Publié le 17 Septembre 2014

Le résumé de l'enquête, en anglais, est ici:

http://www.ash.org.uk/:new-survey-finds-regular-use-of-electronic-cigarettes-by-children-still-rare

Une nouvelle enquête réalisée par ASH (Action on Smoking and Health) [1], montre que si l'usage de la cigarette électronique par les jeunes a augmenté entre 2013 et 2014:

• Seulement 1,8% des jeunes (11-18 ans) sont des utilisateurs réguliers. 90% des utilisateurs réguliers ou occasionnels sont des jeunes qui sont déjà des fumeurs ou ex-fumeurs

• 91% des jeunes n'ont pas essayé l'e-cigarette, même une seule fois; et ce en dépit du fait que

• Plus de 80% des jeunes connaissent parfaitement l'existence de l'e-cigarette (contre moins de 70% en 2013).

L'enquête de ASH (Jeunes sans fumée) a interrogé plus de 2000 jeunes de 11 à 18 ans en 2013, et à nouveau 2000 en 2014, à propos de leur consommation de tabac et de e-cigarettes. L'enquête confirme aussi que 98% des jeunes qui n'ont jamais fumé n'ont pas non plus essayé l'e-cigarette.

Globalement, le nombre de jeunes qui ont déjà essayé une e-cigarette a augmenté de 3%, passant de 7% en 2013 à 10% en 2014 [2]. Cependant, l'utilisation est étroitement liée au tabagisme. Les jeunes qui fument le plus régulièrement sont plus susceptibles d'avoir essayé l'e-cigarette.

Non seulement les jeunes n'utilisent pas ces produits régulièrement, mais ils n'ont pas l'intention de le faire dans l'avenir. Plus de 90% des jeunes interrogés qui n'avaient jamais essayé de vaper ont dit qu'ils n'avaient aucune intention d'essayer dans le futur.

La Directrice de ASH, Deborah Arnott a dit: «ASH est favorable à l'introduction d'un âge minimum pour la vente de 18 ans pour les e-cigarettes [3] et à des contrôles plus stricts sur la publicité [4] afin d'éviter que ces produits soient promus aux enfants. Cependant, les résultats de l'enquête devraient rassurer le public que les e-cigarettes ne sont pas actuellement largement utilisées par les jeunes, et que ceux-ci ne sont pas intéressés à les utiliser. Les petites augmentations de la consommation qui ont eu lieu au cours de l'année écoulée sont presque entièrement confinées chez les jeunes qui fument ou qui ont fumé. "

Notes aux rédacteurs

[1] La recherche a été menée par YouGov dans le cadre de l'enquête ASH "Jeunes sans fumée", mais les chiffres de ce communiqué de presse sont basés sur une analyse approfondie menée par l'institut de santé publique (Public Health England). L'analyse complète est en cours de préparation pour publication et sera publié en temps voulu. Le travail de terrain a été réalisée par YouGov entre le 21 Mars et 1er Avril 2014.

[2] inclus moins de 1% qui n'ont pas voulu dire s'ils avaient déjà utilisé l'e-cigarette

[3] La loi "enfants et familles" de 2014, a créé une disposition pour relever l'âge de vente des e-cigarettes à 18 ans. Le gouvernement est susceptible d'ouvrir bientôt une consultation sur la réglementation.

[4] La directive sur les produits du tabac de l'UE de 2014 comprend un certain nombre de dispositions concernant l'e-cigarette, incluant des contrôles sur la commercialisation. Dès 2016, les produits qui ne seront pas autorisés en tant que médicaments ne seront plus en mesure d'utiliser la publicité transfrontalière, ce qui inclut les médias imprimés et télévisés. Le Comité des pratiques publicitaires doit publier de nouvelles lignes directrices sur la publicité des e-cigarettes après sa récente consultation.

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Rédigé par Jacques Le Houezec

Publié dans #e-cigarette, #enquête, #jeunes, #adolescents

Publié le 10 Septembre 2014

L'article (en anglais) critiquant la position de l'OMS, que nous avons publié dans Addiction la semaine dernière, est en libre accès pendant 1 mois...
http://onlinelibrary.wiley.com/doi/10.1111/add.12730/pdf

Vous pouvez aussi lire l'éditorial de Robert West
http://bjgp.org/content/64/626/442.full

J'essayerai de faire un petit résumé en français ces prochains jours.

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Publié le 26 Août 2014

L'OMS a publié aujourd'hui un document de travail en vue de la réunion des Parties de la Convention cadre (CCLAT) à Moscou en octobre prochain:

http://apps.who.int/gb/fctc/PDF/cop6/FCTC_COP6_10-fr.pdf

C'est une révision d'une version précédente encore plus virulente et opposée au vaporisateur de nicotine (VP), qui semble avoir pris en compte quelques critiques qui avaient été adressées à l'OMS, en particulier notre lettre envoyée à la Directrice, démontrant la déformation des données scientifiques, utilisées afin de leur faire dire ce qu'elles ne montraient pas. C'est indigne de scientifiques, tel Stan Glantz (co-auteur du rapport qui a servi de base à ce document publié aujourd'hui), de déformer à ce point les données, ou de ne choisir que celles qui l'arrange, pour atteindre un but pré-fixé, en l'occurrence mettre des bâtons dans les roues du VP, censé renormaliser le tabagisme ou inciter les jeunes à commencer.

Le problème est que rien de ce qui est avancé par Stan Glantz, ou par ce rapport largement inspiré, n'est supporté par les données scientifiques existantes.

Ni l'hypothèse de la porte d'entrée en tabagisme des jeunes, que même les données du CDC, utilisées par Glantz, ne montrent pas lorsqu'on les analyse vraiment, ni d'ailleurs les données françaises (Paris sans tabac) ou anglaises (STS), ni la dangerosité de la nicotine exagérée comme toujours, ni l'exposition passive au VP, ne sont basés sur des preuves solides, mais des données déformées et utilisées dans le but de faire peur et d'atteindre un objectif pré-établit.

Certaines critiques des articles de Glantz (dans JAMA Pediatrics, ou Circulation) sont déjà parues. D'autres arrivent, dont un Editorial de Robert West dans le British Journal of General Practice à paraître lundi 1 septembre, et une critique du rapport de Glantz pour l'OMS à paraître la semaine prochaine dans Addiction (j'en suis l'un des co-auteurs), qui reprend les éléments de notre lettre à l'OMS.

Encore une fois, ceci n'est qu'un document de travail en vue de la COP6, à nous d'être suffisamment convaincants auprès des participants (représentants des différents pays ayant ratifié la Convention) et à continuer d'apporter des réponses scientifiques par de nouvelles études, afin que le document final ne soit pas aussi biaisé, et laisse au VP la possibilité de livrer les avantages potentiels de Santé publique, que même l'OMS reconnaît dans ce texte (paragraphe 34).

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Publié le 30 Juin 2014

For an English version, see here.

 

Le 26 mai 2014, cinquante-trois scientifiques spécialistes de la nicotine et des politiques de santé ont écrit au Dr Margaret Chan, Directeure général de l'OMS pour faire valoir que la réduction du risque fait partie de la solution concernant la mortalité et la morbidité liées au tabagisme, et nécessite une approche fondée sur les preuves pour proposer une réglementation.

En réponse, le professeur Stanton Glantz, de l'Université de Californie à San Francisco, a organisé une lettre faisant un certain nombre de critiques de la première lettre, en tentant de faire une critique scientifique sur l'e-cigarette.

De façon regrétable, plusieurs points soulevés dans cette lettre sont sans fondement scientifique et peuvent être trompeur pour les décideurs ou les non-spécialistes, s'ils la lise sans discernement. Le commentaire ci-dessous explique pourquoi les citations et les arguments utilisés ne prennent pas en compte un certain nombre de conclusions tirées de cette lettre.

En tant qu'autorité respectée, il est important que l'OMS et ses employés aient un point de vue impartial des preuves scientifiques présentées dans les articles sources. Le 26 Juin, nous avons de nouveau écrit à l'OMS un court commentaire scientifique afin d'identifier les erreurs d'interprétation de la lettre de M. Glantz, et afin d'expliquer pourquoi les citations et les arguments utilisés ne supportent pas les conclusions tirées. Le texte de la lettre est présenté ci-dessous.

 

__________________ le texte de la lettre du 26 juin ____________________

 

Commentaires à propos de la lettre demandant à l'OMS de traiter les cigarettes électroniques comme des produits du tabac ou des médicaments:

L'importance d'une présentation dépassionnée et de l'interprétation des preuves

 

A la suite de notre lettre à la Directrice générale de l'OMS du 26 mai 20141 le Pr Stanton Glantz a soumis une autre lettre («la lettre de Glantz»).2 Alors que notre lettre présentait le cas plus général de la réduction du risque tabagique et les principes qui devraient servir l'approche politique des alternatives au tabagisme à faible risque, la lettre de Glantz ne porte que sur l'e-cigarette.

Avant de rentrer dans les détails, nous insistons sur le fait que nous maintenons que notre position sur la réduction du risque reste valide et pertinente, et que les auteurs de la lettre au Dr Chan maintiennent ce qu'ils ont déclaré. Nous espérons que l'OMS et les Parties de la Convention Cadre (CCLAT) répondront de même.

Quant aux détails, il est regrettable que la lettre de Glantz ne fait que reprendre les exemples de données scientifiques mal interprétées qui ont déjà été critiquées par nombre de chercheurs.3,4 Nous pensons que les chercheurs ont l'obligation de présenter de la façon la plus objective possible les preuves scientifique et que les études citées doivent être pertinentes, correctement interprétées, et supportent les conclusions qui en sont tirées.

Ci-dessous, nous expliquons comment les conclusions présentées dans la lettre de Glantz ne correspondent pas aux conclusions des études citées.

 

  1. Contrairement à l'impression donnée, les enquêtes ont montré que l'utilisation d'e-cigarettes par les non-fumeurs est négligeable et que la prévalence tabagique diminue chez les jeunes

 

La lettre dit “… une augmentation rapide de l'utilisation de l'e-cigarette chez les jeunes, y compris de façon inquiétante chez les jeunes n'ayant jamais fumé de cigarettes”. L'enquête du CDC (National Tobacco Youth Survey) est citée pour étayer cette déclaration.5,6 En fait, le CDC dit “Entre 2011 et 2012, parmi tous les élèves de collèges et de lycées… l'utilisation courante d'e-cigarette a augmenté de 1,1% à 2,1% (p<0,05), et l'utilisation simultanée de cigarettes et d'e-cigarettes a augmenté, passant de 0,8% à 1,6% (p<0,05)”.6 Ainsi, la prévalence était en fait de 0,5% parmi les non-fumeurs dont certains ont certainement fumé précédemment et utilisent maintenant la e-cigarette à la place. De plus, l'utilisation courante était définie comme étant l'utilisation au cours des 30 derniers jours, mais pas l'utilisation régulière ou quotidienne.

La lettre fait aussi référence à une étude Coréenne, et déclare qu'elle a montré “une accélération rapide de l'utilisation d'e-cigarettes chez les jeunes”.7 En fait, l'étude a montré que “… 4,7% étaient des utilisateurs courants (dans les 30 derniers jours) d'e-cigarettes (3,6% d'utilisateurs de cigarettes et d'e-cigarettes et seulement 1,1% d'utilisateurs exclusifs d'e-cigarettes).” Ce pourcentage une fois de plus représentait “une quelconque utilisation au cours des 30 derniers jours”. Les auteurs de l'enquête Coréenne ont indiqué: “Il était rare pour les étudiants ayant arrêté de fumer d'utiliser régulièrement l'e-cigarette”.

Clairement il est important de continuer à surveiller l'évolution, mais des déclarations alarmistes à propos d'une augmentation dramatique de l'utilisation de l'e-cigarette ne sont basées sur aucunes données des enquêtes citées.

De plus, si les potentiels fumeurs ont utilisé des e-cigarettes plutôt que de fumer, cela représente clairement un gain pour la santé publique si pour cette raison ils n'ont pas commencé à fumer. A l'opposé, le problème le plus sérieux serait que l'e-cigarette mène au tabagisme par un effet de « porte d'entrée ». En fait le rapport du CDC déclare “…la prévalence de l'utilisation de produits du tabac parmi les collégiens et les lycéens était de 6,7% et 23,3%, respectivement”, alors que pour 2011 les estimations étaient de “7,5% pour les collégiens et de 24,3% pour les lycéens”.6 Donc, la prévalence du tabagisme diminue chez les jeunes américains.

 

  1. L'hypothèse selon laquelle l'utilisation conjointe d'e-cigarettes et de cigarettes n'apporte aucun bénéfice de santé n'est pas validée par les preuves

 

Etablir le bénéfice ou les méfaits potentiels de l'utilisation conjointe dépend de l'estimation de l'absorption de substances toxiques comparée à ce qu'elle serait si les fumeurs n'utilisaient pas d'e-cigarettes. Les étude longitudinales sont essentielles pour contrôler que ce sont bien les fumeurs les plus dépendants qui essayent l'e-cigarette afin de réduire leur consommation (selon les données dont nous disposons à propos des substituts nicotiniques), et nous avons besoin de marqueurs biologiques de l'exposition aux substances toxiques afin de déterminer si l'utilisation d'e-cigarettes fait que les fumeurs fument de façon moins intensive. Ne pas reconnaître ce fait est une tromperie. De plus, il a été montré que l'utilisation conjointe de substituts nicotiniques et de tabac est liée à l'abstinence tabagique dans le futur.8 Des études avec suffisamment de puissance statistique doivent être réalisées avec l'e-cigarette avant que toute affirmation à propos de l'utilisation conjointe puisse être faite, dans un sens comme dans l'autre.

 

  1. L'affirmation que les e-cigarettes minent les efforts d'arrêt n'est étayée par aucune preuve – ce qu'on observe est plutôt l'inverse

 

Le fait que la proportion d'utilisateurs d'e-cigarettes est plus important chez les fumeurs que chez les ex-fumeurs est utilisé dans la lettre pour étayer l'hypothèse que l'utilisation d'e-cigarettes inhibe les tentatives d'arrêt. Ceci est basé sur un raisonnement fallacieux et une incompréhension des probabilités conditionnelles. La proportion relative d'utilisateurs d'e-cigarettes chez les fumeurs et les ex-fumeurs dépend de nombreux facteurs, incluant les utilisateurs d'e-cigarettes qui arrêtent de fumer, puis consécutivement arrêtent l'e-cigarette, et les fumeurs qui l'utilisent juste pour réduire leur consommation de tabac.

Afin d'établir si l'utilisation conjointe d'e-cigarettes et de cigarettes de tabac a une influence sur l'arrêt du tabac nécessite une étude longitudinale au cours de laquelle les utilisateurs d'e-cigarettes au début de l'étude sont suivis afin de déterminer s'ils arrêtent de fumer, même lorsque des facteurs confondants sont pris en compte. Cela peut rester sous l'influence de facteurs non pris en compte, mais offre au moins une façon d'aborder la question. Cela nécessiterait aussi de comparer ce qui se passe avec les substituts nicotiniques, car il a été montré que l'utilisation de substituts nicotiniques tout en fumant prédit un arrêt du tabac dans le futur.

Une étude citée dans la lettre a suivi 949 fumeurs entre 2011 et 2012, et n'a trouvé aucune association entre l'utilisation d'e-cigarette (rapportée par 88 fumeurs) et l'arrêt du tabac.9 Cette étude n'a PAS trouvé que “les fumeurs qui ont utilisé des e-cigarettes avaient moins de chances d'arrêter le tabac”. La puissance statistique pour trouver une telle association, positive ou négative, était faible.

En ce qui concerne l'étude de Vickerman et coll.,10 qui est citée comme preuve que l'e-cigarette décourage les fumeurs d'arrêter, les auteurs ont insisté sur le point suivant: “Le récent article publié par le Dr Katrina Vickerman et ses collègues a été mal interprété par les nombreuses personnes qui ont écrit à son propos. Cette étude n'a jamais eu l'intention d'évaluer l'efficacité de l'e-cig comme moyen d'arrêter de fumer”.11

De façon similaire aux autres citations utilisées dans cette partie de la lettre, l'étude de Popova et Ling n'a pas montré que les fumeurs avaient moins de chances d'arrêter avec l'e-cigarette.12 Les auteurs déclarent eux-même: “Parce qu'il s'agit d'une étude transversale, nous n'avons pas pu déterminer si l'utilisation de produits alternatifs au tabagisme a conduit à l'arrêt du tabac, ou si ceux qui ont essayé d'arrêter de fumer — pour quelque raison que ce soit— ont utilisé des produits alternatifs au tabac”.

Les seules études qui ont été spécifiquement conçues pour déterminer l'efficacité des e-cigarettes dans l'arrêt du tabac ont été mentionnées dans la lettre, mais ont été minorées. L'étude ASCEND13 a été critiquée comme biaisée par rapport aux substituts nicotiniques parce que des bons de retrait dans les pharmacies ont été envoyés aux participants randomisés pour recevoir un patch de nicotine. Les auteurs ont expliqué qu'un tel biais était improbable parce que les analyses, tant selon le protocole qu'en intention de traiter, ont montré des résultats similaires, et que donc le fait que certains participants randomisés pour recevoir un patch ne se le sont pas procuré ne permet pas d'expliquer les résultats de l'étude. L'étude a montré qu'une e-cigarette de première génération (qui délivrait peu de nicotine) avait une efficacité similaire au patch dans l'aide à l'arrêt. En fait cette étude n'avait pas une puissance statistique suffisante pour détecter autre chose qu'une large différence d'efficacité.

Une étude réalisée par Brown et coll.14 a évalué l'efficacité réelle de l'e-cigarette comme aide à l'arrêt dans la population. L'étude a montré que les fumeurs utilisant l'e-cigarette pour arrêter de fumer étaient plus susceptibles de rapporter une abstinence continue que ceux qui utilisaient des substituts nicotiniques achetés sans ordonnance, ou ceux n'utilisant aucune aide pour arrêter de fumer. Les signataires de la lettre ont critiqué cette étude en déclarant que 80% des fumeurs ayant utilisé des e-cigarettes n'ont pas arrêté de fumer ; ils ont ajouté qu'aucune comparaison n'a été faite avec “l'utilisation de thérapies avec un suivi de qualité.

L'arrêt sans aide donne en général un succès de moins de 5% à 12 mois. Le fait qu'une majorité de personnes qui utilise une méthode particulière d'arrêt sans succès a été utilisé par certains (sans doute en tant que sujet de polémique puisque la logique fait défaut) pour démontrer que la méthode est inefficace. La comparaison correcte, bien sûr, doit être faite par rapport à ceux ayant essayé d'arrêter sans aide. Par conséquent, le fait qu'une forte proportion de fumeurs qui utilisent les e-cigarettes pour arrêter de fumer ne parviennent pas à arrêter et continuent à utiliser l'e-cigarette n'a aucune incidence sur la question de savoir si elles aident à l'arrêt. Ce qu'il est nécessaire de comparer c'est le taux de succès chez ceux n'ayant pas utilisé l'e-cigarette, après ajustement en fonction des facteurs confondants. Donc, le fait que la majorité des fumeurs ne parvient pas à arrêter de fumer avec une méthode donnée ne signifie pas que la méthode n'améliore pas les taux de réussite.

Les auteurs de l'étude ont précisé qu'ils n'ont pas pu directement comparer les résultats de l'e-cigarette à l'aide à l'arrêt avec suivi car l'étude manquait de puissance statistique, mais ont indiqué qu'en moyenne les résultats sont meilleurs lorsque les fumeurs utilisent les services d'aide à l'arrêt disponibles au Royaume-Uni. La question critique est de savoir s'il y a des preuves que l'utilisation croissante d'e-cigarettes pour arrêter de fumer s'est faite au détriment de méthodes potentiellement plus efficaces, mais les données montrent que ce n'est pas le cas.

 

  1. Ne pas quantifier le risque relatif par rapport au tabac crée une impression fausse chez les non-experts.

 

Il est trompeur de présenter les taux de substances toxiques présents dans la vapeur d'e-cigarette sans les comparer à ceux de la fumée de cigarettes. Ainsi, la lettre stipule que des nitrosamines sont présentes dans la vapeur d'e-cigarette, mais omet de dire que le niveau d'exposition quotidien est près de 1800 fois plus faible qu'avec des cigarettes de tabac.15 De même, la présence de métaux lourds16 est aussi indiquée d'une façon qui crée une impression trompeuse de risque. La pharmacopée américaine a établi des limites de sécurité pour l'exposition quotidienne aux métaux lourds lors de l'utilisation de médicaments inhalés.15,17 En ce qui concerne le plomb et le nickel (Pb et Ni), l'estimation de l'exposition quotidienne par l'e-cigarette est 6 fois inférieure aux limites de sécurité, et pour le chrome (Cr) elle est 70 fois inférieure.

Des assomptions sont également faites à propos des particules de la vapeur. Pour les particules ultra-fines, aucune mention n'est faite de la composition de la matière particulaire. En fait, les particules de plus basse taille sont celles de la vapeur d'eau 18 qui ne comportent aucun risque pour la santé.

De façon similaire, il est trompeur de rapporter des cas d'empoisonnement accidentels sans les comparer avec d'autres substances et sans quantification.19,20 Le nombre de cas est très faible comparé, par exemple, aux produits ménagers.20

L'hypothèse de base de la réduction du risque n'est pas que les produits de nicotine de substitution soient inoffensifs, mais qu'ils offrent une réduction du risque d'au moins 95% par rapport à la cigarette, et offrent une alternative viable pour les fumeurs qui ne peuvent pas ou ne souhaitent pas cesser d'utiliser la nicotine. Le défi est de trouver un cadre approprié pour réaliser les possibles gains de santé publique, tout en gérant les risques résiduels.

En conclusion, nous sommes préoccupés par ce qui nous apparaît comme une tentative d'influencer la politique par des distorsions de la preuve. Nous comprenons bien que les signataires de la lettre de Glantz partagent nos inquiétudes concernant tout ce qui pourrait minimiser les efforts pour diminuer le fardeau que représentent les maladies et les morts prématurées dues au tabagisme, et nous devons travailler ensemble avec ce même but. Cependant, il est impératif que les scientifiques de renom accomplissent leur mission avec soin et fassent tous les efforts pour être objectif lors de la présentation et l'interprétation des preuves. Les décideurs politiques se doivent ensuite d'être critiques par rapport au raisonnement scientifique, qu'il soit présenté par les scientifiques, les activistes ou les groupes d'intérêt.

 

 

Références

 

  1. Reducing the toll of death and disease from tobacco – tobacco harm reduction and the Framework Convention on Tobacco Control (FCTC). 2014. (http://ecigarette-research.com/WHO.pdf / http://jlhamzer.over-blog.com/2014/05/declaration-d-experts-en-science-de-la-nicotine-et-des-politiques-de-sante-publique.html).

  2. Stanton Glantz et al. 129 public health and medical authorities from 31 countries write WHO DG Chan urging evidence-based approach to ecigs, 16 June 2014. https://tobacco.ucsf.edu/129-public-health-and-medical-authorities-31-countries-write-who-dg-chan-urging-evidence-based-appro#comments

  3. See for example: Michael Siegel, Glantz review article is little more than an unscietific hatchet job on e-cigarettes, 14 May 2014 http://tobaccoanalysis.blogspot.be/2014/05/glantz-review-article-is-little-more.html and Clive Bates, Cease and desist: making false claims about the gateway effect, 13 March 2014 http://www.clivebates.com/?p=2053

  4. For a direct response to Professor Glantz’s criticisms of our letter to Dr Chan, see Konstantinos Farsalinos. Abuse of evidence and argument: a response to Stanton Glantz' criticisms of an expert letter to WHO on tobacco harm reduction, 12 June 2014 http://www.ecigarette-research.com/web/index.php/2013-04-07-09-50-07/2014/166-glantz-response-cvd

  5. Centers for Disease Control and Prevention (CDC). Tobacco product use among middle and high school students--United States, 2011 and 2012. MMWR Morb Mortal Wkly Rep 2013;62:893-897.

  6. Centers for Disease Control and Prevention (CDC). Notes from the field: electronic cigarette use among middle and high school students - United States, 2011-2012. MMWR Morb Mortal Wkly Rep 2013;62:729-730.

  7. Lee S, Grana RA, Glantz SA. Electronic cigarette use among korean adolescents: a cross-sectional study of market penetration, dual use, and relationship to quit attempts and former smoking. J Adolesc Health 2014;54:684-690.

  8. NICE. Tobacco: harm reduction approaches to smoking. National Institute for Health and Care Excellence, London, 2013.

  9. Grana RA, Popova L, Ling PM. A longitudinal analysis of electronic cigarette use and smoking cessation. JAMA Intern Med 2014;174:812-813.

  10. Vickerman KA, Carpenter KM, Altman T, Nash CM, Zbikowski SM. Use of electronic cigarettes among state tobacco cessation quitline callers. Nicotine Tob Res 2013;15:1787–1791.

  11. Alere blog. E-Cigs: Are They A Problem Or A Solution? (http://blog.alerewellbeing.com/bid/288222/E-Cigs-Are-They-A-Problem-Or-A-Solution)

  12. Popova L, Ling PM. Alternative tobacco product use and smoking cessation: a national study. Am J Public Health 2013;103:923–930.

  13. Bullen C, Howe C, Laugesen M, McRobbie H, Parag V, Williman J, Walker N. Electronic cigarettes for smoking cessation: a randomised controlled trial. Lancet 2013;382:1629-1637.

  14. Brown J, Beard E, Kotz D, Michie S, West R. Real-world effectiveness of e-cigarettes when used to aid smoking cessation: a cross-sectional population study. Addiction 2014. doi: 10.1111/add.12623.

  15. Farsalinos KE, Polosa R. Safety evaluation and risk assessment of electronic cigarettes as tobacco cigarette substitutes: a systematic review. Ther Adv Drug Safety 2014;5:67-86.

  16. Williams M, Villarreal A, Bozhilov K, Lin S, Talbot P. Metal and silicate particles including nanoparticles are present in electronic cigarette cartomizer fluid and aerosol. PLoS One 2013;8:e57987.

  17. US Pharmacopeia. (2013) Elemental impurities limits. (http://www.usp.org/sites/default/files/usp_pdf/EN/USPNF/key-issues/c232_final.pdf).

  18. Ogulei D, Hopke PK, Wallace LA. Analysis of indoor particle size distributions in an occupied townhouse using positive matrix factorization. Indoor Air 2006;16:204-215.

  19. Chatham-Stephens K, Law R, Taylor E, Melstrom P, Bunnell R, Wang B, Apelberg B, Schier JG; Centers for Disease Control and Prevention (CDC). Notes from the field: calls to poison centers for exposures to electronic cigarettes--United States, September 2010-February 2014. MMWR Morb Mortal Wkly Rep 2014;63:292-293.

  20. Mowry JB, Spyker DA, Cantilena LR Jr, Bailey JE, Ford M. 2012 Annual Report of the American Association of Poison Control Centers' National Poison Data System (NPDS): 30th Annual Report. Clin Toxicol (Phila) 2013;51:949-1229.

 

Relue et approuvée par:

Professor David Abrams

Professor Tony Axéll

Professor Pierre Bartsch

Professor Linda Bauld

Professor Ron Borland

Professor John Britton

Ass. Professor Chris Bullen

Prof. André Castonguay

Dr Lynne Dawkins

Prof. Jean François Etter

Dr Karl Fagerström

Dr Konstantinos Farsalinos

Dr Guillermo González

Dr Nigel Gray

Professor Peter Hajek

Professor Wayne Hall

Professor John Hughes

Professor Martin Jarvis

Professor Didier Jayle

Professor Martin Juneau

Professor Demetrios Kouretas

Professor Lynn Kozlowski

Dr Eva Králíková

Dr Murray Laugesen

Dr Jacques Le Houezec

Dr Kgosi Letlape

Dr Karl Erik Lund

Dr Gérard Mathern

Professor Richard Mattick

Professor Ann McNeill

Dr Hayden McRobbie

Dr Anders Milton

Professor Marcus Munafò

Professor David Nutt

Professor Riccardo Polosa

Dr Lars Ramström

Dr Martin Raw

Professor Andrzej Sobczak

Professor Gerry Stimson

Professor Tim Stockwell

Professor David Sweanor

Professor Umberto Tirelli

Professor Umberto Veronesi

Professor Kenneth Warner

Professor Robert West

Professor Dan Xaio

Dr Derek Yach

 

Note: ce commentaire est approuvé par l'ensemble des signataires originaux de notre lettre au Dr Chan du 26 mai qui ont été contactés et disponibles pour relire ce document au 28 juin (mise à jour). Se rapporter à la lettre originale pour les affiliations.

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Publié le 25 Juin 2014

OFDT : Tableau de bord mensuel Tabac

avril 2014 : http://www.ofdt.fr/ofdt/fr/tt140623.pdf

Tobacco sales still going down in France in May (scroll down for English)

Selon ces données de l'OFDT, les ventes de cigarettes reculent de 10,4 % en mai 2014 par rapport à mai 2013. La chute amorcée en 2013 continue. Le cumul janvier-mai 2014 représente une baisse de 8,3% par rapport à la même période en 2013.

Il en va de même pour le tabac à rouler, qui baisse 9,5% en mai 2014 ( -8,1% sur le cumul janvier-mai). Preuve que les fumeurs ne se reportent toujours pas sur le tabac à rouler.

Les ventes de traitements pour l’arrêt du tabac continuent de chuter, de 27,1% en mai, -29,6% pour le cumul janvier-mai, les patchs étant les plus touchés (-57,0%), et les consultations en tabacologie ont accueilli moins de nouveaux patients (-14,7%), et le nombre d’appels à Tabac info service baisse aussi (-14,6%).

Les ventes de tabac reculent encore en mai!

According to these OFDT data, cigarette sales felt by 10.4% in May 2014 compared to April 2013. The trends observed in 2013 are confirmed. The cumulative data for January-May 2014 represent a decrease of 8.3%.

A similar trend is observed for roll-your-own tobacco, which decreased by 9.5% in May (-8.1% for January-May), compared to last year.

Sales of smoking cessation treatments continued to fall, -27.1% in May, -29.6% for January-May, patches being the most affected (-57.0​​%). Smoking cessation centers received also fewer new patients (-14.7%), and the number of calls to the quitline (Tabac info service) also decreased (-14.6%).

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Publié le 13 Juin 2014

Rencontre entre experts internationaux de la vape à Milan

Mercredi 11 juin, s'est déroulé à Milan une conférence intitulée «La cigarette électronique, point de vue sur l'économie, la santé et la culture" réalisé en collaboration entre la Fiesel, l'association des vapoteurs italiens et la LIAF, la Ligue anti-tabac italienne.

Une salle comble a écouté attentivement l'intervention de conférenciers experts de différentes régions du monde afin de discuter des avantages que la cigarette électronique peut apporter à la lutte antitabac et la prévention des maladies dues au tabagisme.

S'exprimant au nom de la Ligue anti-tabac italienne, Riccardo Polosa dans sa présentation a souligné que les campagnes médiatiques lancées au cours des dernières années ont répandu dans l'imaginaire collectif une «biographie trompeuse» de la cigarette électronique. Le soi-disant "bruit du Web" a déformé un instrument qui a immédiatement montré un excellent potentiel pour faire arrêter de fumer des millions de fumeurs: «C'est irresponsable de la part des médias et des autorités d'insister sur les messages alarmistes sur la e-cig quand les preuves scientifiques indiquent la direction opposée - dit Polosa - les sociétés scientifiques et médicales devraient applaudir des deux mains ce produit extraordinaire au lieu de le diaboliser sous le couvert du principe de précaution."

Jacques Le Houezec, consultant en santé publique à Rennes, en France, a présenté des données qui montrent clairement que la cigarette électronique fait déjà diminuer le nombre de fumeurs dans des pays comme la Grande-Bretagne ou la France, où sa propagation a rencontré moins d'opposition. "La cigarette électronique est un produit perturbateur qui a le potentiel de sauver des millions de vies - dit-il - et «le symbole d'une révolution en santé publique, qui a surgi spontanément grâce aux consommateurs, sans coût supplémentaire pour l'Etat et ses contribuables. Il est probable que la cigarette électronique pourrait dans un avenir proche remplacer toutes les «blondes» réalisant ainsi un objectif impossible à atteindre avec les mesures de contrôle du tabac traditionnelles adoptée jusqu'ici."

Selon Umberto Tirelli, oncologue de renommée internationale, qui fait face depuis de nombreuses années au problème des cancers causés par le tabagisme, insiste sur le fait que les femmes en sont les nouvelles victimes: "Chaque année, 6000 femmes développent un cancer du poumon, le double de leurs mères. Dans quelques années, - dit-il - ce sera la principale cause de décès pour elles." Et il poursuit: "Avec l'introduction de la cigarette électronique et l'élimination des substances cancérogènes présentes dans les cigarettes classiques il y a une réduction substantielle de l'exposition à ces agents cancérigènes. En France et en Angleterre, où il y a aussi une augmentation du nombre de vapoteurs, par exemple, il y aura une réduction de certaines des maladies associées au tabac et en particulier des tumeurs. J'espère que même en Italie - a conclu Tirelli - avec l'abandon de la diabolisation de la cigarette électronique, nous pourrons obtenir les mêmes résultats."

Enfin, Konstantinos Farsalinos, un expert reconnu de la cigarette électronique, a présenté des données sur la toxicité des liquide: "Les études toxicologiques ont confirmé que le risque de l'inhalation de vapeur de cigarette électronique est beaucoup plus faible que celui de la fumée de tabac. En particulier, on sait que la très grande majorité des substances toxiques produites par les cigarettes conventionnelles ne sont pas présentes dans l'e-cig. Bien sûr, l'amélioration est encore possible et donc des études ciblées sont nécessaires pour augmenter la sécurité de certains produits"- a ajouté Farsalinos. Selon le chercheur grec les fumeurs devraient être encouragés à vaper activement: "Les institutions devraient promouvoir l'accessibilité et la compétitivité de ces produits par rapport aux cigarettes conventionnelles."

Dans sa présentation, Sabrina Capozzolo, députée nationale du Parti démocrate, a dit que la taxation de la cigarette électronique au même niveau que celle du tabac a été une grosse erreur, et le résultat d'une politique à court-terme peu consciente de la dynamique complexe de ce secteur de l'industrie "nous allons travailler pour un système fiscal plus équitable qui pourra stimuler le secteur de la production en Italie" a-t-elle déclaré. Certes, une réglementation des produits est nécessaire, mais elle doit être mesurée et tenir compte des avantages pour la santé publique et protéger le "Made in Italy." Nous sommes déterminés à faire en sorte que les producteurs ne souffrent pas d'une taxation inéquitable. Un examen approfondi de la réglementation de ces produits est en cours et nous espérons aboutir d'ici Juillet," a ajouté Madame Capozzolo.

Pour conclure la journée, le président de Fiesel (association des vapoteurs italiens), Massimiliano Federici, a dit qu'il était très heureux des messages positifs et pleins d'espoir apportés par la conférence. "Les éléments de preuve que les experts accumulent et qui ont été clairement illustré aujourd'hui sont de bon augure pour un redressement généralisé dans le secteur en Italie. Certes, plus d'attention et de rigueur devraient être mises en œuvre dans les systèmes de production pour protéger les consommateurs. L'engagement de Fiesel Confesercenti est de veiller à ce que ces recommandations soient traduites dans les faits." Représentant aussi Confesercenti, Angelo Sbarra, a également donné un aperçu sur la propagation des cigarettes électroniques en Italie et à l'étranger.

Les présentations des 4 experts sont téléchargeables sur le site de la LIAF.

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Publié le 6 Juin 2014

Nicotine Poisoning in an Infant

Scroll down for English version.

Un article publié dans le New England Journal of Medicine va encore sans doute faire les gros titres ! Il est clair qu'il ne faut pas laisser les liquides pour vaporisateur de nicotine à la portée des enfants, c'est la responsabilité des parents, tout comme ils sont sensés le faire pour les produits ménagers. Mais cette article rapporte une fois de plus des chiffres faux concernant la dose létale de nicotine.

Un extrait de l'article traduit ici:

Nous rapportons le cas d'un enfant qui a été victime d'un empoisonnement accidentel en buvant du "e-liquide".

Un garçon de 10 mois a développé des vomissements, une tachycardie, une respiration difficile, et une ataxie du tronc, après avoir ingéré une «petite» quantité de e-liquide contenant de la nicotine. Le magasin qui vend le produit a indiqué qu'il contenait une concentration en nicotine de 1,8% (18 mg par ml) et des quantités inconnues d'huile de wintergreen (salicylate de méthyle), de la glycérine et du propylène glycol.

... Le vomissement est commun avec les expositions par voie entérale....
De petites ingestions peuvent être mortelles. Avec une dose létale médiane comprise entre 1 et 13 mg par kilogramme de poids corporel, une cuillère à thé (5 ml) d'une solution de nicotine de 1,8% pourrait être létale pour une personne de 90 kg.

Heureusement, le niveau de conscience de notre patient, le taux en oxygène de l'hémoglobine, et le taux de salicylate dans le sérum, ainsi que la radiographie thoracique et son profil métabolique de base, étaient tous normaux. Le garçon n'a pas besoin de traitement antidote (généralement de l'atropine ou de la scopolamine pour lutter contre l'activité cholinergique) e
t a récupéré en 6 heures, après l'ingestion de la nicotine.

C'est en fait encore une fois la démonstration que la dose toxique ou létale de nicotine est bien supérieure à ce que ces auteurs rapportent. La dose létale est estimée entre 500 mg et 1000 mg, non pas bue, mais absorbée. Comme le souligne l'article les premiers symptômes sont des nausées et des vomissement, ce qui fait qu'une grande partie de la nicotine est vomie, et donc n'est pas absorbée. Et par ailleurs, prétendre que 5 ml d'un e-liquide à 18 mg/ml est suffisant pour tuer une personne de 90 kg est faux. Cet exemple d'empoisonnement le montre, tout comme le dernier cas recensé de tentative de suicide par une patiente psychiatrique qui a bu une dose de 1500 mg de nicotine. Tout comme cet enfant, cette ingestion n'a pas eu de conséquences chez la patiente qui l'a fait.

Espérons que la presse lise l'article de Science & Avenir : E-cigarette. Combien de nicotine faut-il pour tuer un homme ? avant de faire des gros titres de cet article.

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An article published in the New England Journal of Medicine will probably still make headlines! It is clear that parents should not leave e-liquids at reach of children. It is the responsibility of parents, just as they are supposed to do for household products. However, this article reports again false figures for the lethal dose of nicotine.

An excerpt from the article:

We report a case of a child who was poisoned by e-cigarette refill liquid (“e-liquid”).

Vomiting, tachycardia, grunting respirations, and truncal ataxia developed in a 10-month-old boy after he ingested a “small” amount of e-liquid nicotine. The vaping (or “vape”) shop that compounded the product reported that it contained a nicotine concentration of 1.8% (18 mg per milliliter) and unknown concentrations of oil of wintergreen (methyl salicylate), glycerin, and propylene glycol.

... Vomiting is common with enteral exposures.
... Small ingestions could be deadly. With an estimated median lethal dose between 1 and 13 mg per kilogram of body weight, 1 teaspoon (5 ml) of a 1.8% nicotine solution could be lethal to a 90-kg
person.

Fortunately, our patient's levels of consciousness, hemoglobin oxygen, and serum salicylate, as well as findings on chest radiography and his basic metabolic profile, were all normal. The boy did not require antidote therapy (usually atropine or scopolamine to combat cholinergic activity) and recovered baseline health 6 hours after ingesting the poison.

This is actually once again demonstrated that the toxic or lethal dose of nicotine is much higher than what these authors report. The lethal dose is estimated between 500 mg and 1000 mg, not ingested, but absorbed. As noted in the article, the first symptoms are nausea and vomiting, which makes that much of the nicotine is vomited, and therefore is not absorbed. And also claim that 5 ml of e-liquid 18 mg/ml is sufficient to kill a person of 90 kg is false. This example of nicotine poisoning shows it, as well as the last case of attempted suicide by a psychiatric patient who drank a dose of 1500 mg of nicotine. Like this child, this ingestion had no consequences in the patient who did it.

Hopefully the press will read the paper from Brend Mayer How much nicotine does it take to kill a man? before making headlines with this article.

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Publié le 29 Mai 2014

Communiqué de presse

Jeudi 29 mai 2014 (Londres, Paris, Varsovie) – Plus de 50 éminents scientifiques de 15 pays ont demandé à l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS) de reconsidérer son intention de classer les e-cigarettes de la même manière que les cigarettes de tabac, mettant en garde qu'une telle décision risquerait de faire manquer une occasion majeure de réduire la prévalence du tabagisme et la mortalité et les maladies qui lui sont associées (1).

Anticipant la prochaine réunion de la Convention-cadre pour la lutte antitabac (CCLAT) de l'OMS (2) à Moscou, en octobre prochain, les scientifiques ont réagi à un document confidentiel d'une réunion préparatoire de la CCLAT indiquant que l'OMS considère les e-cigarettes comme une «menace» pour la santé publique, et a l'intention de marginaliser leur utilisation comme une alternative accessible au tabac et aux cigarettes (3).

"Si l'OMS arrive à ses fins et étouffe les e-cigarettes, elle ne passera pas seulement à côté de ce qui est clairement une des plus grandes innovations de la santé publique des trois dernières décennies, pouvant sauver des millions de vies, mais elle dérogera à sa propre charte qui propose de permettre aux consommateurs de prendre le contrôle de leur propre santé, ce qu'ils font déjà eux-mêmes par millions (4)," a déclaré Jacques Le Houezec, signataire de la lettre, Conseiller en Santé publique et dépendance tabagique, Rennes, France, et conférencier clé du prochain Forum mondial sur la nicotine (5), "Les e-cigarettes font partie de la solution, pas du problème."

Il y a 1,3 milliard de fumeurs dans le monde, et l'OMS estime que le tabac causera au 21ème siècle jusqu'à un milliard de décès prématurés et évitables. Un tel nombre de décès, de maladies, et les souffrances qui les accompagnent, exigent que nous recherchions sans relâche toutes les manières pratiques et éthiques possibles pour réduire ce fardeau.

Les politiques de contrôle du tabac ont réussi à communiquer les méfaits associés au tabagisme, et à encourager la prise de mesures pour réduire sa prévalence, ce qui a considérablement réduit le tabagisme dans certaines parties du monde - principalement dans les pays développés (mais le tabagisme continue d'augmenter dans de nombreuses autres parties du monde).

Cependant, dans les pays développés, beaucoup de gens continuent de fumer – environ 20% de la population du Royaume-Uni, mais environ 30% dans d'autres pays comme l'Espagne ou la France. La plupart des fumeurs veulent arrêter de fumer, mais beaucoup trouvent difficile de renoncer à la nicotine, ou n'en ont simplement pas envie.

"Si l'OMS suggère que les e-cigarettes sont aussi dangereuses que les autres produits du tabac, elle enverra un message erroné et sombre aux millions d'utilisateurs actuels de e-cigarettes qui les ont utilisées pour arrêter de fumer," a déclaré Robert West, un signataire de cette lettre, Professeur de psychologie de la santé et Directeur des études sur le tabac à l'University College de Londres. "Cela découragerait les fumeurs de les essayer, et nous passerions à côté d'une occasion majeure de réduire la mortalité due au tabagisme à l'échelle mondiale."

Les scientifiques savent depuis des années que les gens "fument pour la nicotine, mais meurent de la fumée." Les décès et les maladies attribuables au tabac proviennent de l'inhalation de particules de goudron et de gaz toxiques dans les poumons.

Les signataires de cette lettre croient fermement que les produits de "réduction du risque tabagique", comme les e-cigarettes et d'autres produits moins dangereux que la cigarette, comme le snus, pourraient être la solution. Les personnes qui fument actuellement pourraient faire beaucoup moins de mal à leur santé s'ils consommaient de la nicotine sous une forme à faible risque, non-combustible.

"L'utilisation d'e-cigarettes a été une révolution menée par les consommateurs, et s'est développée comme une initiative de santé publique menée par la base, qui pourrait sauver des millions de vies," a déclaré John Britton, Professeur d'Epidémiologie à l'Université de Nottingham, RU. "Elle s'est amplifiée à une vitesse qui montre à quel point les fumeurs veulent et choisissent des produits à base de nicotine qui ne tuent pas. J'espère que l'OMS et les décideurs de la santé publique reconnaitront et exploiteront les bénéfices de santé que les e-cigarettes peuvent procurer."

Dans leur lettre à la Directrice générale de l'OMS, Margaret Chan, les 53 signataires affirment que les produits de réduction du risque tabagique pourraient jouer un rôle significatifs pour atteindre les objectifs de 2025 de l'ONU, qui visent à réduire les maladies non transmissibles.

Ils affirment que les objectifs de réduction de la consommation de tabac de l'OMS devraient être alignés avec le but ultime de réduire les maladies et les décès prématurés. Il serait contre-productif d'inclure les produits à base de nicotine à faible risque, telles que les cigarettes électroniques, au sein de ces objectifs - comme cela a été proposé – au contraire, ces produits devraient avoir un rôle important dans la réalisation de ces objectifs.

Notes aux éditeurs

(1) La lettre signée par 53 experts scientifiques et experts des politiques de santé, et les annexes d'information, sont disponibles sur le site Nicotine Science and Policy: http://nicotinepolicy.net/n-s-p/1751-statement-who-052014
la version française est ci-dessous

(2) La Convention-cadre pour la lutte antitabac a été adoptée en 2003 et établit un cadre pour le contrôle et la réduction de la consommation de tabac. À l'exception notable des États-Unis, la plupart des pays (173) sont Parties de la convention. La sixième session de la Conférence des Parties devrait être tenue à Moscou du 13 au 18 octobre 2014 http://www.who.int/fctc/en/

(3) Un document divulgué suggère que l'OMS a adopté une approche hostile aux e-cigarettes et à d'autres alternatives au tabagisme. Ces documents et un commentaire sont disponibles ici:

(4) Action on Smoking and Health. (2014). http://www.ash.org.uk/media-room/press-releases/:over-2-million-britons-now-regularly-use-electronic-cigarettes. Au Royaume-Uni, le nombre de personnes utilisant des e-cigarettes a triplé en deux ans, atteignant maintenant 2,1 millions – environ un tiers sont maintenant des ex-fumeurs.

(5) Le Forum mondial sur la nicotine se tiendra à Varsovie du 27 au 28 juin 2014 http://gfn.net.co/

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