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Publié le 11 Octobre 2016

Voici un témoignage de quelqu'un qui a arrêté de fumer grâce à la vape depuis plusieurs années. Ce témoignage m'a séduit car il illustre parfaitement ce que je dis et essaye de faire depuis de nombreuses années ; dédiaboliser la nicotine. Je vais parcourir ce texte avec vous, en y ajoutant quelques notes (le texte en bleu, celui en noir étant le texte de Franck).
Je remercie Franck de m'avoir autorisé à publier son billet ici.
 
Franck, administrateur du forum http://www.ecigarette-public.com, et co-fondateur de l'AIDUCE, a donc publié ce long billet pour faire son...
 
COMING OUT

Hello à tous et bises aux dames.
Attention, c'est un long billet, mais que voulez-vous j'avais pas mal de choses à dire !  Very Happy
Ce billet représente mon opinion et n'est pas forcément partagé par l'ensemble du staff à 100%.

1. C’est une déclaration. Ma déclaration. Deux ou trois mots d’amour.

J’ai mis du temps avant de le savoir réellement. Avant de comprendre. J’ai aussi mis un peu de temps avant de l’avouer publiquement. Car ce que je m’apprête à dire n’est pas forcément bien accepté par notre société qui prône pourtant la liberté et l’accomplissement de l’individu. On ne cesse de criailler « liberté » sur tous les tons et toutes les intonations, pourtant, on l’apprend assez vite, il y a des limites à ces beaux idéaux basés sur la liberté. Alors soit on les accepte de bonne grâce, soit on se tait mais on n’en pense pas moins, soit on s’affirme sans crainte.

Ce que je vais faire aujourd’hui.

Je fais donc mon coming out.
Enfin, en quelque sorte. Car non, je ne vais pas vous narrer mes préférences sexuelles d’une affligeante banalité. Mon coming out se situe sur un tout autre terrain.Wink

Voilà mon aveu : J’aime la nicotine, j’aime l’utiliser avec mes « vapappareils » et je n’ai absolument aucune envie d’arrêter d’en prendre. Oui, j’aime les effets de la nicotine. J’aime cette sensation d’apaisement qu’elle procure tout en contribuant à garder mes sens en éveil. Je me trouve donc très bien dans ma consommation de nicotine et ne vois aucune raison de changer.

Un jour peut-être j’arrêterai cette relation. Si la nicotine venait à me tromper. A être finalement plus destructrice que séductrice. Mais ce jour n’est pas arrivé.

Voilà, c’est dit !Very Happy

2. L’enfer, c’est les autres

Je peux apercevoir l’interrogation de certains d’entre vous. Comment ? Mais que nous chante-t-il là cet apôtre ? La nicotine n’est pas interdite ! On peut la consommer dans les cigarettes. On peut acheter des gommes en pharmacie. Tiens, il peut même continuer à vaper si le cœur lui en dit. De quoi se plaint-il ?

Oui, on peut consommer la nicotine sous plusieurs formes sans risquer des amendes, la prison ou l’écartèlement en place publique.

Mais tout le monde le sait, fumer n’est pas forcément dans l’air du temps. Les interdictions ou restrictions de fumer gagnent de terrain. Doucement. Imperceptiblement. Sans compter le regard noir des non-fumeurs qui font bien comprendre, à juste raison, qu’ils n’ont pas spécialement envie d’être opportunés par une fumée aussi nauséabonde que dangereuse pour la santé.

La vape ? Cette dernière n’est pas interdite. Vous avez raison. Ceci dit, on peut noter les efforts constants du gouvernement pour tenter de l’exclure des lieux fermés ouverts au public. Et pourquoi ? Pour odeur nauséabonde et dérangeante ? Pas du tout. Pour vapotage passif ? Pas plus. Parce que vaper est un geste de séduction et que cela pourrait inciter des fumeurs à fumer.

Par décence, je ne vous parlerai pas des médias, toujours prompts à titrer sur l’explosion d’une batterie ou sur la dernière étude prétendument scientifique mais réellement négative, oubliant consciencieusement de publier des articles sur les études positives, contribuant ainsi à donner une image délétère de la vape.

Et puis vous trouverez toujours un proche, un voisin, voire le médecin pour vous dire que c’est pire ou que c’est mieux que le tabac, c’est selon, mais qu’il faudra quand même songer à arrêter parce qu’on ne sait pas trop ce qu’il y a dedans. Et puis il y a de la nicotine quand même.

Mieux encore : j’ai vu des vapoteurs me regarder avec le regard vitreux des gars qui ne comprennent pas lorsque je leur disais que j’utilisais plusieurs taux de nicotine, généralement entre le 6 et le 18 mg/ml depuis mes débuts et que cela me convient très bien comme cela et n'avais nullement l'intention de changer.

3. Diabolisation de la nicotine : tout ce qui est excessif est insignifiant.

Ah la nicotine, que de bêtises dit-on sur elle !

La nicotine est régulièrement diabolisée, notamment par le grand public.  Elle est victime de préjugés particulièrement tenaces, enfants bâtards nés de l’accouplement de la pure ignorance et de la bêtise crasse (cf. cette conférence, à partir de 5'30).

Et ces préjugés ne datent pas d'aujourd'hui, les raisons de leur existence sont à rechercher des dizaines d'années en arrière.

Hormis quelques légumes et féculents contenant de la nicotine à l’état de traces, comme la pomme terre ou l’aubergine, la méthode d’ingestion de la nicotine la plus usitée jusque dans les années 80 est évidemment l’absorption par les produits à fumer ou par les produits à chiquer. Du coup, tout le monde, y compris certains médecins, avaient une fâcheuse tendance à confondre tabac et nicotine. Les cigarettes donnent le cancer, il y a de la nicotine dans le tabac, donc la nicotine donne le cancer.

Ce n’est qu’à l’apparition des substituts nicotiniques, comme les gommes et les patchs, que le discours changea radicalement. La nicotine n’était plus du tout dangereuse ni même addictive lorsqu’elle était utilisée via les produits pharmaceutiques (cf. cette page d'un labo pharmaceutique).

Maintenant que la vape se développe, curieusement, la nicotine est redevenue un produit nocif qu’il convient d’éviter le plus possible. Enfin surtout avec la vape et toujours pas pour les produits de sevrage classique (cet article de Vaping Post sur l'OMS). Allez y comprendre quelque chose.scratch

Pourtant, il n’a pas été démontré que l’inhalation de nicotine seule soit susceptible d’entraîner de graves effets sur la santé. Non pas que son utilisation soit totalement anodine, qu’il n’y ait pas quelques conséquences cardio-vasculaires (augmentation de la pression artérielle, augmentation du rythme cardiaque) mais tout cela reste encore à préciser de manière certaine. Peut-être même à affirmer.

Je souhaite apporter ici une précision, l'effet stimulant sur le système cardiovasculaire ne s'observe qu'en aigu, en particulier après une période de non consommation (le matin par ex.), mais que durant la journée ce phénomène disparaît à cause de la très grande tolérance à ces effets de la nicotine chez le fumeur ou l'utilisateur de nicotine.

Au contraire même : des études récentes mettent en valeur les bienfaits de la nicotine, comme une étude américaine publiée en 2014 qui annonce que la nicotine favoriserait l’apprentissage et la concentration et permettrait de lutter contre la maladie de Parkinson (cf. cet article du Point.fr). At last but not least, la nicotine pourrait aider à lutter contre les dépressions, l’hyperactivité ou les TOC. Pas mal, non, pour une substance si décriée ?

Il faut savoir que nous avons des récepteurs nicotiniques partout dans le corps, y compris dans le système digestif, ce sont eux qui nous permettent aussi de contracter nos muscles striés, et qu'il y a plusieurs types de récepteurs nicotiniques, en particulier dans le cerveau. La conséquence est que la nicotine peut être un outil, voire un médicament, pour comprendre ou traiter de nombreuses maladies. Quant au Parkinson, nous avons réalisé une étude pilote qui nécessiterait d'aller plus loin, mais que pour l'instant rien ne bouge, même si une association de patients atteints de la maladie de Parkinson s'est créée autour du traitement par la nicotine (A2N).

Mais si la nicotine n’est pas forcément un haut facteur de risques si elle est inhalée, qu’en est-il des risques en cas de contact cutané ? En cas d’ingestion malencontreuse ? Si des enfants venaient à boire une fiole par exemple ?

Au début de la vape, tout le monde, y compris les scientifiques, pensait que la nicotine était létale à partir d’environ 50 mg pour un adulte. Nettement moins pour un enfant car la dose létale varie en fonction du poids des individus. Bien entendu on pensait aussi qu’on pouvait avoir des problèmes à des doses bien inférieures : brûlures, palpitations cardiaques en cas de présence de liquides sur la peau, sensation d’ivresse, etc. Cet article du point datant de 2014, donc pas si vieux que cela, éclaire sur la présentation qui était faite de la nicotine (cet article du point.fr). Pas de quoi pavoiser. Lorsqu’on se renversait un peu de liquide sur la peau la première fois, on n’en menait pas large ! Et très vite, on s’est rendu compte que cela n’avait absoluement aucun effet.

Et pourquoi personne ne se pose de question quand on se pose un patch sur la peau ? C'est aussi de la nicotine, et pure en plus ! Alors qu'un liquide à 20 mg/ml c'est une dilution à 2%.


Des enfants en bas âge ont absorbé des gouttes de liquides nicotinés. Il y a donc eu quelques intoxications signalées, notamment plus d’un millier de cas aux USA, mais, à notre connaissance « seulement » deux morts d’enfants à travers le monde : une jeune fille en Israël, un cas dont on n’entend plus parler (et n'a jamais été confirmé), et un jeune garçon aux USA qui aurait avalé de la nicotine pure. Certes, deux, c’est déjà beaucoup mais, par rapport à d’autres terribles accidents liés aux enfants, cela reste un chiffre bas.

On s’est donc vite rendu compte que la nicotine n’est pas si dangereuse à des doses habituelles. Une étude de Bernd Mayer publiée en 2013 vint confirmer ces soupçons. Ces travaux évaluent entre 500 mg et 1 g la dose létale (wikipedia). Ouf, nous voilà soulagés, cela laisse une confortable marge. Very Happy  Bien entendu, les vapoteurs doivent rester vigilants et ne pas faire n’importe quoi, notamment en présence d’enfants. Cependant, il y a de quoi être relativement serein et de ne pas paniquer si quelques millilitres de liquide nicotiné se déposent sur votre peau délicate.

Tordons le coup à une autre idée émise par quelques nouveaux vapoteurs. En effet, certains d'entre eux hésitent à prendre des taux de nicotine assez forts, qui pourraient pourtant leur convenir afin d'éviter un surdosage nicotinique. On se calme. Le surdosage nicotinique n'est pas dangereux. Lorsqu'on abuse de la nicotine par rapport à sa dose habituelle, le corps réagit tout de suite : on a des nausées, des maux de tête, on tremble comme au premier rendez-vous. Si vous êtes malin, vous allez vous adapter immédiatement en vapant moins tout simplement.

Aussi, malgré les préjugés, malgré les « on-dit » toujours vivaces, notre connaissance de la nicotine augmente jour après jour et, finalement, même si la nicotine n’est peut-être pas un produit banal, elle est loin d’être la substance démoniaque que certains se complaisent à décrire.
Alors, une fois que vous avez exposé à d’éventuels détracteurs ces quelques arguments, il ne leur reste plus qu’à vous opposer cette vieille antienne que le vapoteur connaît bien : « mais tu es toujours accroc ! Tu restes addict ».

4. Addict à la nicotine. Oui et alors ?

Le vapoteur que je suis reste accroc. Bien sûr. Dépendance plus psychologique que physique soit dit en passant. Je comprends d’ailleurs les fumeurs ou vapoteurs qui souhaitent ne plus être dépendants. Ils souhaitent être libérés de ce qu’ils estiment être un poids tout en gagnant un peu de pouvoir d’achat en passant. D’autres préfèrent arrêter la vape car ils ont des doutes sur les effets de la vape sur leur santé à terme. C’est totalement respectable.

Mais j’ai quand même la furieuse impression qu’un certain nombre de vapoteurs débutants ou de jeunes vapoteurs n’ont qu’une idée en tête : se passer de nicotine le plus vite possible, genre « il y a 15 jours j’étais en 12 mg/ml, là, je suis passé en 6 mg et bientôt, je tente le 3 ! ». Pourquoi être si pressé ? C’est une course ? Il y a quelque chose à gagner si on arrête la nicotine avant tout le monde ? Ce genre de comportement me semble plus être la résultante de cette pression négative environnante qu’une décision pesée et mûrement réfléchie.

Vous voulez arrêter la nicotine ou alors la vape à terme ? Très bien. C’est respectable. Mais prenez votre temps. Ne vous précipitez pas. J’en ai vu des membres vouloir précipiter leur baisse de nicotine et qui sont retournés illico presto au tabac. Lorsque vous baissez votre taux et que vous ressentez des manques importants, n’hésitez pas à revenir en arrière en reprenant un taux de nicotine plus fort plutôt que de vouloir à tout prix continuer à baisser le taux de nicotine. Il y en a qui ont essayé, ils ont eu des problèmes.Razz

Dernière point : vouloir baisser le taux de nicotine de vos liquides alors que vous continuez à fumer en même temps ne vous apportera pas grand-chose, sinon un retour à votre niveau de tabagisme antérieur. A vous de voir. Ne riez pas, on a vu des vapoteurs vouloir à tout prix descendre le taux de nicotine alors qu’ils fumaient encore, comme si le danger immédiat était la nicotine dans leur liquide et non pas la cigarette ! Cela n’a pas fait un pli : ils sont redevenus fumeurs exclusifs.

Comme le dirait Jacques Le Houezec, dans le sevrage tabagique, la nicotine n’est pas le problème, c’est la solution. La nicotine est la meilleure alliée du vapoteur, et non l’ennemi qu’il faut combattre obligatoirement. Je rajouterai, il faut savoir utiliser la nicotine comme un outil pour ne pas risquer de rechuter dans le tabagisme.

On devient addict au tabac à cause de la nicotine (et des autres substances de la fumée qui renforcent cette dépendance), c’est vrai. Mais on ne meurt pas à cause d’elle. On meurt du goudron, du monoxyde de carbone.
Donc, oui, je suis addict (je dirais plutôt dépendant, mais comme on peut l'être du café et pas comme on l'est quand on fume). Tout à fait. Cependant, il est utile de rappeler que l’être humain n’est pas parfait par nature. Il a ses limites, ses défauts, ses déséquilibres. Qui peut se targuer d’être tout le temps équilibré en toute chose ? Ce ne sont certainement pas les accrocs à la télé, aux jeux vidéo, au travail, aux smartphones, au tabac, au sexe, aux réseaux sociaux, à l’alcool, aux drogues douces ou dures, au sport, aux jeux d’argent, au pouvoir, à l’argent ou à la célébrité qui vont me contredire !

L’important, de mon point de vue, est que cette addiction n’ait pas un effet particulièrement néfaste sur ma santé, ce qui semble être le cas, qu’elle ne cause pas de tort à mon entourage, ce qui est le cas, qu’elle ne me désocialise pas, ce qui est le cas, et qu’elle n’accapare pas tout mon temps libre, ce qui est le cas, même si la présence sur le forum me prend beaucoup de temps, avouons-le. Alors, honnêtement où est le problème ? Personnellement cela ne m’en pose pas. Je gère. Merci beaucoup de votre sollicitude.

Pourtant cela semble en décontenancer certains, y compris parmi les vapoteurs. Tant pis pour eux. Mais, là où je suis passablement agacé, c’est que la réglementation qui se met en place doucement ne va rien changer à ces préjugés populaires. Bien au contraire même, elle risquent fort de les augmenter.

5. Le seuil de 20 mg/ml ou comment instiller dans les esprits une barrière psychologique

Jusqu’en 2011, les vapoteurs avaient le choix du taux de nicotine. Le 18 mg/ml était couramment utilisé, notamment dans les premiers temps suivant l’arrêt du tabac. Mais on trouvait aussi du 24 mg/ml voire du 36 mg/ml.

En 2011, sans crier gare, l’ANSM (AFSSAPS à l'époque) publia un communiqué pour interdire à la vente libre les liquides de plus de 20 mg/ml. Si les liquides contiennent plus de 20 mg/ml, ils doivent être vendus en pharmacie (voir le communiqué). Ce n’était même pas une loi à l’époque. Pas plus une interdiction de consommer. Juste une orientation qui stipule donc que les produits nicotinés sont des produits de consommation courante jusqu’à 19,9 mg/ml et deviennent comme par magie un produit médical à 20 mg/ml ou au-dessus.

Voilà une bien belle crétinerie que je n’ai jamais comprise. Comment un produit peut-il être de consommation courante à 19,9 mg/ml et devenir un médicament à 20 ?  scratch Si quelqu’un pouvait me rancarder et m’expliquer cet étrange phénomène, j’en serai le premier ravi.
Et voilà que cet avis fut appliqué de manière très rigoureuse par la DGCCRF lors de ses inspections dans les boutiques. Certains patrons de boutiques, qui avaient décidé de passer outre, considérant qu’il n’y avait rien de légal dans cette décision, se sont vus supprimer tout leur stock de produits à plus de 20 mg/ml. Une bonne petite saisie, cela calme toujours les ardeurs.

Les vapoteurs ont alors compris que des gens dans des bureaux quelque part pouvaient prendre des décisions impactant des millions de citoyens sans même que cela soit discuté et validé par le pouvoir politique. Cela se passe maintenant et sous la Vème république. Même pas sous une sombre dictature bananière. Ahurissant.

Ainsi, des millions de vapoteurs, qui se sont lancés après l’application de ce seuil, sont venus à considérer cette limite comme normale puisqu’ils l’ont toujours connue. Un peu comme on apprend les nombres, l’heure, les jours de la semaine, les mois lorsqu’on est marmot.  Après 1 il y a 2. Après le lundi il y a mardi. C’est comme cela et pas autrement. Dans la vape, c’est pareil : moins de 20 mg/ml, c’est bien. Plus de 20 mg/ml, ce n’est pas bien. C’est ainsi.  Pourquoi ? Je ne suis pas certain que tout le monde réfléchisse à cette question, même parmi les vapoteurs. C’est comme cela et puis c’est tout. Attention, ce n'est pas une critique. Il n'est pas dit non plus que j'aurais réfléchi moi-même à la question si j'avais commencé la vape après 2011.

Ce seuil a eu des effets particulièrement néfastes. On estime qu’il n’est pas suffisant pour 25 à 30% des fumeurs. Voilà comment certains, ayant testé dans les « limites autorisées », étaient en manque et sont donc revenus au tabac sans connaître la cause de leur échec puisqu’ils ont fait tout comme il fallait. Voilà peut-être une des raisons pour laquelle on trouve énormément d’hybrides, mi-vapoteurs, mi-fumeurs : certains d’entre eux ne trouvent probablement pas leur compte de nicotine avec la vape. Voilà enfin comment certains vapoteurs qui savaient qu’il leur fallait un taux supérieur sont devenus des pestiférés. Juste par l’application d’une norme idiote.

Ce seuil a aussi un autre impact psychologique : inconsciemment, pour beaucoup, s’en approcher, c’est déjà frôler la zone de danger. Etre en 16 ou 18 mg/ml, c’est limite être un rebelle. Ce qui fait rire jaune tous les vapoteurs ayant commencé avant 2011 et qui ont connu les liquides à 24 ou 36 mg/ml sans pour autant forcément les utiliser eux-mêmes.

Enfin, l’application de ce seuil signa l’enterrement de ce que les premiers vapoteurs appelaient la vape libre. Globalement, la vape libre, c’est une vape avec le moins de restrictions possibles pour les utilisateurs. Mais cela ne veut pas dire une vape irresponsable et cela n’interdit pas les études sur les effets de la vape, des études sur les liquides, une information exigeante des professionnels vers les utilisateurs (composition des liquides, matériaux utilisés, conseils et précautions d’emploi, etc.). Mais inutile de pousser plus loin la définition : la vape libre n’existe plus en France depuis ce communiqué de l'AFSSAPS de mai 2011. Funeste date.

6. L’adaptation des fabricants ou comment remplir le tiroir-caisse avec une norme stupide

Ce qu’il y a de bien dans le système capitaliste, c’est que les fabricants les plus malins savent s’adapter aux exigences les plus extravagantes. Mieux même : ils arrivent à remplir encore plus le tiroir-caisse et en profitent au passage pour manger tout cru les concurrents les plus faibles.
Pour s’adapter à ces restrictions sur le taux de nicotine, la parade fut donc vite trouvée : proposer des résistances de plus en plus basses et des mods de plus en plus puissants pour les faire fonctionner. Jusqu’en 2011 ou 2012, des résistances à 2 ohm étaient courantes et les résistances en 1,5 ohm étaient considérées comme des basses résistances. Aujourd’hui, il est très courant de trouver des résistances de 0,5 ohm voire plus basses dans les kits tous publics.

En parallèle, les taux de nicotine ont largement baissé. Les nouvelles gammes mises sur le marché proposent majoritairement du 0, du 3 ou du 6 mg/ml. Rares sont celles qui proposent du 12. Le 18, n’en parlons même pas. Il faut se diriger vers les gammes classiques mono-arômes pour éventuellement trouver son compte. En effet, la vape en sub-ohm (à moins de 1 ohm) entraîne l’utilisation d’un faible taux de nicotine. Vaper à 0,5 ohm en 12 mg/ml ou en 18 mg/ml détartre sérieusement les chicots et récure les poumons. Le vapoteur adopte alors obligatoirement un taux de nicotine bas.

Pourtant, je ne suis pas convaincu que le triptyque « basse résistance + forte puissance + bas taux de nicotine » soit forcément plus performant que « haute résistance + basse puissance + fort taux de nicotine ». Il m’est arrivé plusieurs fois d’essayer du 24 mg/ml lors de mes premières années de vape, au temps béni où les liquides à ce taux étaient disponibles. C’était furieusement efficace. Moins d’une dizaine de taffes calmaient les éventuels manques et me rassasiaient pendant une heure ou deux sans problème. A titre de comparaison, je ne retrouve vraiment pas ce sentiment de satiété en 6 mg/ml à 0,5 ohm. Encore moins à 3 mg/ml. En tout cas, il me faut bien plus qu’une dizaine de taffes pour arriver à satiété.

Voilà donc le sens de l’histoire : des résistances de plus en plus basses, des appareils de plus en plus puissants pour les faire fonctionner et des taux de nicotine de plus en plus bas. Le tout engendrant un achat fréquent de matériel lorsqu’on souhaite rester à la page, et une consommation de liquide de plus en plus forte. Tout cela fait donc l’affaire des fabricants. Celle des utilisateurs, c’est une autre histoire. En effet, non seulement je ne suis pas convaincu de la réelle efficacité de cette course à la puissance mais, en plus, je reste persuadé que ce n’est pas la panacée pour de nombreux fumeurs qui n’y trouvent pas leur compte.

7. L’interdiction des fioles de plus de 10 ml de liquide nicotiné : une autre mesure de diabolisation de la nicotine

Une autre restriction concoctée avec amour par l’UE va probablement contribuer à la baisse du taux de nicotine : l’interdiction prochaine de la vente de fioles de plus de 10 ml pour les liquides nicotinés. En effet, les liquides sans nicotine ne seront pas soumis à cette limite de contenu. On pourra donc continuer à trouver des fioles de liquides sans nicotine à 30, 60, 100, 120 ml sans problème. Il sera facile de conclure plus ou moins inconsciemment que, si on trouve des bouteilles de 100 ml de liquide sans nicotine, mais que les flacons avec nicotine sont limités à 10 ml, alors cela veut dire que les liquides avec nicotine sont 10 fois plus dangereux. Confondante ineptie.

Là encore, les fabricants tentent de mettre en place des solutions pour s’adapter cette nouvelle limite des 10 ml qui s’annonce, notamment avec l’apparition de fioles de booster de nicotine à 20 mg/ml. Cependant, à partir d’un liquide sans nicotine, pour arriver à un taux de 11 à 12 mg/ml pour 10 ml, il vous en faut du booster de nicotine. Environ la moitié. Et si ce booster est fabriqué sur une base sans arôme, cela peut très vite devenir fadasse au-dessus de 6 mg/ml. Sans compter le coût pour l’instant très prohibitif des fioles de booster. Cette solution des boosters de nicotine, sympathique sur le papier, n’est donc en réalité qu’un pis-aller, qu’une solution dégradée qui devrait inciter à garder un faible taux de nicotine. Tant mieux pour ceux qui apprécient.

Tant pis pour les autres.

Tant pis pour moi.

8. On vape comme on aime

Alors que nos connaissances sur la nicotine augmentent régulièrement et que l’on s’aperçoit qu’elle est loin d’être aussi nocive qu’on le croyait, les préjugés continuent d’être très présents. Enfin, les restrictions que connaît la vape vont non seulement les confirmer mais, en plus, contribuent à pousser les vapoteurs vers des solutions utilisant de moins en moins de nicotine, quitte à laisser des insatisfaits en chemin.

Mais la nicotine n’est pas l’ennemie dans notre lutte contre le tabagisme. C’est même notre meilleure alliée. Elle doit donc être utilisée avec vigilance, certes, mais sans crainte et sans peur.

En tout cas c’est mon alliée la plus fidèle dans mon combat contre le tabagisme. Et les effets qu’elle me procure me satisfont pleinement.

D’aucuns diront certainement que je fais de la propagande. Faux. Je ne cherche nullement à convaincre qui que ce soit. Juste à affirmer mon opinion. Chacun fait comme il veut : vous voulez arrêter la vape ? Très bien, c’est respectable. Vous voulez vaper en zéro nicotine ? Aucun souci. Vous souhaitez vaper avec le taux de nicotine le plus bas possible ? C’est votre droit.

Par contre, je vape comme je le souhaite et comme j’en ai envie. Et je n’ai aucune intention de me défaire de mon appétit de la nicotine.

Aujourd’hui, je l’affirme haut et fort. On vape comme on aime, dit-on régulièrement. Cela tombe rudement bien : j’aime la nicotine. Et n'en n'éprouve nulle honte.
Et vous ?
Merci de m'avoir lu jusqu'à là. Si, si Very Happy Et bonne vape !

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Publié le 13 Juin 2016

Grande enquête 2016 "vous et la vape, où en êtes-vous ?"

Cette enquête a été réalisée par le forum Ecigarette-public.com du 2 au 23 Mai 2016 sur 5340 personnes ayant volontairement répondu au questionnaire en ligne.

Le lien vers le PDF de l'analyse des données est ici.

Il faut remercier Franck et tous les membres du "petit forum" pour cette enquête, qui si elle n'est pas représentative de la population (puisque réalisée par des volontaires sur Internet), est tout de même très intéressante, car très fouillée. Il faut remercier aussi Leio pour le travail sur les graphiques et Amélia pour l'analyse des données (de nombreuses heures de travail).

1- Profil du vapoteur type

C’est un homme d’environ 40 ans, salarié du privé ou du public, ancien fumeur. Il a démarré la cigarette jeune, entre 16 et 17 ans. Il fumait un paquet par jour environ. Il a déjà tenté d’arrêter le tabac deux ou trois fois. Il vape depuis deux ans et demi. Il a découvert la vape par le bouche à oreille et les sites internet. Il est passé à la vape pour des questions de santé, et parce qu’aucune autre méthode de sevrage n’avait fonctionné. Il ne nie cependant pas l’aspect financier, la vape est moins chère que la cigarette. Il n’a pas eu d’effet secondaire lorsqu’il est devenu vapoteur, peut-être la gorge un peu sèche et quelques nausées. Il vape toujours depuis, exclusivement, et n’a jamais arrêté.

Il a trouvé facile l’arrêt de la cigarette grâce à la vape ; il a arrêté quasiment immédiatement et surtout, il a arrêté seul, sans l’aide d’un médecin et sans autre méthode de sevrage. Il lui a cependant fallu plusieurs achats avant de trouver le matériel qui lui convenait. Bien qu’il ait trouvé la vape qui lui va, il continue d’acheter quelques matériels pour le plaisir ou par curiosité.

Pour les liquides, il vape à un taux assez faible, en dessous de 10 mg/ml. Il cherche à réduire son taux de nicotine, mais ce n’est pas ce qui le préoccupe le plus, surtout qu’il vape essentiellement en subohm. Il achète ses liquides en France et en Europe, que ce soit dans les boutiques physiques ou en ligne. Et puis, il se met au DIY. Ce qu’il préfère, ce sont les arômes fruités et les gourmands !

Côté matériels, il utilise des mods électroniques et des atomiseurs ou drippers reconstructibles. Son matériel a beaucoup évolué depuis ses débuts dans la vape : il a acheté d’ailleurs au moins 6 ou 7 vaporisateurs depuis son arrêt de la cigarette.

Pour lui, la vape est une bonne chose. Non seulement c’est un bon outil pour arrêter de fumer, mais c’est aussi un plaisir, voire un loisir. Et puis, sa santé s’est améliorée. Il trouve que les matériels et liquides proposés sont relativement fiables, en tout cas il est sûr qu’ils sont efficaces comme outil de sevrage tabagique. Il reste néanmoins assez partagé quant à la transparence des fabricants sur les méthodes de fabrication et la composition des liquides.

Il a entendu parler de la TPD et a même participé à des actions en faveur de la vape. S’il est plutôt favorable à l’interdiction de vaper dans certains lieux fermés ouverts au public (mais pas tous non plus !), il veut pouvoir vaper sur son lieu de travail. Il souhaite que les produits de la vape restent interdits de vente aux mineurs. Pour autant, il ne veut pas que la publicité soit interdite ou alors que l’interdiction soit limitée à certains médias. Pour lui, la TPD dans sa partie consacrée aux vaporisateurs personnels est une mauvaise chose ; il souhaite pour sa part que les produits de la vape soient considérés comme des produits de consommation courante, ou bien qu’on leur trouve un statut particulier. Quoi qu’il en soit, il ne veut pas qu’ils soient assimilés à des produits du tabac ou des produits pharmaceutiques.

2- Les analyses – enquête vapoteurs 2016

Pourquoi passer à la vape ?

98% des vapoteurs sont d’anciens fumeurs, et si l’on considère le nombre de non-fumeurs exclusifs (jamais aucune cigarette, pipe, cigare, etc.), ce chiffre monte à 99,7%. Il y a donc un lien de la cigarette vers la vape. Du coup, on passe à la vape pour des questions de santé à 60% des occurrences, parce qu’aucune méthode de sevrage n’avait fonctionné auparavant (56% des occurrences). L’aspect financier n’arrive qu’en troisième position (41%). Si la curiosité est cité à 22%, le mimétisme (faire comme ses proches) n’influe que peu le passage à la vape (moins de 1,5%). – question 13 –
78% des personnes interrogées n’ont ressenti aucune gêne après leur début dans la vape. 1/5 avouent des petits désagréments (gorge sèche, nausées). – question 14 –
Si l’on regarde les profils de ceux qui fumaient avant de passer à la vape, on s’aperçoit qu’ils ont commencé pour 85% avant 18 ans (– question 7 –), voire très jeunes pour 33%. Plus de la moitié fumaient plus d’un paquet par jour (donc plutôt des gros fumeurs) – question 8 –. Les trois quarts ont tenté d’arrêter de fumer avant d’essayer la vape (– question 9 –) et à 85% avec deux tentatives infructueuses ou plus (– question 10 –).

La vape peut-elle attirer les non-fumeurs ?

Seules 66 personnes (1,24% des personnes interrogées) se déclarent non-fumeur avant de passer à la vape. Si l’on regarde de plus près, on s’aperçoit que sur ce nombre, seuls ¼ n’ont jamais approché de cigarettes, cigares, pipes et autres produits du tabac. 16 personnes sur 5340. Autrement dit, cela représente 0,3% de l’échantillon total.
Pour les 50 autres personnes, plus de la moitié a fumé régulièrement à une période, puis a eu un temps d’arrêt suffisamment long pour se déclarer non-fumeur avant de passer à la vape. – question 5 –
Un quart des non-fumeurs devenus vapoteurs ont essayé la vape par crainte de tomber dans le tabagisme, ou parce que le tabac les attirait mais qu’ils avaient conscience des risques et des contraintes (santé, prix, etc.). La vape est donc un palliatif à l’envie de cigarette. – question 6 –

Pourquoi continuer à fumer quand on vape ?

13% des personnes interrogées fument et vapent en même temps (soit 702 personnes sur 5340) ; ce sont les vapofumeurs ou hybrides.
Un quart d’entre eux sont insatisfaits de leur situation, les autres ayant trouvé un équilibre entre cigarette et vape, soit parce qu’ils sont toujours en phase de réduction de cigarettes et qu’ils progressent vers leur objectif, soit parce qu’ils ont gardé les cigarettes plaisir (– question 36 –).
97% des vapofumeurs ont réduit leur consommation de cigarettes (– question 33 –), et 84% d’entre eux ont réduit de moitié et plus (– question 34 –). 13 personnes sur 702, soit moins de 2%, ont même augmenté leur consommation de tabac malgré la vape (– question 35 –).
Si 20% des vapofumeurs pensent que la situation va rester identique dans l’avenir, plus de la moitié se voient devenir vapoteurs exclusifs et donc arrêter totalement le tabac. Seuls 4 personnes pensent redevenir fumeurs exclusifs, soit 0,07% de l’échantillon total. – question 38 –

Concernant les motifs d’insatisfaction, à savoir pourquoi continuer à fumer alors que la vape est là – question 37 –:

  • L’attrait du tabac est cité dans 68% des occurrences (sevrage difficile, goût pour le tabac, sensations, etc.) ;
  • Le manque d’attrait de la vape est cité à 20% (matériel peu performant, trop contraignant) ;
  • Les raisons personnelles (stress, situations difficiles, etc.) sont citées à 45% ;
  • Les objectifs non encore atteints interviennent pour 30%.
Pourquoi reprendre la cigarette lorsque l’on a testé la vape ?

52 personnes sur 5340 (environ 1% de l’échantillon) ont repris le tabac alors qu’ils ont été vapoteurs pendant quelques temps. Pourquoi ?

  • L’attrait du tabac est cité à 55% ;
  • Le manque d’attrait de la vape (matériel peu performant, trop contraignant, etc.) intervient pour 50% environ ;
  • Les raisons personnelles (ou autre choix) sont citées à 45% ;
  • Les raisons de santé (réelles ou craintes) pour 25% des occurrences ;
  • Le coût de la vape intervient seulement pour 6%. – question 18 –

Si l’on compare l’arrêt de la vape pour la cigarette aux motifs d’insatisfaction des vapofumeurs, on se rend compte que l’attrait du tabac est moindre chez ceux qui ont repris la cigarette, mais que le manque de performance du matériel, les contraintes liées à la vape interviennent beaucoup plus pour les fumeurs que pour les vapofumeurs insatisfaits. – question 37 et question 18 –. L’aspect matériel semble donc avoir une grande importance dans la satisfaction de la vape et dans le fait d’empêcher les vapoteurs de revenir à la cigarette.

Les fumeurs exclusifs anciens vapoteurs ont eu des périodes de vape assez courtes (moins de 1 an pour près des ¾ d’entre eux) – question 19 –, et plus de la moitié d’entre eux avaient arrêté la cigarette pendant leur phase de vape (– question 20 –). Ils disent avoir été bien conseillé pour les 2/3 d’entre eux et pour 20% s’être débrouillés seuls dans le choix de leur matériel (– question 21 –). Même s’ils ont arrêté la vape, ils gardent une bonne opinion à 73% (– question 23 –) et près de la moitié d’entre eux seraient prêts à recommencer l’expérience (– question 24 –).
Il est à noter que 66% d’entre eux fument autant voire plus qu’avant l’essai de la vape (– question 23 –).

Quid du sevrage définitif ?

88 personnes sur 5340 ont arrêté et la cigarette et la vape, soit un peu plus de 1,5% de l’échantillon total.
Globalement, l’arrêt total est relativement récent, moins de 2 ans pour 75% d’entre eux (– question 26 –). Les expériences de vapes ont été plutôt longues, de plus d’un an pour les 2/3 (– question 27 –). Il semble donc qu’il faille un certain temps pour être sevré totalement du tabac et de la vape. Ils disent cependant que l’arrêt de la vape a été ressenti comme facile (– question 28 et 29 –) et ils se sont arrêtés seuls, sans aucune aide humaine ou matériel à 95% (– question 31 –). 80% ne ressentent plus d’envie de tabac, ou très rarement (– question 30 –).
Cependant, seuls les 2/3 pensent être totalement sortis du tabac. – question 32 –

Quel est le marché de la vape actuellement ?

5190 personnes interrogées vapent (vapoteurs exclusifs + vapofumeurs).
80% d’entre elles ont un taux de nicotine assez faible, compris entre 0 et 10 mg/ml (– question 49 –). On peut le rapprocher du taux de personnes utilisant des résistances de moins de 1ohm (65%), puisque les forts taux de nicotine ne conviennent pas au subohm (–question 50 –).
Côté matériel, il y a eu une forte évolution parmi les vapoteurs puisque 95% ont fait évolué leurs vaporisateurs depuis leurs débuts dans la vape (– question 59 –). Les box ou mods électroniques remportent la palme des matériels préférés (90% des citations), suivis par les mods mécaniques (26% des occurrences). Les cigalikes ne représentent que 1% des citations (– question 57 –). Le reconstructible a le vent en poupe, avec 75% de personnes les utilisant de temps en temps ou en permanence. Les ¾ des personnes interrogées ont acheté 4 vaporisateurs ou plus (– question 60 –).
Côté liquides, les goûts fruités et gourmands ont la préférence largement devant les goûts tabac. A noter, un peu moins de 2% des personnes interrogées vapent de la base sans arôme (– question 54 –). Seules 13% vapent toujours le même liquide (– question 55 –). Les bases et arômes sont en grande partie originaires de France et d’Europe, avant les produits américains et chinois (– question 52 –). Le Do It Yourself prend de l’ampleur, puisque seules 1/4 des personnes interrogées ne consomment que des liquides tout faits (– question 53 –). Les avis sont assez partagés sur le marché des liquides, entre trop de gammes, pas assez de gammes, juste ce qu’il faut (– question 56 –) ; quoi qu’il en soit, près de 30% n’ont pas d’avis sur cette question.

Les vapoteurs utilisent plusieurs filières d’approvisionnement : on note une prédominance d’internet en particulier sur les sites français (76% des citations), chinois (23%) et autres (17%). Les boutiques physiques ont elles aussi une place de choix, puisqu’elles sont citées dans 56% des occurrences. Les buralistes ne représentent qu’une très faible part des fréquentations (1,2%) – question 51 –.

Les 2/3 des vapoteurs trouvent que les produits (matériels et liquides) actuellement sur le marché sont fiables (– question 69 –), mais ils sont très partagés sur la transparence des fabricants quant aux méthodes de production (– question 68 –). Ils pensent que la fabrication de la vape est suffisamment réglementée (53%), même si l’on peut noter que 30% n’ont pas d’avis sur la question (– question 67 –).

Quelle est l’opinion des vapoteurs sur la vape ?

Quand on interroge les vapoteurs et vapofumeurs sur la vape, leur ressenti est assez contrasté. Ils citent pour plus de 50% le fait que c’est un outil de sevrage tabagique, une façon de réduire les risques liés au tabac. L’aspect santé est donc important à leurs yeux. La notion de plaisir, de loisir arrive ensuite, pour plus d’un quart des citations. On parle même de miracle pour 12% des occurrences. Le ressenti est cependant parfois négatif (drogue, addiction, fardeau) pour 6% des citations (– question 65 –).
Les personnes interrogées ont ressenti un peu ou beaucoup d’amélioration de leur santé après avoir commencé la vape (85%) – question 62 –. 95% ont arrêté de fumer grâce à la vape sans aucun suivi de médecin ou tabacologue (– question 63 –), et à 99,3% sans aucun autre dispositif de sevrage (– question 64 –). Près de 80% n’ont jamais cherché à arrêter la vape (– question 66 –).
On peut noter cependant que la moitié d’entre eux s’inquiète des possibles dangers de la vape, sans occulter le fait que la vape reste moins nocive que le tabac. L’autre moitié pense que la vape n’est pas dangereuse ou s’en moque. – question 61 –
Quoi qu’il en soit, 93% des personnes interrogées pensent que la vape est un outil de sevrage tabagique efficace. – question 70 –

Vape et législation

Environ ¾ des vapoteurs ont entendu parler de la TPD (– question 76 –), et ceux qui en ont entendu parler considèrent pour 71% que c’est une mauvaise chose pour la vape (– question 77 –).
Pour les 2/3, ils sont favorables à l’interdiction de vaper dans les lieux fermés publics, mais pas forcément dans tous (– question 71 –). Il reste alors à définir pour quels lieux exactement ils seraient favorables à une interdiction. Ils sont cependant 72% à vouloir pouvoir vaper sur leur lieu de travail (– question 73 –).

Les 2/3 sont favorables à une interdiction de la vente de produits de la vape aux mineurs (– question 73 –).
En ce qui concerne la publicité, les 2/3 ne veulent pas de restriction, et 85% si l’on considère ceux pour qui l’interdiction ne peut être que partielle, pour certains médias (– question 74 –).

Seuls 4,5% des vapoteurs considèrent que les produits de la vape doivent être assimilés à des médicaments ou des produits du tabac. Pour les autres, hormis les 3,5% d’indécis, tous considèrent que les produits de la vape garder leur statut de produits de consommation courante (56%) ou bien doivent disposer d’un statut particulier (36%). – question 78 –
Enfin, 2/3 des participants a déjà participé à des actions en faveur de la vape (– question 75 –).

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Publié le 24 Mai 2016

L'association SOVAPE est née !

Afin de pérenniser le succès incontestable du 1er Sommet de la vape, Jacques LE HOUEZEC (initiateur du Sommet), Sébastien BEZIAU, Nathalie DUNAND et Laurent CAFFAREL créent l’association SOVAPE pour assurer un avenir solide à cette manifestation qui a installé la vape comme solution majeure de réduction des risques en matière de tabagisme, en faisant dialoguer usagers, professionnels, industriels, sociétés savantes et acteurs de la santé publique.


L’objet de l’association est “d’agir et dialoguer” pour défendre la réduction des
risques et des méfaits du tabagisme dans les politiques publiques. Pour cela, elle portera
chaque année le Sommet de la vape, en cherchant à en améliorer le contenu et la
portée sociétale, médiatique et politique, pour en faire le temps fort du dialogue entre
les autorités, les professionnels de la santé, ceux du tissu associatif et l'opinion
publique.


Soucieuse de s'inscrire singulièrement et utilement dans le paysage de la lutte contre
les risques du tabagisme, SOVAPE s’établit sur un modèle « à dons et subventions » :
ses statuts lui permettront de rechercher toutes sortes de financements publics ou
privés afin de mener des actions d'envergure, durables ou ponctuelles. La politique de
collecte et la nature des fonds récoltés seront publiées pour assurer la transparence de
l'association.

SOVAPE se positionne ainsi comme un nouvel acteur de la réduction des risques et
des dommages dont le principal objectif est de défendre la vape comme alternative
au tabagisme.

A l’occasion du 1er Sommet de la vape qui s'est déroulé le 9 mai 2016 au CNAM à
Paris, le Pr Benoît Vallet, directeur général de la santé, a acté la création d’un groupe
de travail sur la vape. De part son objet et sa vocation, SOVAPE entend donc participer
activement à ce groupe.

Jacques LE HOUEZEC, Président de SOVAPE
06 87 75 18 44 - jacques.lehouezec@amzer-glas.com
L’association est en cours de création (statuts / dépôt). Plus d’information sur le site Internet.

Communiqué de presse

Press release

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