Publié le 8 Décembre 2014

Mise à jour du 8 décembre (voir * ci-dessous)

Jeudi 27 novembre, toute la presse mondiale s'est fait l'écho d'une soi-disant étude japonaise montrant des taux de formaldéhyde dans la vapeur de cigarette électronique 10 fois supérieurs à ceux retrouvés dans la fumée de cigarette.

Et tout le monde de tirer à boulets rouges sur le vaporisateur de nicotine avec des titres mensongers du type "La cigarette électronique est, elle aussi, cancérigène" ou "Les cigarettes électroniques plus cancérigènes que le tabac?".

Tous reprennent en chœur une dépêche de l'AFP. Sans prendre le temps bien sûr d'aller se renseigner sur l'étude en question.

Pourtant le même jour, le Dr Farsalinos, qui est l'Editeur invité d'un numéro spécial sur la cigarette électronique dans cette revue scientifique, fait une analyse critique de cette étude et rapporte les propos qu'il a échangé avec le Pr Kunugita, l'un des auteurs de l'étude, et qui a rédigé un rapport pour le Ministère de la santé japonais. C'est suite à la remise de ce rapport que le Pr Kunugita a donné une interview où il a mentionné "In one brand of e-cigarette the team found more than 10 times the level of carcinogens contained in one regular cigarette" ["dans une marque de e-cigarettes l'équipe a trouvé des niveaux de carcinogènes 10 fois supérieurs à ceux contenus dans une cigarette normale"].

Alors que tout le monde reprend en chœur le mot "carcinogènes" au pluriel, l'interview ne mentionne que le formaldéhyde (qui est une substance à laquelle tout le monde d'ailleurs est exposé, car c'est un polluant courant dans les habitations). Lorsque l'on analyse l'étude japonaise citée plus haut, on trouve en fait une moyenne de 4.2 µg de formaldéhyde pour 10 bouffées, et sur 13 marques testées, celle produisant le plus de formaldéhyde a donné une valeur de 34 µg/10 bouffées. Cependant, l'étude n'a pas comparé ces taux avec ceux de la cigarette de tabac. Le Dr Farsalinos l'a fait dans sa critique. Il se rapporte à une étude canadienne de 2008 qui a montré un taux moyen de 200 µg par cigarette (voir le tableau ci-dessous). Soit 50 fois plus que la moyenne des 13 marques de cigarettes électroniques testées dans l'étude japonaise, et au pire, 6 fois plus que celle ayant produit la plus grande quantité (34 µg/10 bouffées). Il faut noter aussi, que la fumée secondaire d'une cigarette (celle impliquée dans le tabagisme passif, et qui n'existe pas pour le vaporisateur de nicotine) produit plus de 800 µg de formaldéhyde!

En tout état de cause, il n'est pas scientifiquement valide de prendre une valeur parmi les 13 et d'accuser l'ensemble des produits testés (c'est pourtant ce qu'avait fait sans vergogne 60 millions de consommateurs en 2013, et qui lui avait valu une critique acerbe de la part des scientifiques).

Journalisme: tourner 7 fois sa souris dans sa main avant de faire un copié-collé d'une dépêche de l'AFP !

Mais en fait, le Dr Farsalinos rapporte d'autres propos du Pr Kunugita qui ont été repris dans le communiqué de presse de l'AFP. Son équipe de recherche a testé d'autres produits et il semble qu'ils aient trouvé une valeur 10 fois supérieure (1600 µg/15 bouffées) avec une autre marque de e-cigarettes, et c'est cela qui a été repris. Cependant, ces données ne sont publiées nul part, donc non évaluée, vérifiée et confirmée par d'autres experts, comme ce doit être le cas pour toute publication scientifique.

Il est évident, que se focaliser sur une substance parmis les dizaines de carcinogènes présents dans la fumée de tabac n'est rien d'autre que de la désinformation. Comme le souligne le Dr Farsalinos, même si la vapeur de cigarette électronique contenait des quantités similaires ou supérieures de formaldéhyde par rapport à une cigarette de tabac, elle ne contient ni monoxyde de carbone (CO), ni particules fines solides, ni gaz oxydants, ni la majorité des autres substances toxiques de la fumée de tabac. Cela fait que même si le risque résiduel du vaporisateur de nicotine n'est pas nul (le risque zéro n'existe pas d'ailleurs), il est considérablement moindre (de plusieurs ordres de grandeur) que le risque tabagique. C'est cela que les fumeurs sont en droit de savoir pour qu'ils puissent prendre une décision éclairée sur le fait qu'il choisissent ou non de vapoter. Ce n'est pas ce que leur offre les médias, bien aidés d'ailleurs par certains chercheurs qui déforment les résultats de la science* dans le but de s'opposer à ce produit en utilisant tous les arguments possibles (comme celui de l'initiation des jeunes qui les conduiraient soi-disant vers le tabagisme, ce qu'aucune enquête à l'heure actuelle n'a pu démontrer).

Heureusement, aujourd'hui certains journalistes, moins pressés sans doute de faire du sensationalisme, ont présenté cette étude d'une façon plus critique. Je les en remercie, et je les cite donc:

http://www.slate.fr/story/95171/cigarette-electronique-cancer-fausse-alerte-japonaise

http://www.lematin.ch/suisse/Vapoter-est-moins-risqu-que-fumer/story/31224090

http://news.doctissimo.fr/Sante/Cigarette-electronique-et-cancer-et-si-l-alerte-japonaise-n-etait-q-un-petard-mouille-38818

 

Pour ceux qui voudraient partager ce document, voici le pdf:

https://www.dropbox.com/s/yc3x3lnongi7rjs/Journalisme%20-%20touner%207%20fois%20sa%20souris.pdf?dl=0

 

Mise à jour du 8 décembre

* Une mise au point par Robert West publiée dans le journal Addiction, réclamant un traitement honnête des données scientifiques sur le VP. Il insiste clairement sur la désinformation que produisent certaines publications venant de chercheurs clairement opposés au VP et n'hésitant pas à déformer les données scientifiques pour atteindre leur but. Une liste de publications importantes est aussi mentionnée. (voir ici une traduction en français)

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Publié le 26 Novembre 2014

OFDT : Tableau de bord mensuel Tabac

novembre 2014 : http://www.ofdt.fr/files/5414/1684/9230/tt141124.pdf

Tobacco sales going down again in France in October (scroll down for English)

Selon les données de l'OFDT, les ventes de cigarettes ont reculé de 6,3 % en octobre 2014 par rapport à octobre 2013. La chute amorcée en 2013 reprend donc après une légère hausse le mois dernier. Sur le cumul janvier-octobre 2014 on observe une baisse de 5,8% par rapport à la même période en 2013.

Il en va de même pour le tabac à rouler, dont les ventes baissent de 5,7% en octobre 2014 (-4,2% sur le cumul janvier-octobre), semblant là aussi indiquer une reprise du recul du tabagisme.

Les ventes de traitements pour l’arrêt du tabac continuent de chuter, de 13,6% en octobre, -28,9% pour le cumul janvier-octobre, les patchs étant un peu moins touchés (-15,9%) que précédemment, et les consultations en tabacologie ont accueilli moins de nouveaux patients (-8,5%). Par contre le nombre d’appels à Tabac info service a presque doublé le mois dernier (+94,9%), sans doute dû à la campagne de l'INPES lancée fin septembre.

Après les chiffres alarmants de septembre, il semble bien que la tendance à la baisse soit maintenue cette année.

Les ventes de tabac repartent à la baisse en octobre

According to these OFDT data, cigarette sales decreased by 6.3 % in October 2014 compared to October 2013. The downward trends observed in 2013 is still going on despite an increase last month. The cumulative data for January-October 2014 still represent a decrease of 5.8% compared to last year.

A similar trend is observed for roll-your-own tobacco, which decreased by 5.7% in October (-4.2% for January-October), compared to last year.

Sales of smoking cessation treatments continued to fall, -13.6% in October, -28.9% for January-October, patches being a bit less affected (-15.9​​%) than previously. Smoking cessation centers received also fewer new patients (-8.5%), but the number of calls to the quitline (Tabac info service) almost doubled (+94.9%), due to a mass media campaing from INPES (National Institute for Prevention and Health Education) launched at the end of September.

After the alarming data from September, it seems that the trends for 2014 are in the same vein as last year.

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Publié le 25 Novembre 2014

J'ai écrit cet article pour le site Project Syndicate.

RENNES – Michael Russell et Murray Jarvik, deux chercheurs à l’avant-garde de la recherche sur le sevrage tabagique dans les années 1970, se seraient sans doute félicités du développement de la cigarette électronique ou vaporisateur personnel (VP) de nicotine. Outre le fait qu’ils soient une aide temporaire pour ceux qui tentent d’arrêter de fumer, ces nouveaux dispositifs de distribution de nicotine pourraient être des alternatives durables au tabac et donc permettre une éradication presque totale de la consommation des produits du tabac. lire la suite...

I wrote this article for the Project Syndicate website.

The Drag on E-Cigarettes

RENNES – Michael Russell and Murray Jarvik, two pioneers of smoking-cessation research in the 1970s, would probably have welcomed the development of the electronic cigarette or “personal nicotine vaporizer” (PNV). Beyond serving as a temporary aid for people attempting to quit smoking cigarettes, such new nicotine-delivery systems could act as long-term alternatives to tobacco – making it possible to eliminate tobacco consumption almost entirely. Read more...

Escribí este artículo para Project Syndicate.

El rechazo al cigarrillo electrónico

RENNES – Es probable que Michael Russell y Murray Jarvik, pioneros en los setenta de las investigaciones en torno del abandono del tabaco, hubieran celebrado la creación del cigarrillo electrónico, o “vaporizador personal de nicotina”. Además de servir como ayuda transitoria para quienes intentan dejar el cigarrillo, estos nuevos sistemas de administración de nicotina también pueden ser reemplazos permanentes del tabaco y permitir una eliminación casi total de su consumo. Leer más...

Et aussi en arabe, chinois, allemand, néerlandais, russe.

مقاومة السيجارة الإلكترونية

电子烟草的拖累

Widerstand gegen die E-Zigarette

Waarom wordt de E-sigaret gesmoord?

О пользе электронных сигарет

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Publié le 19 Novembre 2014

De l'incohérence de l'interdiction de vente aux mineurs!

Ce n'est pas la première fois que j'entends cela, mais une boutique de VP que je connais bien m'a rapporté hier un fait qui montre l'hypocrisie de l'interdiction de vente aux mineurs.

Un groupe d'adolescents est donc venu pour acheter une cigarette électronique dans cette boutique. La vendeuse, respectueuse de l'interdiction de vente aux mineurs, qu'elle respectait d'ailleurs, comme beaucoup de boutiques, avant l'interdiction officielle, leur dit qu'elle ne peut pas vendre à des mineurs, qu'elle est désolée, mais qu'ils peuvent éventuellement revenir avec leur parents.

Les jeunes sont donc partis au bureau de tabac situé quelques dizaines de mètres plus loin, et sont repassés ensuite devant la boutique pour la narguer. Ils n'ont eu aucun problème pour l'acheter au bureau de tabac. Forcément, puisque la majorité des buralistes ne respecte pas non plus l'interdiction de vente aux mineurs pour le tabac, comme l'atteste une enquête qui avait été réalisée par le CNCT en 2011 " 62 % des débitants français étaient en infraction et ont vendu du tabac à des mineurs de 12 et 17 ans. A l’égard des enfants de 12 ans, près de 4 buralistes sur 10 ont accepté de leur vendre du tabac (38 %)."

Lorsque des adolescents fumeurs veulent, comme les fumeurs adultes, utiliser un produit considérablement plus sûr que la cigarette, ils font comment? Là est toute l'incohérence d'une telle mesure d'interdiction, qui fait courir le risque à des adolescents de devenir encore plus dépendant du tabac, sans avoir la possibilité d'utiliser un produit dont on sait qu'il est moins dangereux, mais que nos élites préfèrent laisser seulement aux adultes, et encore, au vu des législations en gestation suite au vote de la Directive européenne sur les produits du tabac, même les adultes ne seront plus en mesure d'obtenir un produit efficace, puisque limité par la réglementation à un ersatz, sans tenir compte de l'avis des scientifiques et professionnels de la santé publique.

Toutes les enquêtes actuelles menées aux Etats-Unis (CDC) ou en Angleterre (ASH) montrent que le tabagisme recule chez les jeunes, et que c'est sans doute la cigarette électronique (qui porte si mal son nom) qui en est la cause. Combien de temps faudra-t-il pour qu'enfin on reconnaisse que le VP est sans doute la meilleure chose qui soit arrivée aux fumeurs depuis plus d'un siècle, et que c'est une chance qu'il ne faut pas manquer d'éradiquer les maladies et les morts dues au tabac dans les décennies qui viennent ?

A moins qu'on fasse comme avec le snus (tabac à chiquer suédois à taux réduit de cancérigènes, qui fait que la Suède a le taux de cancers du poumon chez l'homme le plus bas au monde), que l'Europe a interdit de vente en 1992, et que l'on laisse mourir les fumeurs parce qu'on ne leur dit pas que c'est considérablement moins dangereux que de fumer, ou plutôt on leur dit que c'est aussi dangereux, ce qui est non seulement un mensonge, mais un crime.

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Publié le 17 Novembre 2014

Le CDC (US Centers for Disease Control and Prevention) vient de publier les données de l'enquête annuelle chez les jeunes de 2013. En comparant avec les données de 2011 et 2012, on peut réaliser ces graphiques, selon l'âge des adolescents (aux USA, le collège correspond en gros aux élèves de la 6ème à la 4ème, le lycée à ceux de la 3ème à la terminale).

Les données du CDC (Etats-Unis) montrent aussi une baisse du tabagisme chez les jeunes

Comme on peut le voir sur le graphique des collèges, l'utilisation d'e-cigarette s'est stabilisée entre 2012 et 2013, alors que l'utilisation de cigarettes de tabac a baissé, de même que le total des deux au cours de la même période.

Les données du CDC (Etats-Unis) montrent aussi une baisse du tabagisme chez les jeunes

Sur le graphique des lycées, ont peut voir une augmentation de l'utilisation d'e-cigarette entre 2012 et 2013, et une baisse de l'utilisation de cigarettes de tabac, même si le total des deux n'a pas baissé, il y a moins de fumeurs de cigarettes.

Ces chiffres vont donc dans le même sens que ce qui est observé en Angleterre (données ASH), dans le Minnesota, ou à Paris (données PST), soit une baisse régulière de la consommation de cigarettes de tabac chez les adolescents. Ce n'est pourtant pas ce qui est rapporté dans la presse, ou par notre Ministre de la santé, lorsque l'on brandit l'hypothétique passerelle de l'e-cigarette vers le tabagisme. Pourtant, de temps en temps, des journalistes creusent un peu plus la question, et évitent de dramatiser, mais ils sont encore trop peu nombreux. Le risque au final est de décourager les fumeurs d'utiliser un produit qui peut les aider à arrêter de fumer, et de réduire considérablement leur risque tabagique.

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Publié le 27 Octobre 2014

Une étude sur la vape montre que l'utilisation régulière favorise l'arrêt

Il y a un débat dans la communauté scientifique et médicale autour de l'efficacité du Vaporisateur personnel de nicotine (VP) dans l'arrêt du tabac. Cette enquête réalisée en deux temps apporte quelques réponses.

Un échantillon représentatif de la population américaine a été interrogé en 2011/2012 sur l'utilisation de nouveaux produits du tabac (tabac non-fumé etc..., dans lesquels ils ont inclus le VP !!). En 2014, une nouvelle enquête interrogeant 695 fumeurs choisis parmi les 1374 qui avaient été interrogés lors de la première enquête (soit 51%), a établi leur statut tabagique et leur utilisation de VP. Les personnes ont été classées selon qu'elles étaient des utilisateurs réguliers de VP (au moins quotidiennement pendant 1 mois), des utilisateurs intermittents (qui l'utilisaient régulièrement, mais pas quotidiennement), et des non-utilisateurs ou des testeurs (ceux l'avaient utilisé tout au plus 1 ou 2 fois). Lors de l'enquête de 2014, 23% étaient utilisateurs réguliers, 29% étaient utilisateurs intermittents, 18% l'avaient utilisée 1 ou 2 fois, et 30% ne l'avaient pas essayé.

L'arrêt du tabac était la première raison avancée par tous les utilisateurs de VP (par 52,6% de l'ensemble de l'échantillon et par 65,9% des utilisateurs réguliers). Au total, 13,1% des 695 fumeurs interrogés lors de la première vague avaient arrêté de fumer.

Le taux d'arrêt le plus fort (20,4%) a été observé chez les utilisateurs réguliers de VP, comparé à 8,5% des utilisateurs intermittents et 12,4% des non-utilisateurs et testeurs, malgré tout il n'y avait pas de différence significative entre les groupes. Cependant, en analysant les données en prenant en compte certains facteurs (âge, sexe, niveau d'études, ethnicité, et dépendance tabagique), les auteurs montrent que les utilisateurs réguliers de VP sont 6 fois plus susceptibles que les non-utilisateurs ou les testeurs d'avoir arrêté de fumer.

Cet effet n'a pas été retrouvé chez les utilisateurs intermittents. Une association négative a même été retrouvée entre l'utilisation intermittente et un indicateur de motivation à l'arrêt (la perception d'être non-fumeur dans 1 an). Les auteurs concluent que l'utilisation régulière du VP pendant au moins 1 mois est fortement associée à l'arrêt du tabac, et que d'autres études similaires sont nécessaire pour mieux comprendre quels mécanisme sont en jeu.

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Publié le 27 Octobre 2014

OFDT : Tableau de bord mensuel Tabac

octobre 2014 : http://www.ofdt.fr/ofdt/fr/tt141023.pdf

Tobacco sales going up in France in September (scroll down for English)

Selon ces données de l'OFDT, les ventes de cigarettes ont augmenté de 5,4 % en septembre 2014 par rapport à septembre 2013. La chute amorcée en 2013 semble s'enrayer. Cependant, sur le cumul janvier-septembre 2014 on observe quand même une baisse de 5,7% par rapport à la même période en 2013.

Il en va de même pour le tabac à rouler, qui augmente de 11,0% en septembre 2014 (-4,1% sur le cumul janvier-septembre), semblant là aussi indiquer une reprise du tabagisme.

Les ventes de traitements pour l’arrêt du tabac continuent de chuter, de 28,8% en septembre, -30,6% pour le cumul janvier-septembre, les patchs étant toujours les plus touchés (-54,2%), et les consultations en tabacologie ont accueilli moins de nouveaux patients (-7,6%), et le nombre d’appels à Tabac info service baisse aussi (-19,5%).

Comment expliquer ce phénomène alors qu'habituellement l'arrêt du tabac se porte bien en septembre? Le climat de doute plannant sur l'e-cigarette (annonces de l'OMS et du plan anti-tabac, informations relayées dans la presse) y est sans doute pour quelque chose. Les données anglaises récentes montrent aussi un ralentissement du développement du vaporisateur personnel de nicotine, qui a tendance à stagner. Attendons les chiffres d'octobre pour voir si ces données se confirment ou pas.

Les ventes de tabac repartent à la hausse en septembre

According to these OFDT data, cigarette sales increased by 5.4 % in September 2014 compared to September 2013. The downward trends observed in 2013 have been stopped. However, the cumulative data for January-September 2014 still represent a decrease of 5.7% compared to last year.

A similar trend is observed for roll-your-own tobacco, which increased by 11.0% in September (-4.1% for January-September), compared to last year.

Sales of smoking cessation treatments continued to fall, -28.8% in September, -30.6% for January-September, patches being the most affected (-54.2​​%). Smoking cessation centers received also fewer new patients (-7.6%), and the number of calls to the quitline (Tabac info service) also decreased (-19.5%).

How to explain this situation, while September is usually a time of the year where people quit smoking ? This may be due to the doubt introduced on e-cigarettes (WHO  and Ministry of Health Tobacco Control programme announcements, news in the press). Recent English data also shown a stabilisation in the developpement of nicotine vaporisers. Lets wait for October data to see if this trend is confirmed or not.

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Publié le 15 Octobre 2014

C'est par ce titre aguicheur qu'un site "Stop nicotine", prétendant être "La seule proposition e-cigarette pour se défaire du tabac sans nicotine ni produits chimiques dangereux pour la santé" attire le chalant vapoteur...

Pourquoi "sans nicotine" me direz-vous, puisqu'il s'adresse au fumeur!

Et bien parce que ce site critiquant un autre (Clear smoke), sans doute guère plus spécialiste du vaporisateur personnel, nous dit de but en blanc que:

"...Mais la nicotine (prouvée cancérigène) est bien présente et son addiction n’est pas du tout prise en compte, bien au contraire."

Quand on se permet de dire une telle ineptie, encore faudrait-il citer ses sources... ce que ce site ne fait pas bien sûr. Pour la bonne raison que c'est faux. La nicotine n'est pas reconnue comme cancérigène (dixit l'IARC, l'organisme dépendant de l'OMS qui classifie les substances cancérigènes).

Je ne vais pas m'étendre sur le sujet car ces personnes ne méritent même pas qu'on leur fasse une quelconque publicité. Mais assurément, ce n'est pas avec de tels arguments que les fumeurs vont se tourner vers l'objet qui pourrait les détourner une fois pour toute du tabagisme.

Ce climat délétère autour de la nicotine m'horrifie, cela fait 30 ans que toutes les campagnes anti-tabac martellent que le problème c'est la nicotine. Et ça fait 30 ans que j'essaye de faire passer le message que dans le tabagisme ce n'est pas la nicotine le problème, ce n'est pas elle qui est responsable des maladies, ce sont les produits de combustion du tabac, et que si la nicotine a un rôle c'est justement d'être la solution.

Quelque part je m'amuse à lire ce site. Allez voir par vous-même, il est tout récent. Il n'y a aucun commentaire, mais par contre tous les articles ont reçu exactement 389 "j'aime", étonnant non?

Ah et puis, vous pouvez aller voir, ils ont fait de la recherche! Mais le labo qui fabrique ce produit s'appelle Gaialab, ça vous rappelle rien? (en fait après contact avec Gaiatrend, il semblerait qu'en plus ils surfent sur leur notoriété)

 

La société Gaiatrend m'a demandé de poster un droit de réponse, le voici:

Communiqué Gaïatrend du 16 octobre 2014

Sujet l Gaïalab |

Souvent copié, jamais égalé…

Le secteur du e-liquide semble disposer de beaucoup d’adeptes, de spécialistes puisque bon nombre de nouveaux concurrents (sans compter les nouvelles marques) apparaissent au fil des mois. Pourtant, peu sûr d’eux, certains créent l’ambiguïté en empruntant des noms bien suggestifs. Aussi, nous nous amusons des ruses adoptées pour jouer sur les consonances, sur les couleurs… tout pour semer la confusion.

Alors que ce secteur (de l’e-cig) nécessite pourtant bon nombre d’efforts complémentaires jusqu’à ce que les réglementations posent les jalons nécessaires à une professionnalisation intégrale, la Direction de Gaïatrend, créateur de la marque ALFALIQUID, n’a de cesse que de poursuivre, jour après jour, ceux qui usurpe leur identité.

Nouvel exemple avec Gaïalab qui emprunte, en toute modestie, l’identité de Gaïatrend (pour rappel : précurseur du e-liquide en France, créée en 2008). Ce manque de recherche et d’innovation n’est assurément pas un hasard et sème très logiquement le trouble dans l’esprit des consommateurs, d’autant que le graphisme de Gaïalab n’est qu’une pâle copie de l’identité même de Gaïatrend.

Avis à tous les malins qui auraient l’idée de copier et copier encore… attention, ça risque de vous coûter cher.

La Direction de Gaïatrend.

 

 

 

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Publié le 27 Septembre 2014

Le PNRT de Mme la Ministre de la santé

Présentation du plan sur le site sante.gouv : http://www.sante.gouv.fr/marisol-touraine-presente-le-programme-national-de-reduction-du-tabagisme.html

Madame la Ministre déclare que : "Le vapotage sera interdit dans certains lieux publics. Conformément à l’avis du Conseil d’Etat du 17 octobre 2013, la cigarette électronique sera interdite dans les établissements accueillant des mineurs (les écoles, par exemple) dans tous les moyens de transport collectif, dans tous les espaces clos collectifs de travail."

Que recouvrent exactement "les espaces clos collectifs de travail"?
Cela veut-il dire qu'une personne seule dans un bureau pourra vaper comme elle le souhaite? Ce qui bien évidemment créerait une injustice par rapport à ceux qui travaillent à plusieurs dans une pièce.
Malheureusement, cette mesure ne tient pas compte de la réalité de la vape, puisque lorsqu'un fumeur peut se contenter de quelques pauses de 5-10 min au cours de la journée, l'utilisateur de vaporisateur de nicotine ne pourra pas combler son manque de cette façon. En effet, pour obtenir la même dose de nicotine qu'un fumeur en 5 min, il faut vaper entre 30 min et 1h suivant le matériel utilisé. Le principe de la pause est donc incompatible avec l'utilisation efficace d'un vaporisateur de nicotine. Cela ne fera qu'entretenir le vapeur dans une consommation mixte, où il fumera lors de ses pauses, et ne pourra vaper qu'en dehors de son lieu de travail. Ce qui est contraire à l'efficacité du VP dans le but d'arrêter de fumer. Par ailleurs, qu'en sera-t-il si un jour un fabriquant décide d'obtenir une AMM pharmaceutique, comme BAT l'a fait en Angleterre?


Le dossier de presse indique que : "De plus, l’utilisation de la cigarette électronique dans des lieux publics tend à banaliser l’attitude du fumeur et s’inscrit donc à rebours des politiques de lutte contre le tabagisme menées à l’échelle nationale et internationale depuis plusieurs dizaines d’années."

Où sont les preuves de cette affirmation? En quoi le fait de vaper inciterait plus à fumer qu'à vaper? Pourquoi ne pas penser que c'est justement l'inverse qui peut se produire? Combien de fumeurs ont été convertis au vapotage en voyant leurs collègues de travail le faire? Cette prise de position s'inspire largement de ce que l'on peut lire dans le document de travail de l'OMS en vue de la CoP6 (qui aura lieu à Moscou en octobre), que nous avons critiqué dans un article publié dans la revue Addiction, et pas de la réalité du comportement ou des données des enquêtes et études (sur le vapotage passif par exemple). A l'opposé, il faut saluer la position de l'Angleterre qui s'est refusée de prendre une telle disposition.

Madame la Ministre ne semble pas non plus avoir pris en compte l'analyse de la littérature scientifique en ce qui concerne la soit-disant porte d'entrée dans le tabagisme (voir http://jlhamzer.over-blog.com/2014/09/notre-reponse-au-document-de-l-oms.html) :
Elle déclare: "Mais, pour un jeune qui n’a jamais fumé, la cigarette électronique peut devenir une porte d’entrée vers le tabagisme, comme le met en garde le Haut conseil de la santé publique. L’industrie du tabac investit aujourd’hui dans la cigarette électronique, preuve qu’elle a bien compris son potentiel d’addiction. Elle crée des arômes pour rendre la cigarette électronique plus attractive pour les jeunes consommateurs."

Si l'industrie du tabac investit aujourd'hui dans la cigarette électronique, elle ne le fait que dans le secteur des "cigalikes", qui ne sont pas suffisamment efficaces pour aider le fumeur à arrêter de fumer, ce qu'a bien compris cette industrie qui cherche à protéger son marché juteux. Par ailleurs ces "cigalikes" ne sont pas aromatisées, ou simplement par un goût tabac ou menthe, mais certainement pas par les arômes incriminés comme étant faits pour attirer les jeunes. Ce sont les VP de nicotine, qui ne sont pas fabriqués par l'industrie du tabac, qui utilisent les arômes parce qu'ils sont un élément essentiel du plaisir qui permet au fumeur d'abandonner et de se détacher de la cigarette de tabac. Les récentes données anglaises confirment d'ailleurs que les jeunes ne sont pas des utilisateurs réguliers.

Encore une fois, on peut se demander qui conseille Mme la Ministre et pourquoi ses conseillers semblent sourds aux recommandations des scientifiques et aux témoignages des vapeurs.

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Rédigé par Jacques Le Houezec