reportage avec le Docteur Granger. Et le raccourci, qui tue, la e-cigarette est 1000 fois moins dangereuse, donc on passerait de 65000 morts (chiffre faux d’ailleurs, c’est plus de 70000) à 65 ! Eh bien non, on ne peut pas dire cela. Réduire le danger de 1000 fois ne se traduit pas en divisant le nombre de morts par 1000. Il n’existe pas d’équation simple permettant de calculer le nombre de morts par rapport à la diminution de la toxicité. C’est bien plus compliqué que cela.

Ensuite arrive LA tabacologue de l’OFT. « la e-cigarette est moins dangeureuse ». Et tout de suite, « c’est pas bon pour les non fumeurs ». « c’est la même dépendance ». « il faut faire des étude pour décider » (si c’est bon pour les vapoteurs ou pas, donc on parle à leur place comme on le fait toujours pour les fumeurs!). Ensuite on parle de l’arrêt du tabac, et on élude le sujet de la e-cigarette. A l’évocation des dépenses anglaises dans la prévention, on oublie de dire qu’en Angleterre, l’argent investi ne sert pas seulement à la prévention, mais que le sevrage tabagique est pris en charge totalement et que les médicaments sont remboursés.

Et puis, c’est fini. On parle ensuite du tabagisme en Indonésie, on fait de l’audience avec un enfant de 2 ans dépendant du tabac, et des tactiques marketing de l’industrie du tabac. C’est louable, mais cela dilue le message sur la e-cigarette. Dommage, on attendait mieux de cette émission. Pas un mot sur la Directive européenne qui risque de tuer dans l’œuf une avancée historique. Pas un mot sur l’association AIDUCE qui a recueilli plus de 15000 signatures pour que la France et l’Europe n’entravent pas le développement de ce produit qui leur permet d’arrêter de fumer en douceur. La e-cigarette est une révolution dans le domaine de l’arrêt du tabac, et elle menace déjà les ventes de cigarettes. Des analystes économique prévoient que la e-cigarette pourrait devenir très vite une menace pour les cigarettiers, qui commencent d’ailleurs à s’y intéresser et achètent des entreprises fabricant des e-cigarettes. Pour entrer dans la danse au cas où, ou pour mieux tuer la concurrence? L’avenir nous le dira.

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Publié le 2 Mai 2013

An open message to European MEPs : http://www.youtube.com/watch?v=FjUbyq0n4Bo&feature=youtu.be
Un message à retransmettre à vos Députés européens pour les informer sur ce qu’est réellement la e-cigarette pour ses utilisateurs, avant leur vote pour la Directive sur les produits du tabac.

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Publié le 23 Avril 2013

C’est la conclusion d’une étude française publiée dans la Revue des maladies respiratoires http://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S0761842513000855

Bertholon JF, Becquemin MH, Roy M, Roy F, Ledur D, Annesi Maesano I, Dautzenberg B. Comparaison de l’aérosol de la cigarette électronique à celui des cigarettes ordinaires et de la chicha.

La cigarette étudiée est la Cigarettec « ZenAttitude » avec (16 mg) et sans nicotine. La taille des particules de l’aérosol dans le courant primaire (celui inhalé par le vapoteur) et dans le courant tertiaire (rejeté par le vapoteur) on été analysés à l’aide d’un impacteur électrostatique à basse pression, ainsi que la décroissance au cours du temps de la concentration de l’aérosol dans l’air. Le courant primaire a été généré par une série de 10 bouffées successives de 100 ml. Le courant tertiaire a été mesuré à partir de vapeur exhalée par 3 volontaires (les auteurs?). La décroissance de la concentration de l’aérosol dans l’air a été étudié dans une pièce fermée non ventilée de 60 m3 après exhalaison de 20 bouffées par chaque vapoteur.

La taille des particules (diamètre médian D50 exprimé en µm) du courant primaire est environ 2 fois plus élevée (0,60 µm) que celle de la cigarette ou de la chicha (0,27 µm). Pour le courant tertiaire, elle est de 0,29 à 0,34 µm, contre 0,30 µm pour la cigarette et 0,25 µm pour la chicha.

A partir de ces mesures, il ressort que le dépôt dans les voies aériennes total est de 26% pour la ecigarette (contre 23,5 pour la cigarette et la chicha), et au niveau alvéolaire de 14% (contre 14,5% pour la cigarette et la chicha). [Note personnelle : Ceci suggère que l'absorption de la nicotine avec la ecigarette devrait être suffisante pour produire des nicotinémies significatives]

Le point le plus intéressant en terme de vapotage passif, est que la demi-vie de l’aérosol (courant tertiaire) de la ecigarette est très courte (11 secondes) par rapport à celle de la fumée de tabac (>17 minutes) et que la majorité se disperse rapidement sous forme gazeuse. Le risque de vapotage passif semble donc, selon les auteurs être très limité, mis à part la présence éventuelle de nicotine résiduelle dans l’air ambiant (non mesuré dans l’étude) et sur les surfaces où elle peut se déposer.

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Publié le 16 Avril 2013

La revue Tobacco Control sort un numéro spécial sur l’élimination du tabagisme (Accès libre). Special issue on Tobacco endgame (Open access).

Lire en particulier, le commentaire de Lynn Kozlowski sur la question morale de l’élimination de la dépendance!

A must read: commentary from Lynn Kozlowski.

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Publié le 11 Avril 2013

Voici une petite mise au point pour éviter aux fumeurs de continuer à se faire avoir avec les cigarettes légères.

Cette dénomination est interdite en Europe depuis 2003, suite à l’expérience que je vais vous présenter ci-dessous. Par contre, l’industrie du tabac a essayé d’entretenir le doute dans la tête des fumeurs en remplaçant les mots par des couleurs. Regardez donc des paquets de cigarettes alignés chez le buraliste et essayez de deviner lesquelles sont « dîtes » légères… elles sont en général dans des paquets aux couleurs pastelles. C’est une des raisons qui pousse a introduire le paquet générique comme en Australie, afin que l’industrie du tabac arrête de « communiquer » avec (c’est le seul média dont ils disposent dans les pays où la publicité est interdite).

Tout d’abord il faut savoir que dans une cigarette, dans le tabac de la cigarette, il y a environ 12 mg à 14 mg de nicotine, quelle que soit la cigarette. Le fumeur peut en théorie, en modifiant sa façon de fumer (bouffées plus volumineuses, plus fréquentes, retenues plus longtemps dans les poumons…), en tirer entre 1 mg et 3 mg. C’est ce qu’a essayé de démontrer l’étude de Martin Jarvis publiée en 2001.

Pour tromper le fumeur, les rendements en nicotine, CO et goudrons, indiqués sur les paquets, sont obtenus en faisant fumer la cigarette par une machine à fumer (pas un être humain) selon un rythme et des bouffées établies par l’industrie du tabac dans les années 1930. Non pas dans une optique de santé, mais tout simplement pour comparer leurs produits qualitativement et quantitativement afin de fournir aux fumeurs un produit qui reste comparable dans le temps. Avec l’introduction des cigarettes légères, dans les années 1970, l’industrie a simplement fait des trous microscopiques au niveau du filtre, afin de diluer la fumée qui en sort (voir schéma ci-dessous).

Les cigarettes légères ça n’existe pas ! (2)

Vous pouvez voir sur l’image (à droite) que les trous sont pratiqués là où le fumeur place ses doigts, voire ses lèvres, et que donc en utilisation « normale » par un être humain, et non pas une machine à fumer, les trous sont bouchés! D’où la possibilité de tirer de la cigarette des rendements en nicotine supérieurs à ceux indiqués sur le paquet. Un numéro de 60 millions de consommateurs y avait été consacré.

Dans l’étude de Martin Jarvis, les fumeurs avaient procuré un échantillon de salive afin de mesurer la concentration de cotinine (un produit de dégradation de la nicotine, qui reste plus longtemps dans l’organisme que la nicotine), et de faire un petit calcul (en connaissant le nombre de cigarettes qu’ils avaient fumé ce jour là) afin de déterminer combien de nicotine un fumeur tire en moyenne par cigarette. Si les cigarettes légères étaient ce qu’elles prétendaient être, on aurait dû avoir le graphique rouge ci-dessous. Une cigarette prétendant délivrer 0,5 mg de nicotine (tel qu’indiqué sur le paquet) devrait délivrer 0,5 mg au fumeur. Mais ce qu’on a observé, c’est ça !

Les cigarettes légères ça n’existe pas ! (2)

Les barres bleues indiquent ce que les fumeurs tirent réellement de chaque cigarette. On voit sur ce graphique que quel que soit le type de cigarettes, normales, légères ou ultra-légères, le fumeur va chercher, et trouve, un peu plus de 1 mg de nicotine…

Preuve était donc faite que ces dénominations ne veulent rien dire… et que l’on a trompé le fumeur, pour éviter qu’il n’arrête de fumer, mais qu’il croie que ses cigarettes étaient moins dangereuses!!!

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Publié le 29 Mars 2013

Voici une nouvelle étude qui va sortir dans le journal Addiction. Pour les anglophiles le résumé est ici : http://onlinelibrary.wiley.com/doi/10.1111/add.12150/abstract

C’est une étude intéressante à plus d’un titre. D’abord par le nombre de vapoteurs, 1347. Ensuite parce qu’ils viennent de 33 pays, dont 72% d’Europe. L’étude a été réalisée entre septembre 2011 et mai 2012 chez des utilisateurs de e-cigarette TECC (Electronic Cigarette Company) et de e-liquide TotallyWicked. L’âge moyen était de 43 ans, 70% étaient des hommes, 44% étaient diplômés. Les vapoteurs recrutés ont rempli un questionnaire sur internet qui prenait environ 15 à 20 minutes à remplir. Il était composé de 6 sections:
1. données démographiques et statut tabagique;
2. le test de Fagerström (pour ceux fumant encore) et une version modifiée « au passé » pour les ex-fumeurs (plus la durée de leur abstinence);
3. les données d’utilisation de la e-cigarette, incluant le type, la dose de nicotine utilisée et les arômes utilisés, ainsi que la quantité en ml par jour, et le nombre de bouffées quotidiennes, mais aussi les motivations de l’utilisation (sans qu’il soit précisé les mots « arrêt du tabac » pour ne pas les influencer), leur dépendance vis à vis de la e-cigarette et leur essais de diminution;
4. les effets de la e-cigarette, incluant la satisfaction, le « hit », l’acceptabilité, le goût, les envies de fumer, l’impact sur leur comportement tabagique et les effets respiratoires (tous évalués sur une échelle en 4 points allant de « pas du tout » à « très »);
5. les effets indésirables de la e-cigarette;
6. d’autres commentaires sur l’utilisation (non analysés pour cet article).

Les résultats montrent que:
78% des ex-fumeurs et 66% des utilisateurs concomitants (fumant encore) ont commencé à vapoter pour trouver une alternative au tabac;
74% ne fumaient plus depuis au moins quelques semaines depuis qu’ils vapotaient (67% des ex-fumeurs ne fumaient plus depuis plusieurs mois et 55% des fumeurs avaient considérablement réduit leur consommation);
91% ne ressentaient plus de forte urgence à fumer (craving) (95% chez les ex-fumeurs et 70% chez les fumeurs);
72% utilisaient un système à réservoir (tank), le plus courant étant l’eGo-C (23%);
la durée d’utilisation moyenne était de 10 mois;
1% seulement utilisaient du NO (0 mg nicotine);

Les vapoteurs considéraient la e-cigarette comme:
étant satisfaisante d’utilisation;
ne créant que peu d’effets indésirables (76% à 99% sans effets indésirables, selon les effets indésirables);
étant plus saine que la cigarette conventionnelle;
améliorant la toux et la respiration;
et étant associée à une réduction importante du craving (envie irrépressible de fumer).

Parmi les ex-fumeurs:
le délai entre le réveil et la première vape était significativement plus long que le délai de la première cigarette du matin (p<0,001), suggérant une moindre dépendance à la e-cigarette comparé à la cigarette conventionnelle;
la réduction du craving était plus importante que chez ceux qui continuaient à fumer (utilisation conjointe de e-cig et de cigarettes) (p<0,0007);

Par rapport aux hommes, les femmes optaient plutôt pour des saveurs douces comme le chocolat (p<0,001), et préféraient les e-cigarettes ressemblant aux cigarettes conventionnelles (p<0,001).

En conclusion, dans cet échantillon, les vapoteurs utilisaient principalement la e-cigarette pour arrêter de fumer, mais avec une durée d’utilisation supérieure à celle observée avec la substitution nicotinique, et considéraient la vape comme étant plus sûre que le tabagisme.

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Publié le 11 Mars 2013

La communauté des vapoteurs se mobilise contre le projet de Directive européenne qui menace la cigarette électronique. l’Association Indépendante Des Utilisateurs de Cigarette Electronique (AIDUCE) est née et propose d’écrire aux députés européens pour les alerter…

http://cigarette-electronique-recherche.fr/2013/02/1356-pour-une-cigarette-electronique-libre-nous-avons-besoin-de-vous/#more-1356

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Publié le 8 Mars 2013

Voici un poster que m’a envoyé son auteure canadienne (en anglais) :

Voilà, j’ai sélectionné tous les articles qui parlent de e-cigarette et qui seront présentés la semaine prochaine au congrès de la SRNT (Society for Research on Nicotine and Tobacco) à Boston, où je serai. Le document est ici.

Évidemment c’est en anglais. Ceux qui savent pourront en extraire les données intéressantes et les partager.

Le site www.treatobacco.net (en 11 langues, dont le français), dont je m’occupe, est en train de créer une page spéciale pour la e-cigarette recensant toutes les études. La page sera bientôt accessible, elle est en construction actuellement.

N’oubliez pas de signer la pétition de AIDUCE !

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Publié le 5 Mars 2013

Mme Marisol Touraine
Ministre des Affaires sociales et de la santé
14, avenue Duquesne
75350 PARIS 07 SP

Rennes, 5 mars 2013

Chère Madame la Ministre,

Je vous ai entendu aujourd’hui sur France Info à propos de la cigarette électronique et de l’enquête que vous avez demandée à vos services. Je vous écris en tant que scientifique, spécialiste de la nicotine et de la dépendance au tabac depuis presque 30 ans (première thèse de science sur ce sujet en France) pour vous proposer de rencontrer vos services afin de leur exposer mon analyse sur la e-cigarette. J’ai déjà alerté certains députés européens à propos de la proposition de nouvelle Directive sur les produits du tabac. En particulier, concernant les e-cigarettes, à les classer pour la grande majorité comme des médicaments.

Alors qu’une réglementation raisonnée protégeant le consommateur (en contrôlant la qualité des e-cigarettes et des e-liquides associés) pourrait être un bienfait pour la santé publique, une réglementation trop contraignante, telle qu’elle est actuellement proposée dans le projet de Directive (en imposant aux fabricants de réglementer la e-cigarette comme un médicament), pourrait simplement priver les fumeurs d’une option considérablement moins nocive que la cigarette conventionnelle, qui par ailleurs est, elle, très peu réglementée et bien plus accessible.

Il est bon de rappeler à ce sujet, que chaque année 70 000 personnes meurent du tabac en France, plus de 500 000 en Europe, et plus de 5 millions dans le monde. Et comme l’a souligné récemment le rapport accablant de la Cour des comptes (http://www.ccomptes.fr/Actualites/A-la-une/Les-politiques-de-lutte-contre-le-tabagisme), les politiques de santé contre le tabagisme n’ont pas été à la hauteur, surtout en France, mais pas seulement, et le lobbying forcené de l’industrie du tabac n’y est pas étranger.

En Europe, l’Angleterre sort du lot et a mis en place une politique efficace depuis les années 2000. Cette politique a porté ses fruits et le nombre de fumeurs a considérablement baissé outre-Manche alors qu’il a augmenté en France entre 2005 et 2010 (à ce propos, nous manquons aussi cruellement de données récentes en France!).
L’Angleterre est aussi en avance concernant la réduction du risque tabagique et des recommandations, incluant la place de la e-cigarette, sont à l’étude par NICE, et seront disponibles prochainement http://guidance.nice.org.uk/PHG/52.

En France, la réglementation actuelle autorise la vente de cartouches contenant moins de 10 mg de nicotine, et de e-liquide ayant une concentration de moins de 20 mg/ml (il existe des concentrations supérieures, mais selon l’agence de réglementation des médicaments, l’ANSM, il faut alors une autorisation de mise sur le marché, comme pour un médicament http://ansm.sante.fr/S-informer/Points-d-information-Points-d-information/Cigarette-electronique-Point-d-information). Cette situation satisfait pleinement pour l’instant les utilisateurs de e-cigarette. La proposition de nouvelle Directive imposerait une limite de 2 mg par cartouche, ou de 4 mg/ml pour les e-liquides. Pour un pharmacologue, cela indique que ces concentrations ne permettraient pas aux utilisateurs d’obtenir des concentrations sanguines suffisantes pour apaiser leurs symptômes de sevrage, et les obligeraient alors de continuer à fumer pour obtenir les doses de nicotine dont ils ont besoin, à cause de leur dépendance.

Or, tout l’intérêt de la e-cigarette est justement de permettre à son utilisateur d’abandonner rapidement la cigarette, comme en attestent les nombreux messages d’utilisateurs sur les forums de discussion qu’ils ont créés (ces discussions représentent un phénomène nouveau, jamais vu auparavant chez les fumeurs). Ils comptent tous d’ailleurs le nombre de cigarettes (qu’ils appellent «tueuses» ou «cancerettes») qu’ils n’ont pas fumées depuis qu’ils ont commencé la e-cigarette et l’indiquent dans leur signature sur ces forums. Considérant que la fumée de tabac contient, hormis la nicotine qui entretient la dépendance mais ne cause pas les maladies liées au tabac, plus de 7000 substances chimiques, dont le monoxyde de carbone et les gaz oxydants, toxiques pour le système cardio-vasculaire, et les substances cancérigènes, utiliser la e-cigarette permet à ces utilisateurs d’apaiser leur manque de nicotine en éliminant immédiatement l’exposition dangereuse à toutes ces substances toxiques.

Il serait dommage, à cause d’une réglementation trop stricte, d’arrêter ce phénomène qui pourrait enfin voir se réaliser ce que prédisait en 1991 l’un des pionniers de la recherche sur la dépendance tabagique, Michael Russell: «Ce n’est pas tant l’efficacité à court terme des nouveaux substituts nicotiniques comme aide à l’arrêt, mais plutôt leur potentiel à devenir des substituts à long-terme de la cigarette, qui fait de l’élimination du tabagisme un but réaliste… Ces futurs produits devraient être activement promus sur un marché ouvert afin d’entrer en compétition avec le tabac. Il faudra pour cela que les autorités de santé les approuvent, que leurs taxes soient faibles, et que les mouvements anti-tabac les soutiennent afin que l’éradication progressive du tabagisme soit un but atteignable.»

Nous sommes, sur le site www.treatobacco.net, dont je suis le Directeur, en train de collecter l’ensemble des données scientifiques sur la e-cigarette, et nous allons les mettre en ligne prochainement.

Je me mets donc à votre disposition pour de plus amples renseignements concernant la e-cigarette et les données scientifiques dont nous disposons.

Veuillez agréer Madame la Ministre, l’expression de ma considération distinguée.

Jacques Le Houezec
Conseil en Santé publique, Dépendance tabagique
Honorary Lecturer, UK Centre for Tobacco Control Studies, University of Nottingham, England.
Directeur, www.treatobacco.net
Blog : http://jlhamzer.over-blog.com/

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Publié le 5 Mars 2013

The future Tobacco Products Directive, in its current version, proposes to maintain the ban on snus in Europe (snus is a smoke-free product available in Sweden that is considerably safer than cigarette) and to strongly regulate electronic cigarettes by limiting the dose they could deliver to such low levels that it would results in just killing the product for good.

Most of the Tobacco Control NGOs who can be heard in Brussels are totally opposed to lifting the ban on snus sales in Europe, and similarly oppose strong objections about e-cigarette sales. Their only goals seem to be willing to kill the tobacco industry, and to protect children from starting smoking , not to save the lives of millions of smokers. They pretend that liberalising sales of snus or e-cigarettes would favor adolescent initiation to smoking. For snus, because it would be easier for them to conceal their tobacco use (snus is put in the mouth and is not visible). For e-cigarette, because adolescents could be fooled by a product that could appear as safe.

The goal of the TPD is, at best, to reduce tobacco smoking in the EU by 2% in the next 5 years. This is far from what could and should be done. In France, as an example, the tobacco smoking prevalence increased from 2005 to 2010 after being on the decrease for the previous decade. Why? A report from the Cour des comptes published last December speaks for itself!

The WHO Framework Convention on Tobacco Control (FCTC) is a great achievement, and many provisions to control tobacco are evidence-based and represent a real improvement. However, the FCTC forgot about a very important aspect of tobacco dependence : tobacco harm reduction. The Tobacco Control community is currently mainly aiming at denormalising tobacco smoking wishing that it will convince all smokers to quit, and reduce youth initiation. It is a delusion. Tobacco use has been an addiction for thousands of years, despite the fact that cigarette smoking and the tobacco epidemic emerging from it is more recent. According to WHO, tobacco use killed about 100 million people in the 20th century, and if nothing is done to derail it, it may kill 1 billion people in the 21st century.

Tobacco harm reduction

I would suggest that you listen to Gerry Stimson (link below). His vision on the potential benefits emerging from snus and e-cigarette use on tobacco epidemic is a model. Harm reduction for IV drug addicts, with the introduction of needle exchange programmes or substitution, or for the use of condoms to avoid AIDS epidemic, were not accepted in one day. But currently, tobacco harm reduction is only supported by a few experts in the field.

Nicotine is partly responsible for tobacco dependence, but not harm. Nicotine is a pretty safe drug when used at doses a smoker or a « vaper » inhale. Tobacco harm is due to inhalation of smoke, whatever smoke it is (the one emanating from a barbecue is not less harmful !). Tobacco smoke contains over 7,000 substances, including more than 50 cancer causing substances, oxidant gases, and carbon monoxide (CO) highly harmful for the heart and the vascular system. The most immediate danger is coming from CO that bind to hemoglobin 200 times more strongly than oxygen itself, and so replaces oxygen in blood and reduces drastically its availability for body organs. This is one of the reasons for smoke free laws to take place, because second-hand smoke (the one that comes from a cigarette when not puffed by a smoker) is even more harmful than the smoke the smokers inhale (it is more concentrated in toxicants because combustion is less effective).

Using snus (a smokefree product), or an e-cigarette immediately stops smoke inhalation. The vapor produced by an e-cigarette contains mainly nicotine and its vector (propylene-glycol, glycerine, water, alcohol, and flavourings), none of the toxic substances from tobacco smoke. Consequently, before even considering long-term benefits, it is all the tobacco-related pulmonary diseases that are eradicated. Since there is no CO, most of the cardiovascular diseases are also eradicated. Try to imagine if only 20% to 30% of the smokers would immediately stop smoking and use snus or e-cigarettes. There would be immediate health benefits, and of course in the long run, huge health savings. And when it comes to savings, it will be both for the smoker and the health system, so the government, so the tax payer in the end.

But for all this to happen, it will need the support of our European Parlement representatives (MEP) to modify the current Tobacco Products Directive project, in order to allow the sales of snus in Europe*, and the e-cigarette to develop without extra burdens. The 4 mg/ml limit for e-liquids, or the 2 mg per cartridge, or a blood nicotine level of 4 ng/ml will not satisfy a smoker’s needs. Leaving the limit as it is in the project would mean killing the e-cigarette industry, and send back the smokers to smoke their cigarettes.

*(many smokefree products are available for sale all over Europe, only snus is banned when all the experts agree that it is considerably less harmful than these products).

Then why not just regulating e-cigarettes, as many people propose ? Well, just because this phenomenon has developed naturally among smokers by word of mouth, and that it seems to satisfy them. It is the first time in history that such a phenomenon is observed. It would then be non-constructive to over-control it. It just needs that consumers protection apply, and that safety and quality controls, even stronger than usual, are set up. But for no means e-cigarettes should be controlled like medicines. If some companies wishes to do it, it should then be possible and made clear in the Directive, but it should not apply to all. We know too well in the smoking cessation community that barriers to treatment de-route smokers from even trying to stop smoking. This is why we advocated in the past that all nicotine replacement therapies (NRT) should be sold over the counter (OTC), without requiring a prescription. I personally advocated at the time, that they should have been made available in tobacconists (they are only available in pharmacies in France, not even in general stores). But even when available OTC, most smokers don’t use them, the majority of them quit cold turkey. And this is not because of a lack of efficacy, as we hear too often. Used at sufficient dosage, and for long enough (often the use of patch + oral form is best), NRT helps smokers to quit.

And finally, if we leave the Directive in its current form, it will not help smokers, but it will certainly helps the cigarette industry. Their strong lobbying are very efficient in Brussels (as we could hear during the meeting of the ENVI Committee from representatives from tobacco growing countries. The speeches on the toxicity of contraband or counterfeit cigarettes was directly inspired from the tobacco industry). We need to act urgently in order to offer to European smokers the best protection. We should stop to lie to smokers, like WHO does, in saying that all tobacco products are equally harmful. This is simply not true. Tobacco smokefree products are safer than combustible products, snus is safer than most tobacco smokefree products, and e-cigarettes is probably not more harmful than many other consumer products. To finish, I would like to cite a pioneer in tobacco research that I had the privilege to know, Michael Russell, who in 1991 had this vision:

‘It is not so much the efficacy of new nicotine delivery systems as temporary aids to cessation, but their potential as long-term alternatives to tobacco that makes the virtual elimination of tobacco a realistic future target. … Such products should be actively promoted on the open market to compete with tobacco products. They will need health authority endorsement, tax advantages and support from anti-smoking movement if tobacco use is to be gradually phased out altogether.’

Sent on 5 March to Mrs Linda McAvan (linda.mcavan@europarl.europa.eu), rapporteure on Tobacco Directive http://www.europarl.europa.eu/meps/en/2327/LINDA_MCAVAN.html

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