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Publié le 16 Septembre 2013

Cette analyse de la littérature scientifique très exhaustive est plutôt rassurante pour les vapoteurs. Elle a été faite dans le cadre des limites acceptables de la médecine du travail.

L'article en anglais, est disponible ici:

http://publichealth.drexel.edu/SiteData/docs/ms08/f90349264250e603/ms08.pdf

Je reviendrai sur le contenu plus en détail.

En attendant, les conclusions sont les suivantes:

  • Même en les comparant aux limites acceptables de l'exposition involontaire, dans le cadre de la médecine du travail, et en prenant beaucoup de précautions dans les hypothèses utilisées, l'exposition aux toxiques connus, lorsque l'on utilise une e-cigarette, est bien plus basse que les limites des seuils acceptables. C'est à dire que même en ignorant les bénéfices de l'utilisation de la e-cigarette (ndlt: arrêt ou réduction du risque) et le fait que l'exposition est volontaire et non subie, et même en comparant avec les niveaux d'expositions considérés comme inacceptables pour les gens ne l'utilisant pas, ou ne voulant pas l'utiliser, le niveau d'exposition ne devrait pas générer d'inquiétude ou d'appel à l'action.
  • Les inquiétudes concernant la nicotine ne s'appliquent qu'au vapoteurs qui ne souhaitent pas consommer de nicotine; une exposition volontaire (en fait, intentionnelle) est très différente d'une exposition à un contaminant.
  • Il n'y a aucun problème sérieux concernant les contaminants tels que les composés organiques volatiles (formaldéhyde, acroléine, etc...) dans les e-liquides eux-mêmes ou lorsqu'ils sont chauffés. Bien que ces composants soient présents, ils n'ont été détectés à des niveaux problématiques que dans quelques études, qui ont été réalisées à des températures de chauffe irréalistes.
  • L'inquiétude rapportée fréquemment à propos de la contamination des e-liquides par des quantités non négligeables d'éthylène glycol ou de diéthylène glycol, n'est basée que sur un seul échantillon d'un produit de technologie ancienne (et n'atteignant pas d'ailleurs des niveaux inquiétants pour la santé) et n'a jamais été répliqué.
  • Les nitrosamine spécifiques du tabac (NAST) sont présentes en faibles quantités (traces) et ne posent pas plus de problème (certainement moins d'ailleurs) de santé que les NAST trouvés dans les produits du tabac non fumés modernes (ndlt: snus suédois), qui ne présentent pas de risque mesurable en termes de cancers.
  • La contamination par les métaux semble aussi se faire à des niveaux ne posant pas de risques pour la santé, et les rapports alarmistes à propos de ces contaminations sont basées sur des hypothèses irréalistes concernant la forme moléculaire en jeu (ndlt: le cas du chrome).
  • La littérature actuelle tend à surestimer l'exposition et à exagérer les conséquences. C'est en partie dû à un discours rhétorique, mais résulte aussi de problèmes techniques. La confusion la plus évidente tient à la concentration de l'aérosol, qui en elle-même ne nous dis pas grand chose sur le risque sanitaire, par rapport à l'exposition totale de l'aérosol dilué par tout l'air inhalé au cours d'une journée. Il y a aussi un biais dans les précédents rapports en faveur de quelques cas isolés de fortes concentrations de composants chimiques dans plusieurs études, de telle sorte que l'exposition moyenne calculée est beaucoup plus élevée qu'elle n'est en réalité, parce que l'on omet les études où rien n'a été détecté.
  • Le contrôle chimique routinier des e-liquides est plus simple et moins coûteux que les mesures faites sur l'aérosol. En associant cela à la compréhension de l'effet de la composition d'un liquide sur le devenir d'un aérosol, et en fonction du comportement des vapoteurs, cela pourrait servir d'outil afin de s'assurer de l'innocuité des e-cigarettes.
  • Les seules expositions intentionnelles (donc, pas la nicotine) qui nécessitent plus de recherche, sont celles concernant le propylène glycol et la glycérine. L'exposition à ces produits ne présente pas de problèmes de santé connus, mais un tel niveau d'exposition est nouveau et nécessite plus de recherche afin de rassurer les consommateurs.

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Publié le 13 Septembre 2013

Le magazine vient de publier un commentaire en réponse aux nombreuses critiques qui lui ont été faites.

http://www.60millions-mag.com/actualites/articles/cigarette_electronique_precisions_sur_notre_etude

En particuliers sur la comparaison des toxiques recherchés par rapport à la cigarette conventionnelle. Je cite:

"Notre tableau montre que les teneurs en aldéhydes sont très variables selon le dispositif de cigarette électronique et/ou le liquide utilisé. Dans certains cas, les émissions de formaldéhyde, d’acroléine et d’acétaldéhyde sont très faibles. Dans d’autres cas, elles sont autrement plus élevées. Ces résultats prouvent donc qu’il est possible de proposer aux consommateurs des cigarettes électroniques dont les émissions de substances à risque sont limitées.

Les résultats obtenus par le chercheur polonais Goniewicz, publiés dans une revue scientifique à comité de lecture, sont du même ordre (Levels of selected carcinogens and toxicants in vapour from electronic cigarettes, Goniewicz et al. Tobacco Control, mars 2013).

Les voici, pour 15 bouffées :

La quantité de formaldéhyde était comprise entre 0,20 et 5,61 microgrammes ;
La quantité d’acroléine était comprise entre 0,07 et 4,19 microgrammes ;
La quantité d’acétaldéhyde était comprise entre 0,11 et 1
,36 microgramme.

Goniewicz compare ses résultats avec les émissions dans la fumée d’une cigarette conventionnelle (tirée de l’étude suivante : Counts et al., Smoke composition and predicting relationships for international commercial cigarettes smoked with three machine-smoking conditions. Regul Toxicol Pharmacol 2005;41:185-227) :

Pour le formaldéhyde : entre 1,60 et 52 microgrammes ;
Pour l’acroléine : entre 2,40 et 62 microgrammes ;
Pour l’acétaldéhyde : entre 52 et 1
40 microgrammes.

Nos résultats, comme ceux de Goniewicz, montrent que les cigarettes électroniques testées qui émettent le plus de formaldéhyde et d’acroléine en libèrent dans les vapeurs des quantités équivalentes (et parfois supérieures) à ce qu’on retrouve dans la fumée des cigarettes conventionnelles les moins émettrices."

et fournit un tableau de résultats:

60 millions de consommateurs essaye de justifier son article

Cette façon de comparer les valeurs les plus élevées, relevées avec certaines e-cigarettes, par rapport aux valeurs les plus faibles obtenues avec la cigarette conventionnelle, est totalement dénuée de rigueur scientifique.

Il n'est absolument pas valide scientifiquement de choisir les valeurs qui vous arrange pour faire une telle comparaison. C'est l'ensemble de la dispersion des valeurs dans les 2 cas que l'on peut comparer, mais certainement pas en choisissant seulement celles qui justifie un texte sans aucun fondement scientifique "Nos résultats, comme ceux de Goniewicz, montrent que les cigarettes électroniques testées qui émettent le plus de formaldéhyde et d’acroléine en libèrent dans les vapeurs des quantités équivalentes (et parfois supérieures) à ce qu’on retrouve dans la fumée des cigarettes conventionnelles les moins émettrices."

Et c'est bien ce qu'à fait Goniewicz dans son article, scientifique, lui. Il fait le rapport des mesures entre la e-cigarette et la cigarette conventionnelle, mais ne "choisit" pas ses valeurs pour porter le doute sur ce produit. Comme on peut le voir dans le tableau de cet article:

60 millions de consommateurs essaye de justifier son article

Et il conclut que les concentrations de toxiques recherchés sont de 9 à 450 fois moindre dans la e-cigarette que dans la cigarette conventionnelle. Ca, c'est une approche scientifique, pas celle de 60 millions de consommateurs, qui continue de se discréditer auprès de la communauté scientifique, des vapoteurs, et du public. C'est bien dommage pour une revue qui ne nous a pas habitué à ce genre de procédés.

Par ailleurs, je relève un commentaire fait ce matin en bas de cette "mise au point" du magazine, qui nécessitera de la part du magazine une réflexion approfondie sur leur méthodologie: " Première réaction : comment expliquer les différence des substances détectées sur la E-Roll liquide Clopinette entre le produit avec nicotine et sans nicotine ? il ne me semble pas que la nicotine provoque un tel écart du simple au double."

Effectivement, comment expliquer de telles variations de mesures, lorsque la seule différence réside dans la présence ou l'absence de nicotine (même e-cigarette, même e-liquide, même arôme)? Nous attendons une justification de cette différence.

Vous pouvez trouver ici une réponse du Dr Farsalinos :

http://ecigarette-research.com/web/index.php/2013-04-07-09-50-07/130-60-millions-de-consommateurs2

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Publié le 11 Septembre 2013

Utilisation aiguë d'une cigarette électronique: dose de nicotine délivrée et effets subjectifs.
Lynne Dawkins, Olivia Corcoran. Psychopharmacology
http://rd.springer.com/article/10.1007%2Fs00213-013-3249-8

Rationel
Peu d'études ont montré si les e-cig délivraient des quantités mesurables de nicotine dans le sang.
Objectifs
Cette étude a mesuré les effets d'une e-cig de première génération (Skycig) utilisant un e-liquide à 18 mg/ml (nicotinémie, symptômes de manque, et envie irrésistible de fumer).
Méthode
14 vapoteurs réguliers (3 femmes), abstinents de vape depuis 12h, ont participé à une séance expérimentale durant 2h 1/2. Des prélèvements sanguins ont été fait, et des questionnaires remplis (symptômes de manque, envie irrésistible de fumer, effets subjectifs positifs et négatifs) à 4 occasions: avant de vaper, après 10 bouffées, après 60 minutes de vapotage libre, et après 60 minutes de repos.
Résultats
L'ensemble des échantillons sanguins n'ont été obtenus que pour 7 participants. La nicotinémie (concentration de nicotine dans le plasma) est passée de 0,74 ng/ml avant, à 6,77 ng/ml après 10 bouffées, et atteignant un pic maximal de 13,91 ng/ml après la période de vape libre. Les symptômes de manque et l'envie irrésistible de fumer ont été significativement réduits; des effets subjectifs positifs ont été ressentis, et très peu d'effets indésirables ont été constatés.
Conclusions
Ces résultats montrent que ce modèle de e-cig permet de délivrer des quantités fiables de nicotine après une utilisation aiguë dans ce groupe de vapoteurs réguliers. D'autres études seront utiles pour quantifier plus précisément l'absorption de nicotine en fonction du mode d'inhalation, et les relations avec la possibilité d'utiliser la e-cig pour l'arrêt du tabac ou la réduction du risque.

  Nouvelle étude de Dawkins, dosage de nicotine dans le sang après utilisation d'une e-cigarette de première génération  Nouvelle étude de Dawkins, dosage de nicotine dans le sang après utilisation d'une e-cigarette de première génération

Cette étude est intéressante, car malgré l'utilisation d'une e-cigarette de première génération, les nicotinémies (figure de gauche) obtenues sont relativement conséquentes. Des variations assez importantes entre les sujets ont cependant été constatées, mais c'est aussi le cas avec la cigarette conventionnelle. Le mode d'inhalation de chaque vapoteur peut en être la cause.

Elle montre aussi (figure de droite) que l'envie irrésistible de fumer est atténuée dès les premières bouffées (sujets abstinents depuis 12h).

Ces données permettent de comprendre pourquoi la e-cigarette s'avère efficace pour arrêter de fumer, ce qui arrive souvent chez les utilisateurs, même s'ils n'en avaient pas l'intention au départ.

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Publié le 9 Septembre 2013

Le but de cette étude a été d'étudier le comportement de vapoteurs ayant réussi à arrêter de fumer avec la cigarette électronique, ainsi que les bénéfices perçus, les effets indésirables et une estimation de leur dépendance à la e-cigarette par rapport au tabac.

Les analyses ont porté sur 111 sujets qui ont réussi à arrêter de fumer pendant au moins 1 mois en utilisant exclusivement une e-cigarette (soit de seconde génération de type eGo pour 90,9% d'entre eux, soit de troisième génération de type mod, pour 9,1% d'entre eux). L'abstinence de tabac était vérifiée par la mesure de la carboxyhémoglobine (celle qui est polluée par le monoxyde de carbone, et ne peut plus transporter l'oxygène dans le sang). Les taux de nicotine utilisés à l'initiation de l'étude, 1 mois après l'arrêt, et lors d'un entretien environ 8 mois après ont été recueillis. La dépendance à la e-cig a été évaluée en utilisant la première question du test de Fagerström (délai de la première cigarette ou première e-cig du matin), et comparée à celle à la cigarette avant l'arrêt.

La majorité des participants (recrutés à l'hôpital où a eu lieu l'étude, ou sur un site grec d'utilisateurs de e-cig) étaient des hommes (84%), et une grande partie d'entre eux étaient des fumeurs de plus de 20 cig/j. L'analyse montre que 42% d'entre eux ont cessé de fumer au cours du premier mois d'utilisation et 19,8% dès le premier jour. Parmi les participants, 31,5% ont initié leur utilisation de e-cig avec un modèle de première génération, mais l'ont trouvé suffisant seulement pour réduire leur consommation, mais pas pour arrêter. Il est important de noter que 62,2% des participants avaient essayé d'arrêter de fumer dans le passé, soit sans aide (58,6%), soit en utilisant les méthodes pharmacologiques validées (30,6%).

Les concentrations en nicotine des e-liquides utilisés sont représentés sur la figure.

Farsalinos : Etude des doses de nicotine utilisées et du mode d'utilisation de la e-cigarette chez des fumeurs arrêtant de fumer

Ils ont tous démarré l'utilisation de e-cigarette avec des e-liquides > 5 mg/ml de nicotine, mais 74% d'entre eux ont utilisé des e-liquides > 15 mg/ml de nicotine. Seize pour cent (16,2%) ont dû augmenter leur dose initiale afin d'obtenir une substitution totale de leur tabagisme. Quatre ont augmenté de 18 à 24 mg/ml, 1 de 16 à 24 mg/ml, 1 de 12 à 24 mg/ml, 9 de 12 à 18 mg/ml, 2 de 9 à 18 mg/ml et 1 de 6 à 12 mg/ml. Aucun vapoteur n'a diminué sa dose avant d'arrêter de fumer. Au total 81% d'entre eux ont utilisé des e-liquides > 15 mg/ml.

Par contre, lors de l'entretien, environ 8 mois après, les taux de nicotine des e-liquides utilisés étaient significativement plus faibles que lors de l'initiation ou de l'arrêt du tabac (p < 0,001). La majorité, 64,9% utilisaient des taux plus faibles qu'au moment de l'arrêt du tabac, mais seulement 4,5% utilisaient un e-liquide sans nicotine (0 mg/ml) au moment de l'entretien. La diminution du taux de nicotine utilisé était dépendant de la durée de l'arrêt (p < 0,001). Après avoir pris en compte et ajusté en fonction du taux de nicotine utilisé pour arrêter de fumer, la durée d'utilisation de la e-cigarette était significativement associée à la réduction du taux de nicotine au cours de l'utilisation (régression logistique, p < 0,001).

Les effets indésirables ont été pour la plupart modérés et temporaires. L'irritation de la gorge (27%), et la toux (13,5%) ont disparu très rapidement, 7,2% ont rapporté des problèmes gastro-intestinaux ou des brûlures d'estomac, et 5,4% des palpitations qui ont disparu très rapidement. D'autres effets représentant moins de 5% des participants ont été des maux de tête, la somnolence, ou des problèmes d'endormissement, des douleurs thoraciques, et des saignements de nez et des gencives. Aucune réaction allergique n'a été observée. La plupart des participants (71,2%) ont rapporté une prise de poids après l'initiation de la e-cigarette. De plus, la plupart des participants ont rapporté une capacité accrue d'exercice physique (76,6%), et une amélioration du goût et de l'odorat (81,9%). Les autres bénéfices rapportés ont été moins de toux au réveil (58,6%) et un meilleur sommeil (22,3%).

En comparant la dépendance au tabac antérieure, et celle évaluée pour la e-cigarette, elle était significativement plus faible avec la e-cigarette, tant avec le score du Fagerström (1 question cotée de 0 à 3), la médiane étant de 2 (de 2 à 3) avec la cigarette, et de 2 (de 1 à 2) avec la e-cigarette, qu'avec la question d'évaluation de la dépendance sur une échelle de 1 à 100, la médiane a été de 83 (77-89) pour la cigarette, et de 59 (49-66) pour la e-cigarette, dans les deux cas la différence était statistiquement significative (p < 0,001).

L'étude est entre libre accès ici (en anglais):

http://www.la-press.com/evaluating-nicotine-levels-selection-and-patterns-of-electronic-cigare-article-a3858

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Publié le 27 Août 2013

Publié le 27 Août 2013

An article on e-cigarette, published last weekend by the magazine "60 millions de consommateurs" is cited by all the medias since this morning, using its catchy title, promise of lots of sales and listenings!

However, when reading carefully, this article is based on a study of poor methodology. Why are the medias so hectic about it, without even taking the time to carrefully analyse what is written, and without referring to already published scientific studies of much better quality?

Nonetheless, "60 millions de consommateurs" is usually a very respectable magazine, doing very well in scrutinising in depth all consumer products. But this article, based on a protocol which I have read, is far from reflecting the usual rigor of this journal. In the article, a table summarizing the data indicates only the presence of assayed substances, mentionning in the text very significant quantities, but is failing to give a single number (since then, they have published some results on their website, see second table below). It is too easy to say something like this without an ounce of evidence. Other studies, like the one by Maciej Goniewicz et al, published in Tobacco Control this year (http://tobaccocontrol.bmj.com/content/early/2013/03/05/tobaccocontrol-2012-050859.abstract), have effectively shown that some toxic or cancerigenous substances could be found, but generally either as traces, or in proportions considerably lower than in tobacco smoke (9 to 450 lower, see table below).

My response to &quot;60 millions de consommateurs&quot;
My response to &quot;60 millions de consommateurs&quot;

This article from "60 millions de consommateurs" is pretending to have found significant quantities of formaldehyde, acrolein and acetaldehyde, and traces of metals (nickel and chrome). But still not a single number or even digit. Moreover, the study protocol is not detailed enough to interprete these results. In Goniewicz et al study, the levels found were 9 to 450 lower than those found in cigarette smoke. But in both cases, the production of e-cigarette vapor, using a modified smoking machine, does not correspond exactly to what normal use is. In the present study, the authors mentioned 3 seconds puffs, every 30 seconds, but do not specify the volume of the puffs (according to the protocol, puff volume was 47.5 ml). In the study by Goniewicz et al, based on the observation of a few vapers, puffs were of 70 ml, lasting 1.8 seconds every 10 seconds. A rythme probably to fast, and a very large puff volume, more than in the present study anyway. It is then very surprising that "60 millions de consommateurs" could have found larger values of toxic substances than in Goniewicz' paper (according to the data in the tables, this obviously not the case!).

When it comes to the analysis of e-cigarettes, e-liquids and their labeling, once more, the methodology is very poor. This article has reviewed mostly products that are not sold in specialised shops (we have lots of them in France now), and that are not of good quality. The model used mostly by vapers is certainly the eGo type. It was not tested or even mentioned in this study. French e-liquids of good reputation were not tested too. Why these choices ? Concerning the nicotine content, it is known that the assays are difficult due to the dilution into propylene glycol and glycerine. Consequently, before any publication, the assays must be repeated on each sample, neither in this article, nor in the protocol are mentioned the number of measures realised on each sample, it is nonetheless a standard practise. Coming to the lack of childproof caps mentioned in the article, it is pure misinformation, most of the e-liquids sold in specialised shops or on the internet have such caps, if not all.

Nevertheless, yes, quality controls are needed, using consumer protection existing laws. This would eliminate poor quality products, and leave the good ones. But in any case, no one can say that e-cigarette is as dangerous as tobacco cigarette, as we heard today on some medias. This is misinformation at least!

To obtain a better control, we just need State's will and good consumer products surveillance. We don't need to involve health authorities. Medicalised e-cigarette would be a big mistake, it would leave it in its current form, with no hope for evolution. If a marketing autorisation like for a medicine became mandatory, the cost for innovation would be exorbitant. On the contrary, by controlling products, without making it a medicine, consumers' pressure would drive future products towards better quality. This is what we have witnessed during the last 2 years, and the fact that vapers discuss about it, and advise new comers on internet forums helped fantastically the products' innovation. In France, the AIDUCE association is a perfect example.

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Publié le 26 Août 2013

L'article sur la e-cigarette, publié ce weekend par la revue "60 millions de consommateurs" est cité en boucle sur tous les médias depuis ce matin, en reprenant son titre accrocheur, promesse de ventes et d'écoute maximales!

Pourtant, à bien y regarder, cet article est basé sur une étude de piètre qualité méthodologique. Pourquoi, les médias se jettent-ils tous dessus, sans même prendre le temps de bien analyser ce qui est écrit, et sans même comparer avec les études scientifiques récentes de bien meilleure qualité?

Pourtant, "60 millions de consommateurs" est une revue très respectable, qui généralement fait des analyses assez poussées. Mais cet article, basé sur un protocole que j'ai pu me procurer, semble sortir de la rigueur habituellement observée. Dans l'article, le tableau résumant les résultats indique uniquement la présence des substances recherchées, mais mentionne dans le texte des quantités très significatives, certes, mais ne donne pas de chiffres (depuis, ils ont publié des chiffres sur leur site, voir le second tableau ci-dessous). C'est un peu facile de prétendre quelque chose mais sans donner de preuves. D'autres études, en particulier celle de Maciej Goniewicz, un chercheur qui publie depuis plusieurs années sur le sujet, (http://tobaccocontrol.bmj.com/content/early/2013/03/05/tobaccocontrol-2012-050859.abstract), ont montré qu'effectivement certaines substances toxiques ou cancérigènes pouvaient être trouvées, mais en général soit à l'état de traces, soit dans des proportions considérablement moindres que dans la fumée de cigarette (9 à 450 moindres pour l'article de Goniewicz, voir tableau ci-dessous).

Ma réponse à &quot;60 millions de consommateurs&quot;
Ma réponse à &quot;60 millions de consommateurs&quot;

L'article de "60 millions de consommateurs" prétend avoir trouvé des quantité significatives de formaldéhyde, d'acroléine et d'acétaldéhyde et des traces de métaux. Mais encore une fois, sans citer de chiffres. Par ailleurs, le protocole de l'étude n'est pas assez détaillé pour interpréter ces résultats. Dans l'étude de Goniewicz, les taux retrouvés étaient 9 à 450 fois inférieurs à ceux de la cigarette conventionnelle. Mais dans un cas comme dans l'autre, le mode de production des bouffées de e-cigarette, par une machine à fumer transformée, ne correspond pas forcément à une utilisation normale. Dans l'étude de "60 millions de consommateurs" il est mentionné des bouffées de 3 secondes, toutes les 30 secondes, mais sans préciser le volume des bouffées (après calcul, en lisant le protocole, elles sont de 47,5 ml). Dans celle de Goniewicz, basée sur l'observation de quelques vapoteurs, les bouffées étaient de 70 ml, duraient 1,8 secondes toutes les 10 secondes. Un rythme sans doute trop rapide et un volume de bouffée très important, plus que dans cet article en tout cas. Il est donc surprenant que "60 millions de consommateurs" ait trouvé des valeurs plus importantes (au vu des chiffres publiés, ce n'est effectivement pas le cas!).

Quant à l'analyse des e-cigarettes, des e-liquides et de leur étiquetage, là encore, la méthodologie employée est médiocre. La revue a surtout testé des produits vendus hors des boutiques spécialisées, et certainement de piètre qualité. Le modèle le plus utilisé par les vapoteurs, l'eGo, n'a même pas été testé ici. Les e-liquides de marques françaises réputées n'ont pas non plus été testés. Pourquoi ces choix ? Pour ce qui est des teneurs en nicotine, il faut savoir que l'analyse chimique est rendue difficile par le fait que la nicotine est diluée dans le propylène glycol et la glycérine, ni l'article, ni le protocole ne mentionne le nombre de mesures réalisées sur chaque échantillon, c'est pourtant une pratique courante. Quant au manque de bouchons de sécurité mentionné dans l'article, c'est de la pure désinformation, la plupart des marques vendues en boutique ou sur internet en portent, si ce n'est toutes.

Malgré tout, oui, il est nécessaire que des contrôles de qualité aient lieu, dans le cadre de la protection des consommateurs. Cela permettrait d'éliminer les mauvais produits, au profit de ceux de qualité. Mais en aucun cas on ne peut prétendre que la e-cigarette est aussi dangereuse que la cigarette conventionnelle, bien au contraire, comme on a pu l'entendre aujourd'hui sur certains médias. C'est de la désinformation!

Pour un meilleur contrôle, il suffit d'une volonté de l'Etat et de la répression des fraudes, mais les autorités de santé n'ont pas besoin d'intervenir. Médicaliser la e-cigarette serait une erreur, cela la figerait dans sa forme actuelle, avec peu d'espoir d'évolution. En effet, si une autorisation de mise sur le marché devenait nécessaire, le coût de l’innovation deviendrait exorbitant. Au contraire, en contrôlant les produits, mais sans pour cela en faire un médicament, la pression des consommateurs fait évoluer les produits vers plus de qualité. C'est ce que l'on a observé au cours des 2 dernières années, et le fait que les vapoteurs discutent entre eux et se conseillent sur les forums de discussion a énormément aidé à cette évolution. L'association AIDUCE en est le parfait exemple.

Ici, la traduction en français de l'analyse du Dr Farsalinos:

http://www.absolut-vapor.com/addiction-tabac/la-cigarette-electronique-est-elle-cancerigene-le-docteur-farsalinos-repond-a-60-millions-de-consommateurs/

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Publié le 23 Août 2013

Voici quelques commentaires que j'ai faits sur le forum de l'association AIDUCE pour essayer d'expliquer simplement la dépendance au tabac.

Tabac brun, tabac blond

La différence entre le tabac brun (tout comme le tabac à pipe et les cigares) et le tabac blond, c'est le pH de la fumée. Les tabacs blonds utilisés dans les cigarettes, est séché par un flux d'air chaud dans des conditions hygrométriques contrôlées (flue-curing). Un tel traitement produit une fumée de tabac acide (pH 5-6). Les tabac bruns, utilisés dans les cigarettes brunes ou pour les tabac à pipe ou à cigare, sont séchés au soleil ou à l'air libre (air-curing) après avoir subi une fermentation, dont le rôle est de baisser le contenu en nicotine, naturellement plus élevé dans les tabacs bruns que dans les tabacs blonds. Ce traitement rend la fumée plus alcaline (pH 6-7 pour les cigarettes, pH 8 pour le tabac à pipe ou à cigare, très âcre pour le cigare et fortement dosé en nicotine). Lorsque la nicotine est dans un milieu alcalin, elle pénètre très facilement les membranes des cellules (c'est comme ça qu'on a inventé le patch, la gomme et les autres formes orales de nicotine, car la nicotine est une base faible et est à la fois liposoluble et hydrophile, c'est un peu du jargon pour certains, mais en clair ça veut dire qu'elle peut facilement pénétrer à l'intérieur des cellules, milieu aqueux, et n'est pas arrêtée par la membrane qui est lipidique). C'est pour cette raison qu'un fumeur de pipe ou de cigare n'a pas besoin d'inhaler la fumée, il absorbe suffisamment de nicotine par la muqueuse buccale. Lorsque le pH est acide en revanche, la nicotine passe très mal les membranes (cas des cigarettes blondes), le fumeur a donc dû trouver un mode d'absorption plus efficace. C'est pourquoi il inhale la fumée, qui du coup se retrouve dans les poumons (surface énorme, et solution tampon naturelle qui ramène la nicotine dans un milieu physiologique plus alcalin, autour de pH 7) et est alors facilement absorbée. C'est là que la vitesse d'absorption entre en jeu, en passant par la voie pulmonaire, la vitesse d'absorption, et donc l'arrivée au cerveau (premier organe a être fourni en oxygène, et comme la nicotine prend le même chemin...) est plus rapide qu'après une injection intraveineuse. C'est pourquoi la cigarette est la forme la plus addictive de consommation du tabac. C'est pour la même raison que le crack est plus addictif que la cocaïne prise sous une autre forme.
Pour les cigarette brunes, qui étaient majoritairement fumées en France et en Europe du sud dans les années 50-60, on se trouve dans une situation un peu intermédiaire, il est nécessaire d'inhaler, mais pas aussi profondément qu'avec les blondes, car une partie de la nicotine passe à travers la muqueuse buccale. Une résultante de cela est que les cancers du poumon sont devenus plus profonds avec les blondes (les cancers avec les brunes étaient souvent au niveau de la gorge ou des trachées pulmonaires), et encore plus avec les cigarette "dites" "légères".


Les additifs

Pour l'histoire des additifs, ils ont surtout été introduits pour recruter les fumeurs plus jeunes (la fumée est plus facile à inhaler) et les femmes, qui dans les années 40-50 ne fumaient quasiment pas (sauf aux USA et en Angleterre, ou les tabacs blonds ont été introduits plus tôt). Plus on commence jeune, plus on devient vite dépendant... et un fidèle client ! Il est assez rare de devenir dépendant à l'âge adulte, plus de 80% des fumeurs ont commencé avant 18 ans.
Ça aussi, suggère qu'il est nécessaire d'inhaler la fumée, qui pénètre alors plus rapidement jusqu'au cerveau, et que donc la vitesse d'absorption est un facteur clé de la dépendance.
Les quelques données dont on dispose, laissent penser que l'absorption avec la e-cigarette est plus lente (elle descend peut-être moins profondément à cause de facteurs physiques de la vapeur, comparée à la fumée). Elle permet tout de même d'absorber des quantités satisfaisantes de nicotine, d'où le soulagement du manque, mais est du coup sans doute moins addictive. Il est sans doute alors plus facile de réduire son taux de nicotine progressivement si on le souhaite (mais ce n'est pas le cas de tous les vapoteurs, ceux qui le font ont peut-être inconsciemment envie d'arrêter).

Les fumeurs occasionnels

Pour les fumeurs occasionnels, il y en a environ 5-10%, ils ne sont soit pas dépendants (parce qu'ils n'ont pas les récepteurs à la nicotine très avides, c'est génétique), ou ont une dépendance plus faible (certains par exemple éliminent la nicotine moins rapidement, je reviendrai sur ce point de l'élimination car il est aussi important pour comprendre la dépendance. Cependant, même en sachant que ce n'est pas bon pour leur santé, ils n'arrivent pas à arrêter totalement... Pourquoi? Question difficile. Le comportement tabagique est un comportement très complexe ou de nombreux facteurs entrent en jeu, et pas seulement pharmacologiques, je le concède.

Le problème c'est la fumée, pas la nicotine!

Le problème avec le tabagisme est principalement dû à l'inhalation de fumée. Quand on brûle un végétal, quel qu'il soit, on produit des cancérigènes et du CO (monoxyde de carbone), car la combustion est incomplète (lorsqu'elle est complète, la combustion produit du CO2, qui n'est pas dangereux). Le CO est très dangereux, il peut causer un infarctus à lui tout seul (c'est pour cela que l'on a introduit l'interdiction de fumer dans les lieux publics, surtout pour protéger ceux qui y travaillent, exposés plus longtemps). Le CO prend la place de l'oxygène sur l'hémoglobine du sang (qui est faite pour transporter l'oxygène) avec une affinité qui est 200 fois supérieure à celle de l'oxygène. Donc lorsque du CO est fixé sur l'hémoglobine, l'oxygène ne peut pas le déplacer. Un fumeur est comme quelqu'un qui vit en altitude (ou l'oxygène est plus rare), comme il manque d'oxygène il fabrique plus d'hémoglobine (plus de globules rouges qui en contiennent), et le sang devient plus visqueux, d'où un risque accru d'accidents vasculaires.
Au contraire de l'alcool, que l'on peut consommer modérément sans danger, on ne peut pas fumer modérément, car une seule cigarette par jour produit un risque cardiovasculaire maximal. Et ce n'est pas la nicotine qui est dangereuse, c'est bien le CO (et aussi des gaz oxydants). Alors, non, même 1 cigarette c'est trop !

C'est bien la nicotine qui rend dépendant

Les additifs ne rendent pas dépendant. Ils facilitent seulement l'inhalation, qui elle créé une dépendance plus forte, car la nicotine pénètre plus vite dans le cerveau. En termes de dépendance, une substance est d'autant plus addictive qu'elle arrive vite au cerveau (là où elle agît sur des récepteurs) après le geste. Encore une fois, c'est la même chose avec le crack (cocaïne peu raffinée, donc moins chère, que l'on peut se permettre de brûler, par rapport à une cocaïne pure qui coûte bien trop cher pour qu'on envisage de la brûler, car dans la combustion il y a toujours une perte importante --> les poêles à bois!). La combustion apporte aussi des IMAO, ces fameuses substances antidépresseurs. Les IMAO étaient une classe ancienne d'antidépresseurs, qui avaient beaucoup d'effets secondaire, d'où le développement de molécules moins agressives et leur quasi abandon. Mais ils étaient très efficaces. Dans la fumée de tabac il y a des substances IMAO qui diminuent l'activité d'enzymes appelées monoamine oxydases (MAO) qui ont pour rôle de recycler nos neurotransmetteurs comme la dopamine. La dopamine est une clé dans toutes les dépendances, c'est le neurotransmetteur du plaisir. Si on rajoute des IMAO (en fumant), on ralentie la dégradation de la dopamine qui a du coup plus de temps pour agir et produire du plaisir.
Maintenant on peut spéculer sur le fait que les compagnies de tabac aient trouvé un moyen d'accentuer la présence de ces IMAO (le sucre!!), mais de toute façon il y en a dans la fumée, même si on ne rajoute pas de sucre.
Les processus de dépendance déroutent en quelque sorte un phénomène naturel, le renforcement des comportement vitaux. Si on a faim, et que l'on trouve un moyen de se nourrir (en chassant, en cueillant... nos ancêtres quoi!), lorsque l'on mange, notre cerveau récompense cette bonne action en libérant de la dopamine, qui produit du plaisir. Même chose si on a soif et que l'on se désaltère. Et même chose lorsque l'on fait l'amour
La nature a fait en sorte de récompenser les bons comportements, nécessaires à la survie de l'individu, et donc de l'espèce. C'est du Darwin en plein, mais c'est comme ça que ça marche !
L'Homme a toujours recherché des substances qui modifiait son état de conscience, et il a trouvé des substances qui lui procuraient du plaisir, parce qu'elles agissaient sur les mêmes circuits du cerveau que ce système de récompense. C'est le hasard et la nécessité! Mais, ça marche avec toutes les substances addictives. Elles ont toute la possibilité de modifier le fonctionnement de notre cerveau et agissent toutes sur la dopamine (entre autres).
Il reste que la substance la plus importante dans le tabac, c'est bien la nicotine, et c'est pour ça que la e-cigarette marche (les substituts nicotiniques aussi, si on sait les utiliser à fortes doses et suffisamment longtemps, mais la e-cig ça marche encore mieux!). Si le fumeur peux avoir sa dose de nicotine, qui le satisfait, même un peu moins vite qu'avec la fumée de tabac, son manque disparait. Mais comme la nicotine arrive sans doute un peu moins vite qu'avec la fumée de tabac, la dépendance devient moins forte. Il est donc plus facile de réduire sa dose de nicotine, et voire d'arrêter (vaper du n0, liquide ne contenant pas de nicotine). Arrêter de fumer, est certes difficile, mais ce n'est pas impossible, arrêter les drogues dites dures non plus... il y a des tas de gens qui l'ont fait. C'est juste plus dur! Par contre il est évident pour moi que c'est la vitesse d'absorption de la nicotine qui fait toute la différence entre la cigarette et la e-cig !

La demi-vie de la nicotine

Il y a un dernier point qui est important pour la dépendance au tabac. La vitesse d'élimination de la nicotine.
Quand on veut faire un médicament, cette vitesse est très importante. On parle de demi-vie d'élimination, c'est comme pour la radioactivité. La demi-vie c'est le temps qu'il faut pour éliminer la moitié d'une substance que l'on a dans l'organisme. Pour la nicotine elle est de 2h. C'est très court.
Le médicament idéal c'est celui dont la demi-vie permet une seule prise par jour (moins de risque d'oubli). Mais si la demi-vie est plus courte, alors il faut le prendre 2 fois, voire 3 fois par jour, donc risque d'oubli, et problème de concentration efficace dans l'organisme. C'est le cas par exemple des antibiotiques, ils ont en général une demi-vie courte et cela nécessite 3 prises (matin, midi et soir). Si on rate une prise, cela peut réduire, voire anéantir l'efficacité du médicament.
Donc, demi-vie de 2h, en 4h il reste 25% de la dose, en 6h, 12,5%, en 8h 6,25% etc..., le matin le fumeur se réveille avec quasiment plus de nicotine dans le sang, d'où le besoin urgent de se recharger.
Mais il y a encore plus compliqué, la demi-vie de la nicotine dans le cerveau est de 10 minutes, cela veut dire qu'au bout de 40 à 50 minutes... il n'y a plus d'effet plaisir, d'où le besoin d'en reprendre une ! Calculez, 1 paquet de cigarette (20) en 16h de veille (si on dort 8h), 16/20 = 0,8h (x 60 minutes par heure) = 48 minutes !!!
Cette propriété de la nicotine en fait une drogue dure, il est nécessaire de la consommer fréquemment pour éviter le manque. Il n'y a pas mieux pour entretenir une dépendance. Et le lendemain matin, on reprend tout à zéro ! puisque qu'il n'y a plus de nicotine !!
Il n'existe pas d'autre substance addictive que l'on consomme aussi fréquemment, d'où aussi la force de cette dépendance.

L'effet shoot !

L'effet shoot, le fumeur ne le ressent plus (plus consciemment, mais ton cerveau si!) à cause de la tolérance aux effets de la nicotine qui s'installe très vite. Ça peut arriver après quelques jours d'arrêt, lorsque l'on reprend une cigarette. Au quotidien c'est rare. Mais en général, tout de même, la première cigarette du matin est la plus gratifiante.
Je l'ai ressenti une fois. C'était après environ 15 ans d'arrêt. J'ai goûté, pour expérimenter, une cigarette à l'anis qui était en test de vente du côté de Montpellier, et qu'une amie fumeuse m'avait rapportée. J'ai cru boire un pastis! C'était de toute évidence fait pour accrocher les ados. La fumée passait toute seule, elle ne m'a même pas fait tousser.
Je me suis aperçu alors, que j'avais gardé mes réflexes de fumeur, j'ai inhalé bien profondément comme je le faisait avant, le réflexe conditionné était toujours là.
Et là!!!!!!! Waouhhhh, je l'ai ressentie la monté au cerveau, je n'avais jamais connu ça en tant que fumeur. Je peux vous jurer que c'était impressionnant, et que je me suis dit, plus jamais ça! Ouf, ça fait bientôt 30 ans que j'ai arrêté de fumer.

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Publié le 15 Août 2013

Pour ceux qui veulent en savoir plus sur le rôle de la nicotine dans la dépendance au tabac, voici un article que j'avais écrit pour le rapport d'expertise de l'INSERM sur le tabac en 2004 : http://www.ipubli.inserm.fr/bitstream/handle/10608/149/?sequence=8

Ce sera peut-être un peu technique pour certains, mais je pense que l'on peut saisir l'essentiel même pour un néophyte (en tout cas je l'espère). Si vous avez des questions, n'hésitez pas à me mettre un commentaire.

Il n'y a pas eu d'avancées majeures dans ce domaine depuis que j'ai écrit ce texte, il devrait donc être en grande partie encore d'actualité.

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Publié le 25 Février 2013

Cet article est inspiré et reprend en partie les arguments développé par Clive Bates sur son blog : http://www.clivebates.com/?p=890

Le Comité ENVI (Environnement, Santé publique et Sécurité alimentaire) du Parlement européen, s’est réuni hier 25 février 2013 afin d’entendre les présentations de témoins invités à commenter le projet de Directive sur les produits du tabac. Si le comité ENVI ne modifie pas certains articles de la future Directive, cela risque non seulement d’affecter la Santé publique européenne, mais aussi de protéger l’industrie de la cigarette!

La Directive sur les produits du tabac couvre de nombreux aspects du contrôle du tabac, comme les avertissements sanitaires, les emballages, la contrebande etc…, mais elle concerne aussi le tabac non fumé, le tabac oral (snus), les produits contenant de la nicotine comme la e-cigarette ou de nouveau produits du tabac (ou celui-ci est chauffé mais pas brûlé), mais aussi la réglementation des émissions de fumée des produits combustibles. Elle devrait donc couvrir le concept de réduction du risque tabagique. Si l’on ne fait rien de plus qu’actuellement, l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) a prévu 1 milliard de morts au 21ème siècle (contre 100 millions au 20ème siècle!). Alors que la réduction du risque devrait être menée par des stratégie prenant en compte le marché, les consommateurs et une réglementation adaptée, aucun expert ayant une crédibilité dans ces domaines n’a été invité par le comité ENVI. Par contre l’association européenne des fabricant de cigarettes y sera représentée!

Tout comme Clive Bates, j’ai aussi envoyé une lettre à certains membres du comité ENVI: voir Ma lettre à Madame Sandrine BELIER, députée européenne.

La Directive doit promouvoir la réduction du risque et non protéger l’industrie de la cigarette

Les bénéfices. Le phénomène de la e-cigarette est mondial et s’est répandu à très grande vitesse, en partie grâce aux utilisateurs (vapeurs ou vapoteurs) qui partagent leurs expériences sur des forums de discussions sur internet. C’est un phénomène nouveau, les fumeurs n’ont jamais communiqué ainsi lorsqu’ils essayaient d’arrêter de fumer, et qui semble tellement bien fonctionner que nombre d’utilisateurs semblent abandonner rapidement la consommation de cigarettes conventionnelles. Ce phénomène a pu se développer parce que la e-cigarette est efficace, et procure aux vapeurs une sensation de satisfaction, qui leur rappelle la sensation obtenue avec la cigarette et qu’ils appellent le « hit ». C’est quelque chose de tout à fait nouveau par rapport aux substituts nicotiniques (traitement nicotinique de substitution ou TNS), qui délivrent lentement une dose de « fond » de nicotine qui atténue les effets du sevrage, mais ne procure pas se plaisir. C’est une différence FONDAMENTALE !
Avec la e-cigarette, nous tenons probablement le produit qui pourrait entrer en compétition avec la cigarette et à terme réduire considérablement son utilisation, voire la faire disparaître. C’est la vision qu’avait un des pionniers de la recherche sur la dépendance au tabac, Michael Russell, en 1991 quand il disait : «Ce n’est pas tant l’efficacité à court terme des nouveaux substituts nicotiniques comme aide à l’arrêt, mais plutôt leur potentiel à devenir des substituts à long-terme de la cigarette, qui fait de l’élimination du tabagisme un but réaliste… Ces futurs produits devraient être activement promus sur un marché ouvert afin d’entrer en compétition avec le tabac. Il faudra pour cela que les autorités de santé les approuvent, que leurs taxes soient faibles, et que les mouvements anti-tabac les soutiennent afin que l’éradication progressive du tabagisme soit un but atteignable.» Avec cette nouvelle Directive européenne, l’Europe a la possibilité de devenir le chef de file de cette transformation.

Les risques. La e-cigarette ne doit pas être considérée comme étant sans risque, mais compte tenu de sa composition ce risque est considérablement moindre que le risque lié au tabagisme, d’au moins deux ordres de magnitude, soit 99% moins dangereuse selon les estimations plausibles actuelles. Le risque le plus important n’est pas lié à son utilisation, mais à l’ingestion accidentelle de nicotine contenue dans les cartouches ou les flacons de e-liquide (encore que la toxicité de la nicotine ingérée n’est pas forte, car en milieu acide dans l’estomac elle est peu absorbée, et subit de toute façon un très fort effet de premier passage hépatique, la dégradant à près de 70%). Ceci risque peut être pris en compte par un étiquetage approprié et des flacons évitant l’ouverture accidentelle, en particulier par les enfants. Des traces de contaminants cancérigènes comme les nitrosamines ont été retrouvés dans certains e-liquides, mais des traces similaires sont retrouvées dans les TNS (contenant eux aussi de la nicotine extraite du tabac), mais aussi dans l’alimentation. Les concentrations sont très faibles et ne présentent apparemment pas de risque important pour la santé. En tout état de cause, ce risque est infime par rapport à celui des goudrons, du monoxyde de carbone (CO) et des gaz oxydant de la fumée de tabac.

Les seuils proposés par la Directive. Les vapeurs, comme les fumeurs, contrôlent la quantité de nicotine qu’ils s’administrent en modifiant le nombre et l’intensité des bouffées qu’ils prennent. C’est quelque chose qui ne peut être réalisé avec le TNS, ce qui explique peut être en partie son efficacité modérée dans l’aide à l’arrêt, mais qui surtout pointe le fait qu’il ne faut pas comparer les doses de TNS à celles des e-cigarettes ou des e-liquides. Plus la vapeur de e-cigarette est concentrée en nicotine, plus il est facile pour une personne dépendante du tabac d’obtenir la dose de nicotine qui va satisfaire son besoin et atténuer ses symptômes de manque. En France, les e-liquides ont une concentration en nicotine qui varie de 0 mg/ml (sans nicotine) à moins de 20 mg/ml (selon les normes imposées par l’ANSM, au-delà de ces concentrations une autorisation de mise sur le marché (AMM), comme un médicament, serait nécessaire). On trouve généralement dans le commerce les doses de 0, 6, 11 et 16 ou 18 mg/ml. Le projet de nouvelle Directive, dans son article 18.1, propose de limiter la concentration des e-liquides disponibles dans le commerce sans AMM à 4 mg/ml, ou à une dose qui ne produirait pas de concentrations plasmatiques de nicotine (nicotinémie) plus élevées que 4 ng/ml (la nicotinémie d’un fumeur se situe entre 30 et 50 ng/ml environ, et une cigarette permet d’obtenir une nicotinémie de l’ordre de 10 à 15 ng/ml). Un tel seuil ne permettrait donc pas de palier au manque de nicotine d’un fumeur, et conduirait donc le vapeur à continuer de fumer. Elle nécessiterait aussi que les fabricants souhaitant vendre des e-liquides plus concentrés remplissent les conditions d’une demande d’AMM, comme pour un médicament, et seraient alors régis par la Directive 2001/83/EC du médicament. Mais ceci serait-il :

  • Approprié? Les e-cigarettes ne sont pas des médicaments. Ces produits sont des alternatives à la cigarette, mais délivrent de la nicotine de façon beaucoup plus sûre. Tels qu’ils sont vendus actuellement, ces produits ne sont pas des variantes du TNS et les fabricants ne les présentent pas comme des produits d’aide à l’arrêt du tabac. Ils devraient plutôt être considérés comme des produits de consommation courante et réglementés par les lois de protections des consommateurs, qui sont très bien développées en Europe (appareils électriques, alimentation, cosmétiques, substances toxiques). Une réglementation appropriée peut être trouvée pour la e-cigarette.
  • Proportionné? La Directive du médicament impose des contraintes substantielles de coûts et de restrictions, qui incluent la réalisation d’essais cliniques, d’analyses bénéfice/risque, de pharmacovigilance, de normes de fabrications « stériles », et nombre de contraintes concernant l’emballage, l’étiquetage et la vente. Le processus d’autorisation est lent et nécessiterait une demande séparée pour chaque produit (il existe un très grand nombre de types et de modèles de e-cigarettes). Ces contraintes pousserait sans doute un grand nombre de compagnies à déposer le bilan, et à laisser la place à l’industrie du tabac, à l’industrie pharmaceutique, voire à créer un marché parallèle et de la contrebande.
  • Juste? Imposer cette réglementation stricte à la e-cigarette, sans le faire pour la cigarette conventionnelle avec laquelle elle est en compétition, créerait un déséquilibre en faveur de la cigarette. Ce serait au détriment de la réduction du risque tabagique.

Ces arguments sont développés plus en détail dans un livre écrit par le Professeur Jean-François Etter, de l’Université de Genève. La cigarette électronique : une alternative au tabac ?

2. le snus et les autres tabacs non fumés

A suivre…

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